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Ouzza Kelin - "Les récits idviens", Ed : Guilgal, 1988-2016, Page créée le 30 août 2000

 

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Un lieu sans lieu

   
   
   
                 
                       

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Il ne savait plus quelle heure il était. Il faisait nuit, mais ce n'était pas une nuit du soir, plutôt une nuit du matin, aussi tôt que possible dans une matinée qui n'aurait pas de commencement. Même isolé dans un coin, à l'abri, devant une fenêtre, il sentait l'odeur du sommeil des autres. Dans le ciel, en plein hiver, on ne voyait aucune étoile, aucune lune, le soleil n'était pas prêt de se lever, et pourtant l'horizon n'était pas dépourvu du clarté. Danel devinait que d'autres que lui n'étaient pas endormis, qu'à côté de lui d'autres personnes regardaient aussi, dehors, dans le noir. Il n'avait aucune envie d'engager la conversation, mais le silence ne pouvait pas durer encore beaucoup plus longtemps. Il fallait qu'il s'interrompe, même si cette interruption n'en était pas vraiment une.

- Charles : Tu aimes regarder dans le noir?

- Danel : Non, non, j'ai horreur de ça. Je ne regarde pas dans le noir, je regarde le noir, comme si c'était un interlocuteur.

- Charles : Alors tu discutes avec lui depuis plusieurs heures.

- Danel : Il ne répond pas, et moi je n'ai pas de montre.

- Charles : Toi tu regardes le noir, et moi je te regarde depuis un moment regarder dans le noir. C'est étrange, mais j'ai l'impression que ça bouge.

- Danel : Je me sens chez moi, mais je n'arrive pas à savoir si ce chez moi est ici, dans ce fauteuil, ou s'il est dehors, dans le noir.

- Charles : Il me semble qu'il fait aussi noir dedans que dehors.

- Danel : Tu as raison.

- Charles : Donc tu as renoncé à chercher la clarté?

- Danel : Non, pas du tout, je n'ai renoncé à rien. Si j'avais renoncé, je ne discuterais avec personne, pas même avec le noir.

- Charles : Si le noir ne te dit rien, s'il ne te répond pas, pourquoi t'adresses-tu à lui?

- Danel : Depuis que j'ai retrouvé ce lieu que j'avais presque oublié, quelque chose a changé.

- Charles : Quelque chose en toi?

- Danel : Je ne crois pas. Ce n'est pas la question du moi, c'est plutôt la question de ce qui peut marcher sans moi.

- Charles : Je ne comprends pas.

- Danel : C'est comme si la demande qui avait été la plus forte en moi, et que j'ai toujours ignorée, ne me touchait pas personnellement, mais produisait cette chose nouvelle que je n'étais pas capable d'attendre.

- Charles : Cette chose, elle est en toi n'est-ce pas?

- Danel : Le noir qui est en moi est aussi dehors.

 

 

- Le spectre de M. B. : Toutes les tentatives pour donner un nom à ce lieu ont échoué. Il faut en tirer les conséquences : ce qui est un lieu sans nom est aussi un lieu sans lieu, .

- Le démon de M. B. : Comment un lieu sans lieu pourrait-il exister?

- Le spectre de M. B. : Il existe, bien sûr, puisqu'il n'est pas identique à lui-même. S'il avait lieu en lui-même, il ne pourrait que s'effondrer dans le néant.

- Le démon de M. B. : Tu prétends que ce lieu n'a pas de nom, mais tu l'as nommé ainsi, sans nom. Tu l'as nommé sans lieu. Tu l'as noyé sous les noms.

- Le spectre de M. B. : J'ai dit qu'il était sans nom, je n'ai jamais dit qu'il était anonyme.

- Ouarda : Passons alors sur la question du nom, et parlons autrement. Disons que c'est un lieu qu'aucune localisation ne peut déterminer. Il faut bien qu'il y ait des terres sans terres pour qu'on puisse habiter sans habiter. Or, il nous faut de tels lieux injustifiables, inexplicables et indéterminables, des lieux indescriptibles, sans histoire ni généalogie, pour agir sans ambition, sans exigence, sans espoir de crédibilité ni de contrepartie.

- Amalqa : C'est ce que tu souhaites?

- Ouarda : Je ne le souhaite pas dans l'absolu, mais dans la dynamique de ce lieu.

- Amalqa : Un tel lieu sans localisation serait-il encore un lieu?

- Le spectre de M. B. : Je n'en sais rien. Je n'en sais rien. Je le prends pour un hôtel avec des chambres, car c'est l'endroit où j'habite, le seul où je puisse habiter.

 

 


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