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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
                   
             
Raphaël Cohen, "Citation de textes diffusés sur Internet", Ed : dtext.com, , 18 novembre 2000

 

L'ivresse de Noe (Michel-Ange, Sixtine, 1508-12) -

La famille de Noé ne signifiant rien pour lui, il se découvre dans sa tente, dépouillé de sa virilité devant son fils Cham

   
   
   
                 
                       

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(Texte repris du site de Raphaël Cohen légèrement raccourci et modifié).

Cham est impulsif, excessif et... vivant. Son père est affaibli, désespéré. Il dévoile son désarroi au coeur de sa tente, ne sachant plus rien de sa seule possession, qui est sa famille. Pauvre homme, qui n'a que cela, ce qui est sans doute la définition de l'enfer, parce que le face à face avec l'existence mutuelle appauvrie est une souffrance, génératrice de... meurtres passionnels : venus de l'absence de passions.

Alors que Sem et Yafet sont très respectueux, et donc absents, soucieux du protocole et de la courtoisie, qui annulent le risque de tout lien, Cham s'approche. Il est né en riant, mordant à la vie, ce que ses deux frères n'osent faire, qui voient dans toute jouissance une sorte de faute. Cham est chaud et violent, comme l'est, normalement, tout être humain. Il castre son père, afin de limiter quelque peu cette famille problématique, afin aussi que son père, sous l'empire de l'alcool, monarchie absolue, ne s'empare pas de l'une ou l'autre de ses belles-filles.

 

 

Cham décide pour son père : il n'aura plus d'enfants, cela suffit. Dans un geste ferme et décidé, Cham coupe ce qui doit être coupé. Il ampute l'existence à venir d'un Noé sans intérêt. Ou bien encore, disent les sages, Cham s'est servi de son père... comme d'une femme. En un certain sens, Cham se sert de Noé, mais il joue le rôle de sa propre femme, quoiqu'il soit actif dans le geste. Cham traite son père en objet inconscient de son désir, tandis que son histoire d'ivrogne le dépasse, comme ce sera aussi le cas pour Loth. Dans les deux cas, Cham impose sa volonté à son père : n'est-ce pas le propre des fils, le moment venu ? Il le met entre parenthèses, c'est-à-dire entre cuisses. Mais tout en le laissant vivre. Meurtre larvé, d'un père, non tué, mais dédaigné, parce que jaugé à sa propre absence de valeur. Cham humilie son père et l'annule. Castration ontologique, la première connue dans l'histoire des hommes. Première homosexualité.

Désormais, Cham existe pour lui-même, et surtout indépendamment de son père qui l'aurait castré s'il avait prétendu à une personnalité qu'il aurait considérée, comme tous les pères, comme fort incongrue.

Sem et Yafet, avec componction et sans émotion, couvrent leur père anéanti : une sorte de catafalque. Ils vont "à reculons", ne voulant pas aborder le problème, en faisant semblant qu'ils ne le connaissent pas. Ainsi qu'un être humain qui fait semblant de ne pas voir la souffrance d'un autre, et qui passe.

Plus tard, le père bénit. Comme tout père, encore, se vengeant du manque de respect. Seul existe Cham, cannibale et danseur, gymnaste et amant, décontracté et beau dans son corps séducteur de chasseur tribal. Insouciant de tout lendemain, sachant tranquillement vivre la volupté de l'instant. Même s'il a attrapé, partiellement, les gales d'Occident. Il ne redoute rien, et reste toujours rieur. D'Afrique, dit-on, serait venu l'homme.

 

 

 


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