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Historique = onirique                     Historique = onirique
Sources (*) :              
Michael Teelmiss - "Plier le temps", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 20 janvier 2010

 

I wish I knew, histoires de Shangai (Jia Zhang-Ke, 2010) -

La ville de Shangaï n'a pas d'histoire; elle a des histoires divergentes, dont aucune ne conduit au présent d'aujourd'hui

   
   
   
                 
                       

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Oui, "présent d'aujourd'hui" est un pléonasme. Après tout, un redoublement n'est pas de trop pour distinguer le (ou les) présent(s) du film de Jia Zhang-Ke et le présent actuel, celui qui ne cesse de se déplacer et de se transformer avec nous [je parle de vous et de moi, de ceux qui lisent cette chronique ou qui ont vu le film ou qui le verront plus tard]. Ces multiples présents ne sont pas de trop pour recoudre les temporalités de chacun des interviewés, de chacune des personnes qui raconte son histoire à lui et aussi, la plupart du temps, celle de son papa ou de sa maman. Seul le dernier interviewé, né en 1982, ne s'inscrit que dans un présent pur, sans évoquer une seule fois la lignée dont il est issu. A quoi bon raconter une histoire de parents probablement banale? Alors que, en principe, le film porte sur l'histoire de la ville de Shangaï, il n'en est pas question. Il n'est question que du drame vécu par ces gens, qui n'est pas sans évoquer des drames équivalents vécus en Europe dans le même 20ème siècle. La jolie actrice habillée de blanc qui parcourt assez ridiculement la ville fait moins écho à ces histoires que les quelques ruines qui restent encore, entre les tours et les rocades d'autoroute, et qui bientôt [en même temps probablement que ces personnes âgées] auront complètement disparu, comme ces lucioles dont parle Georges Didi-Huberman.

Quand on se sera habitué à la ville nouvelle, c'est à partir de ces traces-là que l'avenir de la ville se construira.

Proposition issue du film I wish I knew, histoires de Shangaï, de Jia Zhang-Ke (film tourné en 2009-2010). Il s'agit d'une commande officielle liée à l'Exposition Internationale de Shangaï. La scène de la révolution culturelle (entre 1965 et 1968) montrée par la photographie suivante n'est pas extraite du film.

 

 

On peut parler de fragmentation de l'histoire si l'on considère les choses horizontalement. Mais ce serait une fiction car la ville de Shangaï, à un instant donné (isolé de son passé et de son futur) n'existe jamais comme totalité. Si l'on considère les choses verticalement, on parlera de rupture dans les lignées : le père ou le grand-père exilé ou disparu, les tentatives de refaire sa vie ici ou là (entre Shangaï, Hong-Kong, Taïwan, Pékin ou Canton). Les descendants que nous voyons et entendons nous apparaîssent comme des survivants. Ils n'ont pas de lien véritable avec cette ville. Ils sont en rapport avec une histoire qu'ils tiennent à bout de bras, comme un rêve à demi oublié dont on tente de conserver le dépouilles au moment du réveil.

 

 

 


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