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Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Voyous - deux essais sur la raison", Ed : Galilée, 2003,

Voyous - Deux essais sur la raison (Jacques Derrida, 2003) [Voyous]

   
   
   
                 
                       

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Table

Livre de 219 pages.

 

Prière d'insérer

p9 : Avant-propos : Veni

LA RAISON DU PLUS FORT (Y a-t-il des Etats voyous?) (conférence prononcée à Cerisy-la-Salle le 15 juillet 2002, à l'occasion de la décade dirigée par Marie-Louise Mallet, "La démocratie à-venir, autour de Jacques Derrida")

- p25 : 1. La roue libre

- p41 : 2. Licence et liberté : le roué

- p51 : 3. L'autre et la démocratie, le tour à tour : alternative et alternance

- p67 : 4. Maîtrise et métrique

- p85 : 5. Liberté, égalité, fraternité ou comment ne pas deviser

- p95 : 6. Le voyou que je suis

- p105 : 7. Dieu, qu'est-ce qu'il ne faut pas dire? En quelle langue à venir?

- p115 : 8. Le dernier des Etats voyous : La "démocratie à venir", ouverture à double tour

- p137 : 9. Plus d'Etats voyous

- p153 : 10. Envoi

LE "MONDE" DES LUMIÈRES À VENIR (Exception, calcul et souveraineté) - (conférence prononcée à l'ouverture d'un congrès de l'Association des sociétés de philosophie de langue française, à l'université de Nice, le 27 août 2002 sur le thème "Avenir de la raison, avenir des rationalités).

- p167 : 1. Téléologie et architectonique : la neutralisation de l'événement

- p195 : 2. Arriver - aux fins de l'Etat (et de la guerre et de la guerre mondiale)

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

Nul ne peut parler démocratiquement de démocratie - car cela supposerait un consensus, clair et intelligible, sur le sens de ce mot

Ce qui arrive au-delà du performatif, c'est une inconditionnalité faible, fragile, vulnérable, sans pouvoir, qui contraste avec la force d'une souveraineté indivisible

Comme le montre la question angoissante du clonage, le vrai lieu d'un problème de la raison aujourd'hui, c'est l'itérabilité, la question du propre en général, du corps propre vivant

Aucun pouvoir ne saura jamais justifier en raison le questionnement critique, hyperrationnel, inconditionnel, de la déconstruction

La démocratie à venir, il faut que ça donne le temps qu'il n'y a pas

L'antinomie au coeur du démocratique n'oppose pas liberté et égalité, mais deux espèces de liberté ou d'égalité : calculable (déterminable) et incalculable (inconditionnelle)

La démocratie à venir, c'est la seule possibilité radicale de laisser advenir, méta-performativement, l'arrivance de ce qui arrive

A même la démocratie, le processus auto-immunitaire renvoie dans l'espace (expulsion, exclusion / accueil) et dans le temps (en retard / en avance sur elle-même)

La "démocratie à venir" est comme la khôra du politique : un espacement d'avant toute détermination, qui ne peut se dire qu'à travers les apories de la théologie négative

La démocratie ne cesse de se différer sans jamais être elle-même, de renvoyer, dans l'urgence d'un "à venir", à la différance, à l'espacement, à l'altérité de l'autre

La démocratie est une ellipse à double centre : l'un est circulaire, ipsocentrique (le peuple), et l'autre anonyme, indéterminé (n'importe qui)

Il n'y a ni idée, ni concept, ni idéal, ni essence propre, de la démocratie

En tant que pouvoir de se donner à soi-même sa loi, la démocratie suppose un retour quasi-circulaire sur soi, un "Je peux", une ipséité

Au centre du concept de démocratie, dans le concept même, tourne une roue libre, une liberté radicale de jeu et d'indécidabilité, plus originaire que tout pouvoir

En démocratie, la liberté est double : comme maîtrise, elle est un pouvoir, comme axe d'incertitude ou d'indécision, elle fait trembler la démocratie même

Il faut soustraire la démocratie, seul système qui accueille en lui-même, dans son concept, l'auto-immunité, l'autocritique et la perfectibilité, à toute onto-théo-téléologie

La dignité incalculable, dont le seul exemple chez Kant est la personne humaine - à la fois fin en soi, universelle et exceptionnelle - reste l'axiomatique des discours des droits de l'homme

Quand des forces en mal de souveraineté font trembler la terre humaine, alors on peut désirer suspendre le lien qui unit la raison, la pulsion de souveraineté et l'inconditionnel

Les droits de l'homme, c'est le droit à se reconnaître soi-même comme homme en faisant retour sur soi de façon spéculaire, auto-déictique, souveraine et autotélique

L'époque des Etats voyous, c'est celle où "il y en a plus" : plus d'un, plus qu'on ne pense, encore plus, et bientôt plus du tout

Par sa structure même, un événement est inconditionné : nulle part il n'est possible "comme tel", il doit s'annoncer "comme" impossible, imprésentable, monstrueux

Chaque fois qu'on utilise le mot "fois", on confirme une dangereuse loi de supplémentarité ou d'itérabilité qui force l'impossible en forçant au remplacement de l'irremplaçable

Heidegger déconstruit l'ontologie classique au nom du logos ou d'une vérité plus originaire, tandis que la filiation derridienne est toute autre : une pensée critique, aporétique

Il faut penser une hyper-éthique, une hyper-politique où une liberté passive, sans autonomie, se porte inconditionnellement au-delà du cercle économique du devoir ou de la tâche

"Il faut" que le moment et la structure du "Il faut", de la décision responsable, reste hétérogène au savoir

Une immunité absolue de la raison serait le mal absolu où plus rien n'arrive, tandis qu'en laissant exposer une passivité, une vulnérabilité, la raison laisse venir l'imprévisibilité de l'autre

Dans l'idéalisme transcendantal de la raison (Kant, Husserl), l'association essentielle entre vérité et inconditionnalité atteste que l'inconditionnalité est la vérité de la vérité

Le politique commence par choisir et préférer le semblable, tandis que l'éthique pure commence par respecter l'autre comme absolu dissemblable

L'affaire la plus urgente, pour ce qu'on appelle encore le politique, c'est l'hypothèque des régimes théocratiques musulmans qui résistent au principe de la démocratie

L'à-venir de la raison ne peut se penser que comme événement, exception, singularité absolue, inconditionnalité incalculable, non réappropriable par un pouvoir souverain

En résistant à l'unité de la raison, la spécialisation objectiviste des savoirs ne met pas seulement en crise la rationalité, mais la téléologie elle-même qui la commande

Le désir d'unifier l'expérience dans un ordre architectonique de la raison hésite entre deux façons d'échouer : échouement (incalculable) et échouage (calculable)

Aujourd'hui, la raison comme idée régulatrice est menacée par la pluralité des rationalités : à chacune son axiomatique, ses institutions, sa communauté et son historicité

Du point de vue de la raison calculatrice, l'alliance entre exigence de souveraineté et exigence inconditionnelle de l'inconditionné paraît indissociable, irréductible, absolue

Dans le telos européen, un mal transcendantal est inscrit : la tâche infinie, inconditionnelle, de faire de la raison une totalité organisée, contrevient à l'effectivité des savoirs

La responsabilité de la raison, c'est d'exiger une transaction chaque fois inouïe et impossible entre ses deux sources : conditionnel / inconditionnel, calculable / incalculable

Il faut, pour sauver l'honneur de la raison, inventer des "maximes de transaction" : préférer la justesse du raisonnable, saluer sa différence fragile avec la raison calculante

Absolument grand, au-dessus de toute grandeur mesurable et au-delà de toute multiplicité calculable, le Un souverain est plus d'un, plus qu'un

Indivisible, la souveraineté pure contracte la durée dans l'instant, la pointe stigmatique de son moment propre; mais dès qu'on la justifie, on l'entame, la divise et la partage

Tous les rationalismes sont souverains : leur moment inaugural est un pouvoir de connaître qui s'accorde, par principe, inconditionnellement, au-delà de l'être, à l'idée de Bien

En cet abîme du sans support, du fond sans fond où nous vivons aujourd'hui, il faut compter avec une nouvelle violence, une cruauté irréductible à la logique du conscient

Le voyou, c'est l'autre interpellé devant la loi : nul ne déclare "Je suis un voyou", sauf le voyoucrate, ce contre-souverain

Sous le nom de Dieu, on peut donner à penser une non-souveraineté vulnérable, souffrante, divisible, mortelle, qui se déconstruit jusque dans son ipséité

Il faut saluer le seul dieu qui puisse encore nous sauver, un dieu sans souveraineté

Voyous - Deux essais sur la raison (Jacques Derrida, 2003) [Voyous]

 


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