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La voix est l'origine du temps                     La voix est l'origine du temps
Sources (*) :              
Michael Teelmiss - "Plier le temps", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 22 janvier 1995

 

Sans titre (source inconnue) -

Le temps nous échappe comme un rythme vocal

   
   
   
                 
                       

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Sans la voix, le temps s’écoulerait comme un flot ininterrompu. Il échapperait à tout savoir et à toute existence. Il n’y aurait pas de temps, mais on ne pourrait pas le dire, car la voix est la condition de la parole et aussi la condition de la saisie du temps. L’écoulement organique de la voix dans le vase temporel se compare au tourbillonnement de l’eau qui s’évacue de la baignoire ou aux filets glissants du sable qui tombe dans le sablier. En forçant la substance à travers le trou, ces dispositifs créent simultanément des formes et des perturbations. L’écoulement fabrique de la structure. Il passe à travers des effets circulants qui dépendent, entre autres, de la question de savoir si vous vous trouvez dans l’hémisphère nord ou dans l’hémisphère sud. En limitant la quantité, on extrait le temps de l’illimitation. Un temps qui ressemblerait à la mer, qui vous entourerait de toutes parts sans que vous puissiez vous accrocher à lui, vous détruirait. Sans une stratégie pour en retenir le flot, vous serez engloutis. La voix vous apporte les moyens d’une telle stratégie. Elle est un seuil, un point de préhension, une semence d’ordre et d’orientation, une matrice du symbole.

On peut s’orienter à partir de la voix. Elle provient d’une source (une bouche, une langue, un larynx et deux lèvres qui l’articulent). Comme le temps, elle ne revient pas en arrière. Quand elle est partie, quand elle est lâchée, c’est irrémédiable, elle devient une parole c’est-à-dire une force envahissante, enveloppante et incontrôlable, un objet qui suit son cours et ensuite s'efface dans la nostalgie. Ce n’est pas trop audacieux de la dire, la voix humaine est l'origine du temps. C’est elle, forme et chair, qui fournit le modèle de ce symbole spécifiquement humanoïde, angoissant et largement partagé par toutes les communautés de l’univers, ce symbole qu’on appelle le temps. la voix est le patron du temps, au sens de la confection des vêtements où le "patron" est une forme que l’habit reproduit et diffuse.

La nature essentiellement temporelle de la voix s’exprime dans la musique : faire vibrer l’instant, le mettre en série, marquer les différences de la substance temporelle.

 

 

La musique est impossible à accumuler car elle ne contient pas d’unité de valeur, elle ne contient que des différences de valeur. Elle est comme la voix. On peut la reproduire, on peut la conserver, on peut l’inscrire sur des disques et des bandes magnétiques et l’entasser dans des banques de données, mais on ne peut pas l’additionner. Additionner de la voix, ce serait la détruire en en supprimant les différences.

L’un des paradoxes les plus étranges de la peinture moderne est sa tendance, voire son obsession, à vouloir exprimer la dimension du temps. Pourquoi forcer cette représentation dans l’art qui s’y prête le moins? Pourquoi tenir à violer cette caractéristique première de l’image, qui est l’instantanéité de la vision? Quand les peintres classiques montraient les âges de la vie, les crânes desséchés ou les ruines du passé, ils se contentaient de faire état des conséquences du passage du temps. Ils n’étaient pas assez audacieux pour imaginer nous faire voir le temps lui-même. Les peintres contemporains sont plus radicaux. Ils ont la volonté de mettre à nu le temps dans son oeuvre, dans son action concrète, destructive ou constructive, voire opérative. Face à l’écoulement du temps, l’observateur n’est pas immobile : il fait comme le temps, il bouge aussi. Dire cela n’est pas désespéré, au contraire, c’est une pensée optimiste. C’est croire qu’on pourra rattraper le temps, le domestiquer, le maîtriser, voire l’accumuler. Toute l’économie moderne est là, dans l’accumulation de la valeur-temps.

 

 

 


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