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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Partage d'un schibboleth                     Partage d'un schibboleth
Sources (*) : Le schibboleth de Jacques Derrida               Le schibboleth de Jacques Derrida
Jacques Derrida - "Schibboleth, pour Paul Celan", Ed : Galilée, 1986, d'ap les pages 51, 60 à 64 Derrida, la poésie

[Le poème partage l'impartageable : un schibboleth où se dissimule, dans sa lisibilité, le chiffrage comme tel]

Derrida, la poésie
   
   
   
L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire
                 
                       

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1. Significations du partage.

Comme s'il éprouvait le besoin de se justifier, Jacques Derrida annonce, dans Schibboleth, qu'il se servira, dans ce livre, du mot partage, dont le sens en français est au moins double : d'un côté une ligne de démarcation, une exclusion [partager, c'est refuser l'autre, celui qui est exclu du partage, c'est délimiter un partage des eaux]; d'un autre côté, la marque de ce qui est en commun, l'anneau de l'alliance [la chose partagée qui permet de se reconnaître entre soi, par l'engagement ou par le contrat] (pp59 et 111).

A ce double sens, il en ajoute un autre : le partage des singularités [sur ce point, voir ci-dessus notre §1.6.2.6]. Quel rapport y a-t-il entre ce partage-là et les deux autres? Les singularités ne sont pas lisibles comme telles, elles sont chiffrées, ce sont des schibboleth, et pourtant, selon Derrida, on peut les partager dans le premier sens (l'exclusion, comme le montre l'histoire des Ephraïmites dans la bible) et aussi dans le second (une alliance hétéronomique, avec l'illisible ou l'indéchiffrable). Mais cela passe par une rencontre d'un type très singulier.

 

2. Partage du schibboleth.

Voici ce qu'écrit Jacques Derrida à propos de deux poèmes de Paul Celan, Schibboleth et In Eins : "Les deux poèmes se font signe, parents, complices, alliés, mais aussi différents qu'il est possible. Ils portent et ne portent pas la même date, entre Februar et Feber. Ils parlent, dans la même langue, deux langues différentes. ils la partagent" (Schibboleth p59).

Ces poèmes, qui parlent à la fois la même langue et deux idiomes différents, ils ont la particularité de partager, dit Derrida, mais quoi? Le schibboleth. Par ce mot schibboleth, il nomme le crypté, le secret, une conjonction de singularités chiffrées (p60), "irréductible au concept, au savoir et même à l'histoire" (p61), un ensemble de moments, de lieux, de dates, de signatures, de blessures (p36) et aussi un pouvoir différentiel (une capacité à inscrire des marques distinctes, elles-mêmes chiffrées (p51)), et même des mots (p52). Tout cela, tout ce que le poème permet de partager, c'est l'impartageable. Et quand la date devient lisible, alors même les exclus du partage peuvent partager (p88).

 

3. Une alliance avec l'impartageable.

Toute œuvre s'allie avec autre chose. Cette alliance hétéronomique est aussi un partage. En disant "tu", en tendant la main à l'autre (pour reprendre l'expression de Paul Celan dans Le Méridien), le poème ne peut s'adresser qu'à une singularité qui n'est pas seulement unique, irremplaçable (p31), mais aussi inintelligible.

"Le poème parle, même si aucune référence n'y était intelligible, aucune autre que l'Autre, celui auquel il s'adresse et à qui il parle en disant qu'il lui parle. Même s'il n'atteint pas l'Autre, du moins l'appelle-t-il. L'adresse a lieu" (Schibboleth, p61).

Le paradoxe du partage des singularités, c'est que si l'événement de ce partage a lieu, il ne peut jamais se résoudre à la manière du symbolon grec, cet objet divisé en deux parties complémentaires confiées à deux personnes différentes qui peuvent ainsi se reconnaître. Dans ce partage, les singularités ne se réunissent pas [quand Jean-Luc Nancy évoque le partage des voix, et Jacques Rancière le partage du sensible, c'est à ce partage sans partage qu'ils font allusion]. L'alliance scellée laisse un gage (p52), commémore ou bénit, mais la réunion reste une promesse. L'autre lecture sera toujours supplémentaire (p35). L'invitation au partage invite à un franchissement qui doit rester indéterminé :

“Le schibboleth est donné ou promis par moi (Mein Wort) à l'autre singulier, celui-ci, pour qu'il le partage et qu'il entre, ou qu'il sorte, pour qu'il passe la porte, la ligne, la frontière, le seuil" (Schibboleth, p108).

Et pourtant le schibboleth intervient. Il blesse, il coupe, il circoncit, il inscrit un tranchant à même la chair. Pour en arriver là, pour donner accès à ce partage dissymétrique de la langue (p110), il aura fallu un verdict, une décision de justice. C'est ainsi que l'œuvre agit, c'est ainsi qu'elle intercède pour l'autre.

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Propositions

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Schibboleth est la marque d'un pouvoir différentiel qu'il faut partager avec l'autre, mais qui ne se manifeste que crypté, indéchiffrable

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Schibboleth (SBL) et Symbolon (SBL) désignent tous deux le partage et l'alliance

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Les voix se partagent par l'oreille

 

 

 


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