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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le schibboleth de Jacques Derrida                     Le schibboleth de Jacques Derrida
Sources (*) : Derrida, l'innommable               Derrida, l'innommable
Pierre Delain - "Croisements", Ed : Galgal, 2004-2016, Page créée le 10 juin 2005 Derrida, la voix

[Le schibboleth de Jacques Derrida]

Derrida, la voix
   
   
   
Les mots de Jacques Derrida Les mots de Jacques Derrida
Derrida, le judaïsme               Derrida, le judaïsme    
Derrida, sa Cabale cachée                     Derrida, sa Cabale cachée    

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Jacques Derrida a choisi de donner à son livre sur Paul Celan, publié en 1986 à partir d'une conférence prononcée en 1984, le titre : Schibboleth, pour Paul Celan. Le mot "schibboleth" renvoie, dans ce titre, à un poème de Celan, qu'on peut lire dans le recueil De seuil en seuil (Von Schewelle zu Schwelle) (voir ci-contre). Ce livre est souvent lu, à juste titre, comme un essai sur la circoncision, la date, la signature, ou encore sur ce qui n'a lieu qu'une fois. Mais on peut le lire aussi comme un questionnement plus elliptique sur son schibboleth à lui (Derrida), "lui en tant que moi" ou "en tant que je" (er als ein Ich, Le Méridien et autres proses, p71) comme dit Celan à propos du Lenz de Büchner, quand il est "préoccupé de questions touchant l'art". Si l'on se réfère à ce livre, qu'est-ce donc, ce qui préoccupe Derrida?

 

1. Une date toute autre, qui déporte et exapproprie.

"Peut-être peut-on dire que tout poème garde inscrit en lui son "20 janvier"? Peut-être ce qui est nouveau dans les poèmes qu'on écrit aujourd'hui est-ce justement ceci : la tentative qui est ici la plus marquante de garder en mémoire de telles dates ? Mais ne nous écrivons-nous pas tous depuis de telles dates? Et pour quelles dates nous inscrivons-nous?» demande Paul Celan dans Le Méridien (pp73-74).

Commentant cette phrase, Derrida écrit :

« A la garde de chaque poème, donc de tout poème, se confie l'inscription d'une date, de cette date-ci, par exemple un « 20 janvier ». Mais malgré la généralité de la loi, l'exemple demeure irremplaçable » (Derrida, Schibboleth, p18).

Le "20 janvier" est plus qu'un exemple. Cette date que Paul Celan a trouvée chez Büchner est aussi celle de la conférence de Wannsee, où les hitlériens ont initié la «solution finale». C'est une date singulière, unique, irremplaçable. Le motif de la reprise en anneau des dates, de leur retour, tel qu'il est déployé par Derrida dans Schibboleth, renvoie à d'autres dates, toutes aussi uniques que celle du 20 janvier, et pourtant c'est celle-là qui est nommée, privilégiée, retenue. On peut alors se poser la question : Pour qui cette date est-elle irremplaçable ? Et en quoi les observations générales autour de la date, de la signature et de l'unicité renvoient-elles, irremplaçablement, à cette date-là, le 20 janvier ?

 

2. Une vocalisation ancrée dans le corps, prononcée, proférée.

Dans le récit biblique des Ephraïmites, Schibboleth est moins un mot de passe qu'une épreuve. "Prononce donc Schibboleth!" Il prononçait Sibboleth, ne pouvant l'articuler correctement; sur quoi on le saisissait et on le tuait près des gués du Jourdain. Dans ce récit biblique (Juges 12:5-6), le mot ne vaut que par la façon dont il est dit, son accentuation, sa sonorité. Il ne révèle pas une signification, mais un trait privilégié à la marge de la langue qui peut signaler une appartenance. Les frères ennemis, jugés à l'aune de l'instrument le plus immédiat, le plus disponible et aussi le moins maîtrisable, cette voix ancrée dans leur corps avec son timbre, son rythme et sa tonalité, parlent la même langue, mais ne peuvent pas dissimuler leur altérité. Ce n'est pas un problème de traduction qui les divise. Pour les deux tribus alliées, les significations du mot Schibboleth sont les mêmes : un fleuve, un épi, une ramille d'olivier. Elles partagent le sens du mot, mais ce mot est la marque de la différence radicale qui les partage : un accent, une tonalité à même le corps. L'énigme de la traduction subsiste, mais sous des modalités toutes autres.

Un Schibboleth ne devient Schibboleth que si on le vocalise. Pour désigner l'imprononçable, il faut qu'il soit prononcé. Dans son livre intitulé Schibboleth, Derrida parle cinq fois de la voix. Il ne la prend pas à son compte, il la cite chez d'autres auteurs : Jean-Luc Nancy, le partage des voix, ou Paul Celan, Voix de personne, à nouveau (extrait des poèmes Ein Auge, Offen ou Schibboleth : Viens, je t'emmène avec moi vers les voix d'Estrémadoure). Cette sobriété dans un texte où il est question de prononciation et d'imprononçable, de singularité, de signature, de marque, d'ici-maintenant, de tout ce que désigne la circoncision de la bouche (et qui s'applique à la bouche même de Derrida), attire l'attention sur un point illisible, non écrit, non-dit, quelque chose qui peut conduire à la mort s'il est défectueux, quelque chose qui trahit (comme Isaac a été trahi), quelque chose qui différencie ces frères si proches (Ephraïm et Menachem, les deux fils de Joseph, celui qui a été déporté, exilé par d'autres frères) qui se refusent le passage et même la vie. Jacques Derrida, comme Paul Celan, clame un schibboleth qu'une loi intérieure lui interdit de prononcer, mais que son vocabulaire ne cesse indirectement d'évoquer : provocation, convocation, invocation, prière, incantation, chant, louange ou bénédiction. Il multiplie les figures de la voix parlée, effective, concrète, avec son souffle, son corps et sa présence, indéchiffrable. Il y a dans la profération "schibboleth" quelque chose comme une résistance de la voix, qui semble rompre avec les analyses familières de "La voix et le phénomène".

 

3. Schibboleth : la perte inéluctable.

On trouve le mot schibboleth dans deux poèmes distincts de Paul Celan, l'un dont c'est le titre (voir les deux traductions reproduites ci-contre), l'autre intitulé Tout en un (ici), qui recoupe en partie le premier. Dans les deux cas, il est fait allusion à la date du 13 février, date multiple où, entre autres, Léon Blum a été agressé (1936), Hitler est rentré à Vienne (1938), la Catalogne est tombée (1939), Franco et Pétain se sont rencontrés à Montpellier (1941), les morts de Charonne ont été enterrés (1962). No pasaràn, dit le poème, mais ils sont passés. Le 13 février est étroitement lié au 20 janvier. Ces dates invitent à la résistance de trois façons, qui correspondent aux trois "mais" du Méridien (pages 20 à 26 de Schibboleth) : en déchiffrant, transcrivant, traduisant; en parlant à tous et en général, au-delà de la singularité; en s'ouvrant à la pensée du tout autre.

Le schibboleth est ce facteur inexplicable qui m'appartient singulièrement et dont je ne peux pas me détacher. Il touche aux commencements, à la langue d'origine, inaccessible, irréductible. Ce n'est pas un hasard si Freud désignait par ce mot l'alliance entre les fondateurs de la psychanalyse, et aussi les rêves, et aussi le complexe d'Oedipe : c'est le mot de passe qui scelle l'alliance, mais s'en démarque aussitôt. C'est le mot qui, donné en partage à l'autre, partage l'impartageable, dans son absolue dissymétrie. A celui qui n'a rien en propre (le Juif) ne reste que ce mot imprononçable : schibboleth. Il ne peut pas s'en défaire. Sans qu'aucune signification ne lui soit attachée, à travers les tensions les plus insurmontables et aussi à travers les oeuvres (art, littérature, poésie), ce mot-schibboleth fait retour.

 

4. L'oeuvre, expérience du pire?

Jusque là, l'énigme du poème semble encore familière, acceptable, visitable en somme. Mais les choses se gâtent. Analysant la poésie de Celan, Derrida évoque la cendre, ce mot qui renvoie à la trace, la perte, en tant qu'on ne peut pas en faire son deuil. Si la poésie bénit les dates, c'est seulement en tant que les dates sont des cendres. Comment bénir ce qui est absolument et radicalement oublié? Ce dont on ne peut même pas faire son deuil?

"C'est la menace d'une crypte absolue : le non-retour, l'illisibilité, l'amnésie sans reste, mais le non-retour comme retour, dans le retour même. Tel risque ne paraît pas plus inessentiel, accident de l'heure ou du jour, que la possibilité même du retour qui livre aussi bien à la chance qu'à la menace, en une seule fois, chaque fois. On me pardonnera si je nomme ici l'holocauste, c'est-à-dire littéralement, comme j'avais aimé l'appeler ailleurs, le brûle-tout, que pour en dire ceci : il y a certes aujourd'hui la date de cet holocauste que nous savons, l'enfer de notre mémoire; mais il y a un holocauste pour chaque date, et quelque part dans le monde à chaque heure" (Derrida, Schibboleth, p83).

Ainsi se trouvent associés dans une même structure la Shoah, l'incinération de la date, l'amnésie, la crypte absolue. Au plus loin d'une certaine idée mièvre de la poésie, c'est le mal radical qui fait son entrée dans cette théorie du poétique, non pas comme accident, exemple inessentiel, mais comme ce singulier "régime de la vérité qu'on associerait à la performativité poétique" (p85). "Je signe ceci, ici maintenant, à cette date", écrit Derrida. "Quelle est la vérité de cette fiction, la vérité non-vraie de cette vérité? Ici, ceci, maintenant, est un schibboleth. Ceci est - schibboleth". C'est lui-même qui s'implique dans cette affaire, avec sa signature, l'énonciation d'un "je" ou d'un "moi".

"Quand elle va jusqu'à la mort du nom, à l'extinction de ce nom propre que reste encore une date, une commémoration endeuillée, la perte ne peut être pire. Elle franchit cette limite où le deuil même nous est refusé, l'intériorisation de l'autre dans la mémoire (Erinnerung), la garde de l'autre dans la sépulture, l'épitaphe" (Schibboleth, p95).

Voilà ce qui depuis longtemps, depuis toujours peut-être, intéresse Derrida : une perte de l'origine, inéluctable, et en même temps indestructible en tant que perte. Il m'est impossible de me décharger de cette dette, je dois en porter tout le poids, et tout ce que j'ai fait depuis le début, tout ce que je ferai dans l'avenir, rien de tout cela ne peut échapper à la "mise en oeuvre poétique de la datation" (Schibboleth, p16). Si l'on suit jusqu'au bout ce raisonnement, Jacques Derrida ne pourrait se rencontrer lui-même que dans l'expérience du pire, et son oeuvre, toute son oeuvre, son oeuvre comme telle, en tant que corpus et aussi en tant que concept, ne pourrait se penser que dans cette expérience.

"Je me suis rencontré - moi-même comme l'autre, un 20 janvier comme l'autre, et comme Lenz, comme Lenz lui-même, "wie Lenz" (...) C'est moi puisque dans cette figure de l'autre, comme l'autre, je me suis rencontré à cette date" (Schibboleth p27).

Entre l'incinération des dates, indissociable de l'expérience même de l'art, et l'incinération des corps, indissociable de l'événement historique de la Shoah, la rencontre serait inéluctable. Peut-être ce point ultime, ce point de butée, explique-t-il le "tournant" dit éthique des années 1990. Même au-delà du deuil, sans relève possible, on ne pouvait pas en rester là.

 

5. Juif et circoncis.

Jacques Derrida a choisi de terminer ce livre, Schibboleth, par un chapitre sur la circoncision, alors même que, il le reconnaît, Celan évoque peu ce thème. L'opération est analogue à celle qu'il avait faite, dix auparavant, pour Glas. Alors que, dans L'esprit du judaïsme, Hegel n'évoque qu'indirectement la circoncision (sans même employer le mot), Derrida y consacre cinq pages (Glas pp...). Il s'agissait dans Glas de l'impossibilité, pour Hegel, de "relever" la castration, à laquelle il identifiait la tradition juive. Dans Schibboleth, le schibboleth de Derrida, il s'agit de repérer que, dans le poème, dans sa chair, le rien peut s'inscrire. C'est ainsi que la parole s'ouvre à l'autre, à la promesse, à l'avenir. L'oeuvre poétique est un schibboleth porteur d'une dissymétrie absolue, d'un reste inassignable, impossible à dialectiser et qui, du fait de cette impossibilité, laisse venir le tout autre. Ce reste, il le rapproche de la singularité juive dans l'avant-dernier chapitre.

"Car l'écriture de circoncision que je lui demande, pour laquelle j'intercède auprès de l'intercesseur, c'est une écriture du rien. Elle opère le rien, chirurgie incisive qui, jusqu'au sang, jusqu'à la blessure (Wundgeschriebene, pourrait-on dire cette fois) enfonce l'inscription du Rien dans la chair, dans la parole vive, dans la chair du mot prononçable et circoncis" (Schibboleth, p109).

Cette affinité étrange, effrayante ou effarante, entre d'une part le rien de la cendre, celui de la date et de l'holocauste, et d'autre part le rien qui entame la parole vive, qui circoncit la bouche, cette affinité est portée par le poème, par l'oeuvre en général, et aussi par un double statut : celui du Juif et celui du circoncis.

- Juif est le schibboleth écrit Derrida (Schibboleth, p92). Les deux noms, Juif et schibboleth, sont interchangeables. Le Juif n'a rien en propre, pas d'essence, pas même son nom. Le judaïsme s'affirme selon la même structure que celle de la date : comme un secret incommunicable, une adresse à l'autre dont le contenu est imprononçable. Tous les poètes sont des Juifs, a écrit Marina Tsvétaïeva : ils ne peuvent prononcer leur propre nom.

- Tout homme circoncis par la langue ou porté à circoncire une langue est comme un Juif, comme un poète (Schibboleth, p99). Tous ceux qui habitent la langue en poètes portent en eux la même blessure, la même marque. Engagés dans l'alliance de la coupure, ils circoncisent les mots. En le nommant, dans une absolue dissymétrie, ils promettent à l'autre le passage d'un seuil, d'une porte. Cette promesse peut s'écrire : Circoncis la parole pour lui (p110). Est-ce une injonction, une tâche, une éthique, ou seulement un schibboleth?

En se disant Juif et circoncis, Derrida déclare qui'il faut lire son oeuvre - et toute oeuvre - comme un schibboleth.

Schibboleth (Poème de Paul Celan, traduction Jean-Pierre Wilhelm)

Avec mes pierres, les grandes, / pleurées derrière les grilles, / on me traîne sur la place publique, / où se déroule un drapeau / à qui nul serment me lie.

Flûte, / double flûte de la nuit, / souviens-toi du sombre / rougeoiement jumelé / de Vienne et de Madrid.

Mets en berne ton drapeau, / Souvenir. / En berne, / pour aujourd'hui et pour toujours.

Coeur : / même ici manifeste-toi, / ici, sur la place publique. / Clame le Shibboleth / dans ton pays étranger : / Février, No pasaran!

Licorne : / tu sais ce qu'il en est des pierres, / tu sais ce qu'il en est des eaux, viens, / je t'emmène avec moi / vers les voix d'Estrémadoure.

(traduction Jean-Pierre Lefebvre, in Choix de poèmes réunis par l'auteur)

Avec toutes mes pierres, /grandies dans les pleurs / derrière les grilles,

ils m'ont traîné / jusqu'au milieu du marché, / jusqu'au lieu / où se déroule le drapeau auquel je n'ai / prêté aucune espèce de serment.

Flûte, / double-flûte de la nuit : / songe à la sombre / aurore jumelle / à Vienne et Madrid.

Mets à mi-hampe ton drapeau, / souvenir. / A mi-hampe / pour aujourd'hui et à jamais.

Coeur : / là aussi fais-toi connaître, /là au milieu du marché. / Crie-le, le schibboleth, à toute force / dans l'étrangeté du pays : / février. No pasaran

Licorne : / tu sais bien ce qu'il en est des pierres, / tu sais bien ce qu'il en est des eaux, / viens, / je t'emmène loin / chez les voix / de l'Estrémadure.

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Propositions

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L'énigme du Schibboleth se confond avec celle de la traduction, dans sa dimension essentielle

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Schibboleth est le seuil de l'imprononçable

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Le Juif n'a rien en propre, sauf son nom, qui est imprononçable : schibboleth

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Schibboleth, signal d'appartenance, nomme toute marque insignifiante inscrite dans le corps pour habiter la langue

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Dans la prière poétique s'annonce l'essence de la bénédiction : en s'adressant à un reste, une cendre, c'est l'expérience de l'incinération de la date, consumée dès le commencement

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La poésie, la littérature, l'art même, c'est l'expérience comme telle de la mort, du deuil, de la pire des pertes, celle qui ne laisse que des cendres, des mots incinérés sans sépulture

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Schibboleth est la marque d'un pouvoir différentiel qu'il faut partager avec l'autre, mais qui ne se manifeste que crypté, indéchiffrable

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L'alliance est un anneau scellé par un schibboleth : elle commémore la date et le lieu de sa provenance dont elle se démarque chaque fois

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[Le poème partage l'impartageable : un schibboleth où se dissimule, dans sa lisibilité, le chiffrage comme tel]

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La date opère toujours comme un schibboleth : elle manifeste qu'il y a de la singularité chiffrée, irréductible au concept et au savoir

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Ce que je suis, ici, maintenant à cette date, est un schibboleth

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Le mot circoncis "Schibboleth" est promis à l'autre, dans son absolue dissymétrie, pour qu'il passe la porte

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Schibboleth (SBL) et Symbolon (SBL) désignent tous deux le partage et l'alliance

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Schibboleth se dit en hébreu, la langue d'origine

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Dans la pensée de Jacques Derrida, la voix résiste

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Le schibboleth de Jacques Derrida est sa voix, envahissante et imprononçable

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Freud aimait désigner le complexe d'Oedipe par l'expression "Schibboleth"

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On pourrait aujourd'hui surnommer l'état présent de l'Etat d'Israël : schibboleth

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Dans le récit biblique des Ephraïmites, Schibboleth est le signifiant de la différence fraternelle

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Ce désormais indicible, ardent, distinct dans la bouche. Voix de personne, à nouveau

 

 

 


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