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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, métaphysique, sa clôture                     Derrida, métaphysique, sa clôture
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 18 octobre 2005

[Derrida, la métaphysique, sa clôture]

Autres renvois :
   

Derrida, la vérité

   

Derrida, logos, logocentrisme

   

Derrida, la folie

                 
                       

1. Le privilège du présent.

Qu'est-ce que la métaphysique? Une longue tradition, une quête obstinée du propre, porteuse d'un désir de présence pleine dont on ne peut jamais se défaire complètement. Quoi que nous fassions, nous en sommes les héritiers. Certes, tout héritage peut être refusé, y compris celui-là, et Jacques Derrida revendique ce refus quand il qualifie la métaphysique de logocentrisme, phonocentrisme, phallogocentrisme, mondialatinisation, télé-technologies et autres dénominations qui ont pu varier en fonction du thème abordé. Mais on ne peut pas se débarrasser d'un seul coup de cette pensée humaniste dont les racines plongent dans le logos grec.

La tradition métaphysique est fondée sur le privilège absolu du présent, qui produit le sens, la raison et la vérité. L'espace est pensé à partir de l'instant ponctuel, en éludant toute question sur l'être du temps, dont pourtant Aristote avait repéré le caractère aporétique. Tout ce qui ne peut pas se stabiliser dans la présence, la métaphysique le refoule et l'exclut : la trace, la différence pure, la folie ou encore l'écriture psychique que décrit Freud. Et pourtant, dans les textes qu'elle produit, ces traces quoique scellées, effacées, gardées comme dans un tombeau, restent irréductiblement actives. Qu'il s'agisse de la phénoménologie ou de Heidegger, elles l'infectent, elle l'affectent par l'extérieur et par l'intérieur, comme spectres, traits ou images. La déconstruction des systèmes d'oppositions, des couples de signes qui caractérisent la métaphysique commence donc dans la métaphysique même.

 

2. En sortir?

Jacques Derrida parle de clôture de la métaphysique. Il désigne par ce mot ce qui arrive quand le logocentrisme se disloque de lui-même, tout en gardant ses privilèges. Avec l'émergence d'autres écritures (non phonétiques) et d'autres pratiques d'écriture, ce qui est en question est la civilisation du livre et son corrélat, la domination de la parole comme source d'autorité. L'une et l'autre se meurent. Mais cette mort n'est pas une fin. La métaphysique ne disparaît pas. Sa clôture annonce autre chose.

La stratégie derridienne est complexe. En prenant appui sur l'épuisement des concepts-limites de la métaphysique, sur ce qui en elle se disloque, sur ce qui soustrait le discours aux horizons ternaires, à l'autorité de la vérité et de la conscience de soi, il tente de libérer ce qu'il appelle dans ses premiers livres une science de l'écriture (la grammatologie), qui deviendra plus tard une pratique performative. Cette extériorité n'est ni produite, ni inventée, elle infecte d'elle-même le discours, par l'analyse et l'écriture. L'oeuvre de Mallarmé est exemplaire de cette rupture. Il ne s'agit pas de contenus nouveaux susceptibles de faire système, mais d'une promesse, d'un messianisme sans contenu. A partir des années 1990, l'élaboration derridienne tend vers un autre humanisme (un autre homme ou un homme autre), fondé sur des principes inconditionnels comme l'hospitalité, la justice, le don, etc.

Jacques Derrida reproche à Freud de s'être arrêté au bord du chemin. Il a ouvert des voies pour déborder la métaphysique, mais est resté tributaire de son histoire. C'est aussi le cas, sur un autre mode, d'Antonin Artaud. Mais lui-même a-t-il vraiment rompu avec la tradition logocentrique? S'il s'est confronté avec elle, c'est rarement de façon directe. Selon Jacob Rogozinski, il n'a pas détruit la métaphysique, il l'a incorporée en lui, encryptée. Si le deuil de la métaphysique est impossible, interminable, inconnu, on chute dans la mélancolie. Mais ce risque-là, Derrida l'avait calculé. Il a multiplié les prothèses, du don inconditionnel à la "vie plus que la vie" pour ne pas s'y arrêter.

 

 

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Propositions

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La métaphysique est l'exclusion de la non-présence

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Tous les discours destructeurs de la métaphysique habitent les structures qu'ils abattent et abritent un désir indestructible de présence pleine

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Le Cogito est un point-zéro où la raison et la folie, le sens et le non-sens se rejoignent en une origine commune

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Dans la tradition métaphysique, le point et l'espace sont pensés ensemble, dans la même circularité, à partir de l'espacement du temps

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L'omission de la question sur l'"être du temps" constitue la métaphysique comme telle

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Dans la tradition métaphysique, le logos est l'origine

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Comme la métaphysique, la phénoménologie affirme un lien d'essence entre le logos et la phonè

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Le signe n'est soumis à aucune logique - contrairement à ce que croit la métaphysique, il n'est ni précédé ni justifié par le logos

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Ce qui, dans l'espérance heideggerienne, relève de la métaphysique, est la quête du mot propre (premier mot de l'être), du nom unique

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La métaphysique humaniste ne se demande jamais "en quelle manière l'essence de l'homme appartient à la vérité de l'être"

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Tous les concepts de la métaphysique recouvrent l'étrange mouvement de la différence pure - ou auto-affection

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L'histoire de la métaphysique, qui se confond avec celle du logocentrisme, se produit tout entière comme réduction de la trace

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Dans le texte sans voix de la métaphysique, la trace est scellée, innommable; on ne peut que l'affirmer dans un certain rire, partout et toujours

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En ajoutant un quatrième terme, la dissémination derridienne détruit l'horizon ternaire, qui gouverne la métaphysique

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L'émergence d'une écriture non phonétique inaugure la déconstruction de toutes les significations du logos, dont celle de vérité

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L'écriture alphabétique est finie, terminée, débordée par l'expérience actuelle de l'image

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La dislocation du logocentrisme se présente aujourd'hui comme telle, libérant le projet d'une science de l'écriture (grammatologie) elle-même prise dans cette dislocation

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L'histoire de l'être comme présence et conscience de soi est close

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L'époque du signe, essentiellement théologique, ne finira peut-être jamais; mais sa clôture historique est dessinée

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Le texte de Mallarmé est exemplaire d'une rupture, une dislocation qui soustrait à l'autorité de la vérité

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Bien que la parole et l'écriture phonétique soient massivement restreintes par les nouvelles pratiques formelles, le livre ne meurt pas, il est enfermé dans sa clôture

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Déconstruire, c'est faire glisser les concepts jusqu'à leur point de non-pertinence, leur épuisement, leur clôture

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Il y a chez Derrida une mélancolie de la déconstruction : portant le deuil de la métaphysique qu'il garde incorporée en lui, il affirme : "Je vous dis que je suis déjà mort"

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Avec la mort de la civilisation du livre, ce qui s'annonce est une nouvelle situation de la parole : sa subordination dans une structure dont elle ne sera plus l'archonte

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Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi - promesse messianique sans contenu

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L'époque où la parole s'étend au-delà de la présence du sujet parlant est aussi celle où se répandent les pratiques d'écriture étrangères à l'ordre de la voix

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La pensée freudienne de l'après-coup, ce supplément originaire, est la seule qui ne s'épuise ni dans la métaphysique, ni dans la science

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Tous les concepts freudiens appartiennent à l'histoire de la métaphysique, c'est-à-dire au système de répression logocentrique qui exclut ou abaisse le corps de la trace écrite

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Artaud accomplit la métaphysique occidentale en en montrant la clôture

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Au fond de moi, je suis plus que tout autre un métaphysicien de la présence : je ne désire rien de plus que la présence, la voix, toutes ces choses auxquelles je m'en suis pris

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