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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
"Il faut" collecter                     "Il faut" collecter
Sources (*) : Inoculer, prémunir, désactiver               Inoculer, prémunir, désactiver
Cécile Loth - "Parages hybrides", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 20 juillet 2009 "Toi aussi, Viens, écris"

["Il faut" collecter, accueillir, porter - au risque de la trahison ou du plagiat]

"Toi aussi, Viens, écris"
   
   
   
Les récits danéliens Les récits danéliens
                 
                       

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- Georges : Tout ce que nous faisons ici, quel que soit le nom que nous lui donnons, quel que soit le degré de transformation ou d'inventivité de notre travail, tout ce que nous produisons ici peut être qualifié de collectes (au pluriel).

[Ouzza : Quel est ce lieu que Georges nomme ici? Il ne se définit pas par la collecte elle-même, mais plutôt par le récit de la collecte. Il aura fallu, pour raconter cette collecte, inventer un lieu. On a donc imaginé un endroit avec une adresse, un emplacement descriptible et même un nom (le loft), une demeure. Mais ce lieu étant aussi celui de l'Orloeuvre, qui est illocalisable, n'a pas de place déterminée, un lieu qui doit cohabiter avec le sans lieu].

- John : Collecter c'est ramasser, recueillir, relever. Pourquoi ramasse-t-on? Pourquoi récupère-t-on des choses abandonnées, laissées pour rien, jetées? Si tu m'avais posé la question, ma première réaction aurait été de dire que nous n'avons aucun but. Nos collectes s'apparentent à des dons. Comme tout don pur, elles n'exigent aucune reconnaissance, aucune réciprocité, aucune approbation. Il faudrait que nous n'ayions aucun projet, que nous ne soyons poussés par aucun sentiment ni par aucun calcul. Une telle hypothèse, il faut bien le reconnaître, est peu crédible. Si nous ne tirions aucune satisfaction de notre travail, si nous n'en retirions aucune fierté d'aucune sorte, pourquoi le ferions-nous? Imaginons un donateur qui décide de faire un don par compassion ou par pure générosité. S'il apprécie ces qualités, s'il se les attribue à lui-même, alors il se paye de son don sous la forme narcissique de l'estime de soi. Il ne s'agit plus d'un don, mais d'un échange. Nous sommes pris dans la même contradiction. D'une part nous trouvons un certain plaisir à mettre à la disposition d'autrui ce que nous collectons (et cela n'a rien de condamnable); mais d'autre part, pour que ces collectes soient vraiment de pures collectes, il faut que nous nous vidions de toute intention. Dépourvues de tout contenu a priori, les collectes seraient alors dignes de ce nom.

[Ouzza : Il n'y a pas eu qu'une occasion, ni qu'une raison, ni qu'une décision d'engager les collectes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la première collecte a été celle des propositions. Mais le mot posait toutes sortes de problèmes. On a alors remplacé les propositions par des phrases. Qui est assez fou pour collectionner des phrases? Puis les pages ont suivi, les textes, les images, puis les constructions graphiques, et finalement n'importe quel trait, composante ou trace graphique. Bien sûr, la collecte orlovienne est celle des doubles, des copies, des extraits, des transcriptions, des reproductions et des citations en tous genres. Une règle simple avait fini par se dégager : ne jamais retenir d'"originaux". Il y avait à cela des raisons pratiques et des raisons théoriques. Selon Stéphane et quelques autres, l'expérience orlovienne de la dissémination devait rester étrangère à la notion même d'origine. L'originaire apparaissait comme un fantasme, une notion archaïque passablement ridicule, qui aurait fait courir le risque d'une pratique de rétention, d'appropriation, de saisie, que le lieu même ne pouvait que réprimer spontanément. En multipliant les copies, on ajoutait l'oeuvre à l'oeuvre, sans jamais conserver véritablement les oeuvres.

AXIOME : Ce qui, dans le supposé original, fait oeuvre, peut tout autant faire oeuvre dans la re-production.

- Calixthe : Sans doute peut-on assigner à chaque oeuvre un commencement, un point de départ, une source. Les collectes orloviennes n'ignorent jamais la source. On la mentionne explicitement, on la respecte, on avertit les citoyens et les visiteurs. GARE Á VOUS! Ce qui vous est montré, cet extrait, ce fragment, ce détail singulier, cette réplication ou cette reprise, appelez-le comme vous voudrez, mais ça n'est pas l'original. Où se trouve l'original? A vrai dire nous n'en savons rien, pour ce qui nous concerne, nous en avons perdu toute trace. Nous avons gardé la mémoire du fait qu'il y a eu à un moment donné réplique ou récupération. Nous tenons à cette mémoire pour toutes sortes de raisons, qui vont de la nécessité juridique de mentionner fidèlement un crédit ou un copyright au désir de connaître la généalogie de cette copie, ou encore à notre intérêt pour l'histoire de l'art ou l'érudition en général. Mais tout cela n'empêche que l'original, pour nous, est une sorte de mythe. Pour les collectes, la re-production ne peut pas être une contrefaçon au sens de la loi car, tant qu'on n'a pas d'autre souci que de collecter, il ne peut y avoir ni original, ni référent. Il y a quelque part une chose laissée telle quelle, qui suit son parcours de son côté, et d'autre part une réitération qui ne manque pas d'originalité (avec ou sans guillemets), qui suit son parcours de son côté.

[Ouzza : Les collectes ont commencé par la reprise d'une collection déjà entamée, celle de Karen (sur l'image de voix). Après Karen, ce fut le tour de Nimos (sur l'espace vocal). Après cela, dans l'intervalle entre l'image et la voix, le mouvement des collectes est lancé].

- Amarante : Sans doute y a-t-il conservation, récupération, archivage, mais pour qu'il y ait collecte dans le sens où nous l'entendons - c'est-à-dire constitution d'une autre oeuvre -, il faut encore que le fatras qui s'accumule dans l'Orloeuvre soit monté. Il ne suffit pas de rajouter toujours d'autres éléments, toujours plus - sauf à remplacer les collectes par des collections - il faut un acte toujours renouvelé de montage, à la façon du cinéma.

- James : S'il n'y a pas d'original, si rien ne peut occuper cette place, si tout texte commence dans le pli d'une citation, dans le mouvement d'une copie ou dans l'épuisement d'un plagiat, si la pensée n'est à personne, alors on prend le risque de ne pas être autre chose qu'un inlassable répétiteur. Je ne crains pas ce risque - après tout, aucun plaisir n'est condamnable en tant que tel. Mais ce n'est pas une fatalité. Ajouter des greffons aux greffons n'a rien d'anodin : que ce soit dans la vie biologique, dans la production textuelle ou dans les collectes, le résultat est imprévisible.

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Propositions

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[Les grandes constructions de l'histoire s'édifient en reprenant le principe du montage : découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total]

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L'Orloeuvre, plus d'une collection

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Dans le fatras de l'Orloeuvre, aucun élément ne peut prendre le pas sur un autre

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[La Collection de Karen]

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Pour qu'une oeuvre littéraire surgisse comme telle, il faut que le texte, qui comparaît lui-même devant la loi d'un autre texte, ait le pouvoir de faire la loi

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Ecrire veut dire greffer : incisions violentes de citations dans le texte, qui en contaminent le contenu

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[Citer, plagier, copier, tel est le triptyque qui met l'oeuvre en mouvement; mais - si c'est une oeuvre - elle ne s'arrête pas là]

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L'art de citer sans guillemets est en corrélation très étroite avec la théorie du montage

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Une collection d'images de voix

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Karen Deryiceu et l'artCri

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[Dans le postmoderne, ce qui est en jeu n'est pas le nouveau, mais la répétition (ou la citation)]

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L'Orloeuvre et le droit d'auteur

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L'Orloeuvre opère par greffes sur un texte qui n'est jamais le sien propre

- Scripteur : Pourquoi faire tout cela? A quoi bon continuer? J'ai hésité entre plusieurs titres : Collectes idixiennes (puisqu'Idixa est le nom de domaine dont j'ai hérité), Collectes orloviennes (l'Orlœuvre est un nom que j'ai choisi et que je continue, d'une certaine façon, à préférer à d'autres), et finalement j'en suis resté à cette phrase impérative, cette dimension du "Il faut". Il faut écrire, il faut oeuvrer, il faut collecter - je n'obéis pas à ces phrases elles-mêmes collectées, j'y acquiesce. Je les accepte comme règles de mon écriture, de la tâche à laquelle je souscris et de ma fiction, avec cette petite ou grande nuance, que de nombreux lecteurs rejetteront : écrire, oeuvrer, c'est aussi déconstruire. Avec cette dernière formulation, je sors de l'injonction et aussi, me semble-t-il, de l'acquiescement. Certes, c'est après Jacques Derrida que je le dis, et d'après lui; mais ce qui entraîne ma conviction remonte à la fois beaucoup plus loin, vers quelques archi-croyances qui n'ont probablement rien à voir avec les lectures philosophiques, et beaucoup plus près, car il ne fait pas qu'affirmer cela, il le démontre avec rigueur. Et cette démonstration, j'entends la poursuivre, la prolonger, avec les mots et les thématiques qui sont les miens. On m'accusera peut-être de faire du prêchi-prêcha derridien, mais je n'en ai cure.

- John : Ce qui compte n'est pas ce qu'on dit de toi, mais ce que tu fais effectivement.

- Scripteur : Je ne suis pas le dernier à me poser des questions, mais je n'ai pas encore rencontré le juge qui me donnera le verdict, favorable ou défavorable. Alors je continue.

 

 


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