Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Le récit de l'Orloeuvre                     Le récit de l'Orloeuvre
Sources (*) :              
Valentin Servanne - "Un livre en mouvement", Ed : Idixa, 2007, Page créée le 15 août 2002

 

-

Les Calepins de l'Orloeuvre

   
   
   
                 
                       

logo

Cliquer pour accder son texte

 

- Ouzza : Il serait illusoire (ou naïf, ou idéaliste, ou spiritualiste) de penser une oeuvre qui n'aurait aucune matérialité. L'Orloeuvre en avait, comme toutes les autres. Elle était faite d'abord de personnes en chair et en os qui se rencontraient en un lieu, puis d'échanges, de discussions, d'inscriptions et d'archives. Nul n'ignorait qu'un nombre indéterminé de scribes était à l'oeuvre, et qu'à tout moment l'un ou l'autre pouvait être à l'écoute. Nul n'ignorait que chaque Orlovien pouvait se voir affecté d'une ou de plusieurs lignées, et que ce ne serait pas lui qui contrôlerait la suite du processus. Aucune règle a priori ne limitait l'initiative des scribes; ils produisaient les lignées à partir de ce qu'ils entendaient.

- Harald : Shutong avait fabriqué plusieurs bloc-notes électroniques en réutilisant des carcasses de vieux ipod d'Apple. Ces objets ressemblaient au plus banal des smartphones, auquel il avait rajouté un petit écran supplémentaire et extensible qu'on pouvait tirer comme une ardoise magique. Par ce capteur miniature et apparemment banal, on pouvait communiquer sans fil avec d'autres machines, situées n'importe où dans le monde. Le scribe (Bendito, Valentin, Mariette ou un autre) prononçait d'abord un nom propre, qui pouvait être celui de l'Idvien concerné (mais pas nécessairement), puis la proposition, la scholie, la dérivation, la digression ou l'ourlet (comme on dira plus tard) en question. Il lui fallait un pouce agile, car il devait lancer en même temps une lignée dans laquelle il lui semblait possible que la nouvelle phrase s'interpose (mais le calepin lui-même ou une autre machine située ailleurs pouvait toujours en décider autrement). C'était une tâche difficile, comparable à une traduction simultanée, mais amusante, assionnante, absorbante, qu'on avait du mal à lâcher une fois qu'on l'avait commencée. Et d'ailleurs, peu à peu, la plupart des Idviens s'y mettaient.

- Valentin : Il y a plusieurs types de capteurs. On peut écrire à la main, au clavier ou encore laisser la machine transcrire automatiquement les voix - une fonction devenue banale dans les téléphones d'aujourd'hui. Des parcours déjà archivés se présentent automatiquement, et défilent devant les yeux du scribe. Il peut s'en écarter, s'en inspirer, ou en faire venir de nouveaux. Ainsi l'Orlovien devient-il une source (c'est-à-dire une écriture, une chose inscrite distincte de ce qu'il est comme être vivant). Sa contribution se transforme en proposition - un matériau transposable, accessible à tous, transformable par tous - à condition de dater et de signer la transformation. Le processus est irréversible. Quand le Calepin a généré une modification dans l'Orloeuvre, il est impossible de revenir en arrière, et quand des modifications en chaîne ont été initiées, c'est qu'une nouvelle branche de la lignée a été mise en place. L'idixation de l'Orloeuvre est ouverte à n'importe quel changement, mais ignore le retour en arrière. On ne peut pas désinscrire ce qui a été inscrit.

 

 

- Ouzza : Chaque scribe avait son style. Par exemple : Valentin personnifiait le sytle classique, dans la lignée des fondateurs de l'Orloeuvre. Celui de Mariette se caractérisait par le souci particulier qu'elle avait pour l'oeuvre performative. Elle avait l'art de prendre chaque dire pour un faire - ce qui entraînait parfois des conséquences imprévues. La particularité de Bendito était de chercher moins à remplir les espaces qu'à les vider, à creuser entre eux de nouveaux passages, etc. etc. Mais la question des styles du scribe ne peut pas être développée ici : elle nous entraînerait trop loin.

L'image ci-contre est un exemple de calepin Elle est tirée du film de Spike Jonze, Her (2013). Dans l'hypothèse du film, le Calepin est déterminable : par exemple féminin, accrocheur, insistant, et même un peu philosophique. L'hypothèse de l'Orloeuvre est assez différente : le Calepin n'est jamais déterminable, même partiellement, car entre les lignées qu'il écrit, il est en mouvement.

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Valentin
PGFParcours

BE.VCA

ZY_BE.VCA

Rang = P
Genre = MH - NP