Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, eschatologie, messianique                     Derrida, eschatologie, messianique
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 30 août 2005 Est fiable une oeuvre qui annonce ou promet

[Derrida, eschatologie, messianique]

Est fiable une oeuvre qui annonce ou promet Autres renvois :
   

Derrida, la promesse

   

Derrida, l'hospitalité

   

Derrida, nos tâches

Derrida, les inconditionnalités

                 
                       

1. Le messianique, structure universelle mais indéterminée.

"Il faut que l'avenir soit absolument, radicalement ouvert", tel serait l'axiome, le principe inconditionnel qui gouverne l'affirmation, par Derrida, d'une messianicité première, irréductible, détachée de toute religion, de toute croyance et de tout contenu prédéterminé. Le messianisme a un contenu, tandis qu'une messianicité est une structure formelle, sans contenu, porteuse d'une promesse infinie, intenable. L'expérience messianique est celle d'une altérité inanticipable, qui s'accorde à la surprise absolue de l'arrivant, sans qu'aucune forme ne puisse jamais être adéquate à cette promesse. Dans le vocabulaire derridien, parfois instable, on peut dire qu'au messianisme - qui renvoie à une ou plusieurs doctrines historiquement déterminées -, s'opposent le messianique sans messianisme, la messianicité. Celle-ci est doublement indéterminée : elle n'est guidée par aucun savoir, aucune théorie; et n'entre dans aucun horizon d'attente. Seule une ouverture à-venir, performative, pourrait la déterminer. L'à-venir, hétérogène à tout ce que nous savons aujourd'hui, n'est pas connaissable comme tel. C'est une potentialité, une virtualité qu'on ne peut ni déduire de ce qui est actuellement présent, ni anticiper par l'indication d'une route, d'un chemin, d'un lieu ou d'un dehors. Son indétermination donne le vertige.

Le messianique est incalculable, indéconstructible. Sa structure, que Derrida qualifie de téléiopoiétique, est travaillée par un drame : dans le temps même où elle fait venir l'arrivant, elle l'éloigne, le renvoie, se retire devant lui. Ce "peut-être" qu'elle appelle et dont elle exige qu'il reste libre, elle le craint, le refoule. Il pourrait être dangereux.

La messianité sans messianisme est irréductible, elle doit arriver. Sa structure est liée à celle de la croyance en général, en tant qu'elle témoigne d'un rapport à l'autre, d'une confiance que ne garantit aucun savoir. Elle se pose dès l'ouverture à la venue de l'autre, avant toute culture, avant toute religion.

 

2. Préserver les lieux aporétiques.

Alors que la tradition occidentale tend à éluder ou détourner les questions aporétiques, Jacques Derrida les place au coeur de sa pensée : la justice, l'hospitalité, le don, la démocratie, la liberté, le désir, etc... A des questions aporétiques, on ne peut répondre que par un appel messianique (ce qui n'empêche pas, en parallèle, les négociations, transactions et compromis politiques). Face aux urgences éthiques et politiques, l'arrivance messianique répond à la cruauté de l'événement, à l'urgence des médias. Elle déchire le temps historique. N'appartenant pas à notre temps, elle est incapable de faire régner le droit. Mais comme concept qui expose à l'autre, comme inconditionnalité, elle ouvre un autre temps, une dissymétrie infinie, extérieure à l'histoire. Dans le champ du politique, elle creuse l'espace d'une démocratie à venir.

Avec la différance, ce mouvement actif, s'instaurent à la fois un désir d'origine (que celle-ci soit dans le passé ou dans l'avenir) et une dislocation de l'origine, un appel eschatologique à l'extrême et un retard insurmontable.

L'enjeu du messianique n'est pas la proposition ni la réalisation d'un programme, mais la mise en mouvement des apories, ce qui exige (entre autres) : responsabilité, décision - et oeuvrance.

 

3. Annonce d'un homme autre, d'un autre humanisme.

Dans l'humanisme traditionnel, la dignité de l'homme est fondée sur certains contenus. Même ceux qui veulent le transformer, comme Marx, supposent un contenu. L'autre humanisme dont Derrida avance la possibilité accepte l'indétermination même de l'homme. Réduit à une forme : la promesse d'un autre homme, à venir, il naît dans le désert, avant toute croyance particulière, là où tout crédit se fonde, et conduit à un autre lieu désertique, un lieu de justice, d'ouverture à l'avenir (le messie). Cette promesse est indécidable jusqu'à ce qu'elle advienne (elle ne se répète pas à la manière d'un revenant, elle advient imprévisiblement).

Cette eschatologie n'est pas théologique, mais hantologique - si l'on entend par hantologie une logique de la hantise qui englobe l'ontologie même.

Le Messie derridien est dépouillé de tout. C'est un revenant sans regard, qui arrive sans prévenir, comme la mort.

 

4. Salut au tout-autre.

A l'autre, au visiteur absolument inattendu, je dis "Viens", au risque de perdre ma propre identité. Je ne sais rien de lui, je n'en attends rien. Je me retire devant l'espacement auquel il donne lieu. Je le salue, mais ce salut ne s'adresse pas au prochain, il s'adresse au tout autre, dans une autre langue qui échappe à ma volonté, ma liberté. Il n'est porteur d'aucune vérité, ne déchire aucun voile. Il invite à la diminution, au départ, au retrait, à la relève de l'autre.

 

5. Se prémunir du mal radical.

La messianicité est associée à l'idée d'un retrait, d'un "faire le vide" - comme si toute plénitude, tout remplissage, toute détermination, pouvait être porteuse d'un danger, voire du pire danger. Un avenir fermé serait une sorte de prison dans le temps : un mal absolu, radical.

 

6. L'impensé du messianique, son secret.

Comme celui de Marx, le messianique de Derrida est à la fois indissociable de l'héritage abrahamique et d'un type nouveau. Il est ouvert sur l'avenir - comme la tradition biblique, et porteur d'un poids d'impensé, d'une promesse indéterminée et instable, qu'on trouve dans tout héritage et aussi dans toute archive.

Jacques Derrida pense avoir - comme Abraham - quitté sa famille dès le jour de sa circoncision (comme si la circoncision était, en tant que telle, porteuse d'une eschatologie). Il s'est successivement identifié au prophète Elie, à Moïse (qui porte à l'autre la Table nouvelle de l'écriture), au dernier eschatologiste et aussi au dernier des Juifs. Il a revendiqué un lien singulier avec cette tradition, y compris, du bord des lèvres, avec la tora et une Cabale textuelle d'un genre nouveau, athée et disséminatrice, qu'il a fabriquée comme un tserouf. Mais malgré les annonces, le secret du marrane reste caché, crypté, oublié au fond de soi, comme un messie illisible.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

L'arrivance messianique est un concept impossible mais urgent, car il y va de la justice

-

Le jour messianique où elle n'appartiendra plus à l'histoire, la justice sera soustraite à la vengeance et au droit

-

Il y a deux sortes de justice : celle qui fait droit (calculable); celle qui ouvre la dissymétrie infinie du rapport à l'autre (incalculabilité messianique du don)

-

Le messianique, ou messianité sans messianisme, est une structure irréductible, une expérience de la croyance qui fonde tout rapport à l'autre dans le témoignage

-

Le messianique, structure universelle de l'expérience, qui noue la promesse de l'arrivant, l'inanticipable de l'avenir et la justice, se distingue de tous les messianismes déterminés

-

Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi - promesse messianique sans contenu

-

La phrase messianique ou téléiopoétique est travaillée par un drame : dans le temps où elle fait venir (présence), elle éloigne la venue (absence)

-

Le messianique en général (sans contenu) est la structure formelle, indéconstructible, de la promesse émancipatoire, qui conditionne un autre concept du politique et de la démocratie

-

Un retrait (tsimtsoum) maintient à jamais l'espacement qui génère le texte

-

La différance, ce désir eschatologique d'originarité, est aussi le mouvement qui disloque et barre l'origine

-

Il faut penser l'événement à partir du "Viens" qui se dit à l'autre et qui ouvre un espace messianique

-

Une hantologie (logique de la hantise) serait plus ample qu'une ontologie et abriterait en elle l'eschatologie et la téléologie mêmes

-

Pour pouvoir m'adresser à l'autre - penseur, messie ou Dieu lui-même -, je dois lui prescrire de rester libre, de pouvoir ne pas répondre à mon appel

-

La phrase téléiopoétique ou messianique porte en elle une dénégation structurelle : en appelant le dangereux "peut-être", elle refoule la peur ou la haine qu'elle suscite

-

Notre horizon, ici maintenant, est une absence d'horizon : des lieux sans issue ni chemin assuré, sans dehors prévisible, qui conditionnent l'avenir

-

Il faut s'attendre au messie comme à l'imminence d'un verdict qui ne dévoile rien qui tienne, ne déchire aucun voile, mais invite à la diminution, au retrait, au départ, à la relève de l'autre

-

L'archi-originaire de la religion se tient en un lieu de retrait où tout crédit se fonde : désert dans le désert, origine qui est la duplicité même, entre khôra et messianisme

-

La messianicité est l'ouverture structurelle de la parole : dépouillée de tout, elle adresse son salut au tout-autre

-

Le "messianique" est doublement indéterminé : (1) aucun savoir, théorie ou épistémé ne le guide (2) comme performatif à venir, il n'entre dans aucun horizon d'attente

-

L'archive garde en elle un poids d'impensé qui engage l'histoire du concept, son ouverture à l'avenir, sa promesse messianique

-

Quand le visiteur arrive (au sens messianique), un autre absolument inattendu m'expose au danger de perdre mon identité

-

Le messianique sans messianisme (ou messianisme sans contenu) est le concept étrange qui guide la quête d'une démocratie à-venir

-

L'extériorité irréductible de l'autre appelle le désir, qui est séparation infinie, rencontre aventureuse hors de soi, eschatologie désespérée

-

Marx est l'événement unique d'un messianisme de type nouveau, qui a imprimé sa marque inaugurale dans l'histoire

-

On ne peut pas dissocier l'héritage de Marx du messianisme abrahamique

-

Le "messianique", c'est laisser venir l'autre, s'exposer à la surprise absolue de sa décision, sans rien en attendre

-

Le spectral dans Derrida renvoie à ce qui revient et le messianique à ce qui advient

-

Jacques-Elie Derrida est celui qui annonce la téléiopoèse, cette structure messianique

-

Il y a dans l'identification au "reste d'Israël" (théologie d'Isaïe) une dimension messianique - qu'assume Jacques Derrida

-

Du jour de sa naissance, l'enfant n'appartient plus à sa famille; coupure ou cicatrice, c'est l'eschatologie de la circoncision

-

Dès 1963, Derrida se voit comme un nouveau Moïse qui porte à l'autre la Table nouvelle de l'écriture

-

"Je suis le dernier des eschatologistes"

-

"J'ai fait de l'eschaton le bord des lèvres de ma vérité"

-

"Je suis le dernier des Juifs" : le plus indigne par son déracinement, et aussi le plus Juif, car le seul survivant qui puisse sauver la responsabilité devant l'élection

-

L'essence minimale du judaïsme, dont la judéité porte peut-être encore la promesse, est l'ouverture de l'avenir

-

La révélation abrahamique (Terre promise) n'est pas seulement un événement : elle ouvre et engage l'historicité de l'histoire dans l'horizon messianique

-

Lire la Cabale comme dissémination, c'est-à-dire de façon athée, c'est la réduire à sa textualité, en ruiner le centre hégémonique, en subvertir l'autorité comme l'unicité

-

Le marrane, ce n'est pas l'exil, c'est la recherche au fond de soi d'un secret eschatologique inconnu, oublié, crypté, d'un messie caché, illisible

-

Le tserouf d'Aboulafia (mystique de la permutation des lettres) repose sur une logique messianique de la déconstruction

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaMessie

AA.BBB

DerridaCheminements

ME.SSI

ArchiOeuvrePromesse

CA.LLK

AG_DerridaMessie

Rang = zQuois_Messie
Genre = -