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Sur des films                     Sur des films
             
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée en février 2005

 

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Pour être juif et laïc, il faut s'adresser à l'étranger qui est en soi (Dieu est grand, je suis toute petite, film de Pascale Bailly, 2001)

   
   
   
                 
                       

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On peut analyser le film sous l'angle de la question suivante : Qu'est-ce qu'un juif laïc?

C'est l'histoire d'un couple dont l'homme, François, pourrait bien incarner un certain genre de "juif laïc". François est complètement détaché de la religion et même de toute spiritualité (ce qui ne l'empêche pas d'être assez séducteur). Ses parents pratiquent, mais lui est complètement indifférent. Un jour il rencontre Michèle qui est catholique, de père inconnu et en conflit perpétuel avec sa mère. C'est elle qui le renverra à son judaïsme, dans une configuration assez sartrienne.

Les pères sont presque totalement absents du film. Celui de François est une ombre malade qui semble toujours en train de mourir (bien qu'il ne meure pas). On ne l'entend presque pas parler. Michèle ne connaît rien sur son propre père (sa mère ne veut rien lui en dire). Cette dernière a un nouveau mari, un pseudo-père assez détestable. Résultat : le néant. Y a-t-il d'autre solution que de se fabriquer imaginairement un père correspondant à ses désirs?

Dans la famille de François, il n'y a pas vraiment de transmission de tradition. Quand Michèle va suivre les cours d'un rabbin, le peu qu'on en entend montre que la réalisatrice Pascale Bailly n'a pas d'idée très précise de ce que c'est que le judaïsme : il se réduit, pour elle, à son rituel. François refuse ce rituel. Pour lui, "être juif" est quelque chose d'indéfinissable, sans aucun contenu concret. Michelle souhaiterait trouver un homme (père) et un contenu : elle ne trouve ni l'un ni l'autre. Elle continue quand même avec un certain courage à vouloir se familiariser avec le judaïsme, comme si elle avait compris que la transmission pouvait parfois passer par des voies détournées.

 

 

Résumé : il manque à Michèle un père. Elle le cherche un peu partout, y compris dans la religion chrétienne ou le bouddhisme, mais ne le trouve pas. La rencontre de François est l'occasion qu'elle attendait. Le problème est que François, porteur du judaïsme, ne s'intéresse pas à ce père-là, ce qui laisse entièrement ouverte la question : en quoi est-il juif?

La fin du film veut donner une sorte de clef. Michèle est, une fois de plus, déçue par les hommes (Ah! la quête d'un homme, un vrai). François est celui qu'elle a choisi et qu'elle continue à choisir. François l'aime aussi, mais elle lui fait peur. Il y a en elle quelque chose d'insupportable pour lui. C'est pour ça qu'il a rompu. Mais quoi? Quel est le problème de François? Pourquoi n'a-t-il pas le courage de vivre avec Michèle? Tout d'un coup, il semble avoir compris. Il lui dit : je crois en toi, Michèle. Je ne crois pas en dieu mais en la femme avec laquelle je peux m'unir. C'est comme si c'était elle, l'étrangère, qui devait le réconcilier avec quelque chose qui est en lui, bien qu'il ne sache pas quoi. Michèle serait-elle une nouvelle Ruth? Une moabite (non juive d'origine) qui prendra la place de l'ancêtre du roi David?

Comment peut-elle recevoir un tel propos? Michèle est renvoyée à elle-même comme porteuse de cette paternité inconnue qu'elle recherchait. Cercle vicieux.

 

 

 


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