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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
"Ani - Yhvh", le je singulier                     "Ani - Yhvh", le je singulier
Sources (*) : Le judaïsme, indéfinissable               Le judaïsme, indéfinissable
Henri Atlan - "Les Etincelles de Hasard (tome 2 : Athéisme de l'Ecriture)", Ed : Seuil, 2003, p174

 

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Le "je", enjeu du divin

[L'expression biblique "Ani Yhvh" signifie que l'être en devenir, en-dehors duquel il n'y a rien (Yhvh), est le "Je singulier" (Ani), la personne]

Le "je", enjeu du divin
   
   
   
                 
                       

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Qu'est-ce qu'une personne? Comment peut-on la définir? Si, partant des résultats de la science contemporaine, on essaie de trouver une définition objective, ancrée dans la biologie, on aboutit à une impasse car, par nature, l'empreinte génétique est impersonnelle. Elle a autant de diversité chez les hommes que chez les animaux ou même les plantes. Cela tient au fait que la question est, selon Henri Atlan, mal posée. L'interrogation doit porter sur un "Qui?", et non pas sur un "Quoi?". On ne définira pas la personne à partir du code génétique, mais à partir du droit, du symbole ou du mythe. La tradition biblique, avec son dieu des personnes, Yhvh, le tétragramme, est l'une de ces sources.

L'expression hébraïque "Ani Yhvh" [le "je" hébraïque suivi du tétragramme, que la tradition désigne comme chem havayah, le nom de l'être] revient très souvent dans la torah, généralement à la fin d'un verset, comme pour le sceller ou le conclure.

- La première occurrence de cette expression se situe dans le verset Ex (6.2) : "Elohim parla à Moïse et lui dit : Ani Yhvh". Dieu révèle ce nom en s'adressant à Moïse, et précise dans le verset suivant qu'il ne s'était pas fait connaître sous ce nom [c'est-à-dire comme "Yhvh Un"] des trois patriarches, Abraham, Isaac et Jacob. Seul Moïse peut l'entendre, et seul il l'entendra dans la tente du Tabernacle.

Autres exemples :

- Lv (18.5) : "Vous garderez mes règles et mes jugements, en ce que l'homme qui les accomplira vit par eux. Ani Yhvh". Dans ce verset, on distingue entre les règles apparemment incompréhensibles, arbitraires ('houkim) et les jugements (michpatim) qui correspondent à des lois compréhensibles, raisonnables. L'explication donnée par Rachi est que, pour les unes comme pour les autres, il faut que Dieu soit digne de confiance.

- Lv (18.30) : "Soyez donc fidèles à mon observance, en ne suivant aucune de ces lois infâmes qu'on a suivies avant vous, et ne vous souillez point par leur pratique : Ani Yhvh votre dieu". Souvent le verset commence par "Dieu dit" et se termine par cette formulation, "Ani Yhvh". (ici l'interdit porte sur des comportements sexuels interdits).

- On trouve aussi cette expression à peine modifiée à la fin du Shema Israel, comme une sorte de signature (voir ici le texte complet issu de Nombres (15:37-41).

- On peut citer aussi l'expression énigmatique qui a fait couler beaucoup d'encre "Ani Yhvh, hou chemi". Je, qui est Yhvh, c'est lui mon nom. Ce nom est plus grand que tous les dieux (Ex 18.11).

Comment interpréter cette récurrence? Le point de vue défendu par Henri Atlan est audacieux. Selon lui, dans "Ani Yhvh", le nom de Dieu n'est pas (ou pas seulement) Yhvh (l'être en devenir), mais Ani. Ce Dieu n'est pas une personne. Et pourtant ce n'est pas une généralité (à la façon des dieux de la mythologie). Chaque être réel est absolument singulier, et aussi chaque personnage biblique. Avant de représenter l'humanité dans son ensemble, Adam est un être unique en face d'un autre être tout aussi unique, un être singulier et même l'être le plus singulier, celui dont le nom est "Je". Chaque personne fait alliance avec ce "Je" jamais stabilisé, perpétuellement en devenir, qui récapitule tout ce qui, sur lui, est souverain.

 

 

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Propositions

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La négation n'est rien; seul l'être est, et le tétragramme ("Yhvh") est son nom (Chem havayah)

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La formule "Ani Yhvh" dit que le nom de Dieu, c'est "Je"

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"Ani Yhvh" signifie que le "Je singulier" est l'être éternellement en devenir, présent-passé-à venir

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En substituant "Adonaï" à "Yhvh" (le nom prononcé au nom écrit) dans la lecture du "Ani Yhvh" de la torah, le lecteur récapitule ce qui, sur lui, est souverain

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La réalité, la seule réalité, n'est pas constituée par les universaux, mais par les êtres particuliers dans leur singularité, leur unicité

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Adam est d'abord un être unique sur la terre, faisant face à un être unique, absolument singullier, dans les cieux

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Selon Rachi, la formule "Ani Yhvh" à la fin d'une phrase réaffirme que Dieu, quoiqu'il ordonne, est digne de confiance

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"Yhvh Un" est le dieu commun à Moïse, au peuple et à chaque personne en particulier; il est "comme" Elohim (dieu pluriel)

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La formule biblique "Ani Yhvh", qui clôt de nombreux versets bibliques - dont le Shema Israel - est une signature, une marque qui atteste d'un "Je" absolument singulier

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L'expression biblique "Ani Yhvh" [Je Yhvh, qu'on peut traduire par "Je suis Dieu"] est l'expérience de la loi comme contrat d'alliance, qui associe le fini et l'infini

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Le Dieu d'Israël n'est pas le Dieu personnel, mais un dieu des personnes

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Quand Moïse entrait dans la tente du Tabernacle, il entendait l'écho d'une voix se parlant à elle-même

 

 

 


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