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Inaveux                     Inaveux
Sources (*) : Le retour de Danel Qilen               Le retour de Danel Qilen
Ouzza Kelin - "Les récits idviens", Ed : Guilgal, 1988-2016, Page créée le 29 décembre 1996

 

Fantasme (Garance Miller, 2012) -

Danel, amours et sensualités

[Les inaveux de Garance]

Danel, amours et sensualités
   
   
   
                 
                       

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Garance Miller s'était aménagée un coin personnel dans le gran’faire, une petite zone intime qu'elle entretenait avec un soin qui pouvait surprendre, compte tenu de sa personnalité. Elle avait l'habitude d'appeler familièrement ce coin ma boîte, quoiqu'en réalité sa boîte ait été une lignée comme une autre, la lignée de Garance, dont on se moquait parfois en parlant de : la boîte à fantasmes, pour sous-entendre : les fantasmes de Garance, ce qui avait le don de la faire s'étrangler de rage. Car pour elle ce n'étaient pas des fantasmes. En pratique, le dispositif du Cercle interdisait à quiconque de maintenir ses propres lignées en-dehors de l'intervention d'autrui, de sorte que la boîte à Garance était entretenue par des tiers, ce qui l'obligeait à passer une bonne partie de son temps à trouver un scribe qui accepterait d'entrer dans sa boîte, ce qu'elle appelait un inaveu, c'est-à-dire une phrase, la plupart du temps bizarre, contre-intuitive.

L'amplitude de sa mémoire étant relativement limitée, Garance rangeait dans la boîte tout ce qu'elle avait entendu dans les heures, voire au maximum les jours qui précédaient comme phrase suffisamment étrange ou remarque suffisamment inhabituelle pour mériter d’être notée. Prenons un exemple. Quand Iemanja utilisait le web, elle résumait ses sensations de la façon suivante : “Je suis projetée aux quatre coins du monde”. Pour Iemanja, cette phrase n'avait pas beaucoup d'importance. Elle était simplement descriptive. Pour Garance au contraire, c'était un inaveu, c'est-à-dire le genre de phrase qu’il lui paraissait extrêmement urgent d’inscrire dans sa boîte. Elle arrivait surexcitée, elle secouait quelqu’un capable d’utiliser le Calepin, et elle dictait sa phrase. Le scribe en question s’exécutait (il n’avait guère le choix, même s'il n'était pas un vrai scribe). Il inscrivait quelque part “lignée de Garance”, et aussi, pour faire bonne mesure, "lignée d'Iemanja" (bien entendu Iemanja n'était pas au courant). Jetée dans les circuits de l'Orloeuvre, la phrase pouvait être récupérée dans un autre lieu, par exemple dans le thème musique de la lignée d’Armando Benjoz, qui relevait d’une autre logique.

Mais Garance n'était jamais découragée et recherchait toujours d'autres inaveux à entrer dans sa boîte.

Mais la principale source d'inaveux, pour Garance, c'était le cinéma. Elle se précipitait goulûment voir tous les films qui sortaient, même les plus insipides ou les plus violents, pour en tirer l'une de ses phrases inavouables, et il faut dire que souvent elle tombait juste. Cette phrase à laquelle nul n'avait songé, elle devenait rapidement incontournable.

 

 

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Propositions

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L'assendit est un incendie : il brûle les mots

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Un film met en relation avec le fantasme d'autrui

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Il me faut un complémentaire de l'autre sexe

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Mon coeur appartient au fils que j'ai abandonné

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Je sauve mon fils pour qu'il me reconnaisse

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Je ne peux devenir la fille de mon père que si je vais moi-même le chercher là où il est

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"Seul cet homme sur le chemin de la mort peut jouir de moi"

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Je me liquéfie

Valentin Servanne détestait s'occuper d'elle. il aurait certainement préféré la reléguer “dans les marges du Cercle” (ce qui était une hérésie, car soit le Cercle n'avai pas de marges, soit il englobait tous ses bords, ce qui revenait au même). Il faisait tout pour que la boîte de Garance, par nature (par sa nature à elle, Garance) se déploie aussi anarchiquement que possible, en-dehors de toute idixation. Mais paradoxalement, cette exclusion faisait des inaveux de Garance le type même des phrases orloviennes.

- Valentin : Ce sont de simples phrases qui peuvent être dites ou simplement sous-entendues, des affirmations, des énonciations, des banalités, des désirs, des demandes, des constats, des proférations, des provocations, des aveux, des inaveux (c'est Garance qui a trouvé ce mot) ou des assendits, comme dit Martine. Leur contenu est très variable. Si je les qualifie de "fantasmes communs", c'est parce que ces phrases contribuent à structurer l'espace contemporain (vocal/disséminé). Comme les fantasmes freudiens, il y a des inaveux conscients et inconscients, dits et non-dits. Ils s'imposent, ils rassurent, ils dérangent, tout dépend des circonstances. Il y a le désir de mariage ou d'union sexuelle pure et simple. Il y a le père qui abandonne ou qui sauve son fils, la fille qui se cherche un père, celle qui s'offre à à un substitut paternel à condition qu'il en meure. Il y a le rêve de disparition ou de liquéfaction.

- Garance : J'en trouve un peu partout et je les collectionne comme des timbres-poste. On les trouve rarement tels quels. Il faut les réduire à partir d'un comportement, d'un récit, d'un rêve ou d'un film (par exemple). Le cinéma en est une réserve infinie. Comme Christian Metz l'a montré, chaque film, à sa façon, met en relation avec le fantasme d'autrui.

 

 


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