Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'être                     Derrida, l'être
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page le 1er septembre 2005

[Derrida, l'être, ontologie]

   
   
   
                 
                       

1. Présence.

L'être, dans son sens le plus littéral, "est" l'indicatif présent du verbe être. Il "est" le temps qui "est" maintenant, celui que je verbalise en parlant, celui que j'énonce dans cette phrase affirmative toute simple. L'être est. N'est-ce pas évident?

L'ontologie en général, c'est l'ontologie de la présence. L'être parle, il parle partout et toujours, à travers toute langue. Il se dit, et en se disant il dit la vérité. Dans la tradition occidentale, penser, c'est annoncer un rapport à l'être (comment il se dit, comment est dit ce qui est), c'est affirmer l'unité de la pensée et de la voix dans le logos, sous la forme la plus courante de la troisième personne de l'indicatif du verbe "être" : "S est P" (copule). C'est ainsi que s'entend l'être : il s'entend lui-même, il entend son propre.

L'être de ce que nous sommes est d'abord héritage. Être, c'est hériter d'un père qui parle, qui répond, qui garantit la proximité de l'être et du sens. Aujourd'hui, cette réponse peut venir sous différents modes : union de la technique et de la phonè, principe de raison.

 

2. Ambiguité de la copule.

Dans sa fonction de copule, le verbe "être" représente une effraction dans la clôture sur soi de la langue. Il ouvre vers le dehors, vers le non-linguistique. Dans les phrases nominales de certaines langues, il est remplacé par un arrêt de la voix, un blanc, une absence qui est la marque de la présence. La copule des langues occidentales est ce qui reste de cette absence.

On retrouve cette ambiguité de la copule dans le christianisme : unité du père et du fils, présence vivante du père dans la bouche du fils, mais aussi hétéronomie. Dans le Ceci est mon corps de l'eucharistie, l'être est débordé, un supplément incalculable oblige à une nouvelle alliance.

 

3. Déconstruction.

L'ontologie, ou pensée de l'être, ou métaphysique, n'est pas irréductible. Elle peut s'épuiser, se clore (bien qu'on ne puisse pas lier cette clôture à la fin d'une époque, ni à sa mort définitive). Il "est" des choses qu'elle ne peut assimiler, ni idéaliser : par exemple le crachat, le pet, le rot ou le vomi.

Dans le Timée, Platon a montré l'anachronie de l'être. Il y a plus "vieux" que lui : la trace. Pour le déconstruire, il faut renoncer à en retrouver le sens, l'origine ou le premier mot. Même s'il a fallu en passer par la différence ontico-ontologique de Heidegger, on ne peut en rester à ce type de questionnement ou de méditation qui réinstalle, à sa façon, un signifié transcendantal. La différance derridienne (écrite avec un "a") dérange et déborde l'être, sa dissémination le met à l'écart. Le moi, le sujet, l'objet, y perdent toute substance. L'être, comme le temps, n'est rien sauf la trace d'un mouvement, une restance.

Alors que l'Occident se sépare de lui-même, il faut partir de ce qui le hante, ce reste qui résiste à la conceptualisation. On ne construit alors ni une ontologie, ni une contre-ontologie, mais une hantologie.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

L'indicatif présent du verbe être est la forme pure et téléologique de la logicité de l'expression

-

Le verbe Être, surtout quand on sous-entend "être présent", c'est le mot de l'esprit, son premier corps verbal

-

L'être / parle / partout et toujours / à travers / toute / langue

-

Le verbe "être" est l'unité de la pensée et de la voix dans le logos

-

Notre époque est celle de la voix - quand la technè et la phonè s'unissent dans la forme de la présence

-

La différence signifié/signifiant appartient à l'époque du logos, celle de la proximité absolue de la voix, de l'être et de l'idéalité du sens

-

En Occident, la "pensée" n'a jamais pu surgir ou s'annoncer que dans son rapport à l'être : comment l'être se dit, comment est dit ce qui est, en tant qu'il est, tel qu'il est

-

Pour que s'impose le principe de raison, "Rien n'est sans raison et nul effet sans cause", il a fallu que la question abyssale de l'être qui se cache en lui reste dissimulée

-

Ainsi s'entend l'être : son propre

-

Le travail du deuil, c'est rendre présents les restes, les ontologiser, identifier les dépouilles pour savoir qui c'est et où il est

-

L'être de ce que nous sommes est d'abord héritage

-

Le père est ce qui est

-

Dans le jeu de la dissémination se définit et s'imprime littéralement la mise à l'écart de l'être

-

Le séminal se dissémine sans avoir jamais été lui-même, à perte et à mort; n'ayant aucun sens, il diffère de la polysémie

-

Le verbe "être" avec sa fonction de "copule" représente une effraction dans la clôture sur soi de la langue, il l'ouvre à son dehors

-

Le jeu de la trace, qui appartient à l'âge de la différance, est "plus vieux" que la vérité de l'être

-

La différance précède la métaphysique mais aussi déborde la pensée de l'être, car c'est elle qui rend possible le sens de l'être (avec ses oppositions) et non l'inverse

-

La différance nous donne à penser une écriture sans présence, sans absence, sans histoire, sans cause, sans archie, sans telos, dérangeant absolument toute ontologie

-

L'être, qui se produit dans la métaphysique occidentale comme domination d'une forme linguistique (le mot), n'est pas irréductible

-

En encadrant les pouvoirs de l'être, la quatrième surface de la scène représentative les divise et sépare l'Occident de lui-même

-

L'effacement de la présence lexicale de l'être en Occident témoigne d'un procès de chute, de destruction ou de perte dont il ne reste que le supplément de copule : "est"

-

La forme la plus générale du "supplément de copule" est la phrase nominale où la fonction "être" est assurée par un arrêt de la voix, le blanc d'un espacement

-

"Glas" peut être considéré comme une méditation sur le "reste", cet autre nom de l'écriture, ce quasi-concept d'une ontologie paradoxale et indécidable

-

Dans "Il y a de l'être" ("Es gibt Sein"), ne sont donnés que l'être et le temps, qui ne sont rien

-

La khôra n'a pas d'essence : elle est l'anachronie dans l'être

-

Une hantologie (logique de la hantise) serait plus ample qu'une ontologie et abriterait en elle l'eschatologie et la téléologie mêmes

-

S'"il y a" du moi ou de l'objet, c'est par restance de la trace - au-delà de toute ontologie

-

L'ontologie ne peut pas s'emparer du crachat, du rot ou du pet : un reste qui ne reste pas

-

Il faut passer par la question de l'être, telle qu'elle est posée par Heidegger et par lui seul, pour accéder à la pensée de la différance

-

Ce qui, dans l'espérance heideggerienne, relève de la métaphysique, est la quête du mot propre (premier mot de l'être), du nom unique

-

Penser l'être comme vie dans la bouche, dans l'unité du père et du fils, c'est le logos

-

Pour Hegel, aucune ontologie n'est possible avant l'Evangile ou hors de lui; l'être ne peut pas être ce qu'il est sans l'unité du père-au-fils, la famille spéculative

-

Dans le "Ceci est mon corps" de la Cène christique, ce qui se mange et se consume, ce supplément incalculable qui "est" "comme" rien, c'est l'esprit

logo

 

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaEtre

AA.BBB

DerridaCheminements

ET.REE

AF_DerridaEtre

Rang = zQuois_Etre
Genre = -