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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, l'humain                     Derrida, l'humain
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 20 octobre 2005

[Derrida, l'humain, humanisme]

Autres renvois :
   

L'humain

   

L'humanisme

   

Derrida, l'animal

                 
                       

Jacques Derrida reprend à son compte le reproche fait par Heidegger à l'humanisme classique : il n'interroge jamais le concept d'homme. Quelle est son origine? Son histoire? Ses limites? En posant ces questions, on ne peut se borner à un seul trait (la pudeur, le langage, la raison, le logos, le rire, le deuil, le don, etc.), ni à une seule limite oppositionnelle, supposée indivisible (par exemple entre l'homme et l'animal). Il faut analyser la configuration, jamais close, des propres de l'homme, avec ses ruptures et ses hétérogénéités. En postulant une unité de l'homme - qui ne se distingue pas de celle de Dieu -, en entretenant le rêve d'une présence pleine et rassurante fondée sur une parole vive, supposée vraie, adéquate et authentique, l'humanisme classique reste une métaphysique. Cette parole fait toujours retour, y compris dans le Dasein heideggerien.

 

1. Le propre, question insistante.

Cette réserve essentielle n'empêche pas Derrida de poser la question, comme (presque) tout philosophe, du propre de l'homme - mais il la pose à partir d'une inquiétante étrangeté, d'une menace. Et si l'homme n'était qu'un fantôme? Et si son point de départ n'était pas en lui, mais dans un élément antérieur [voire extérieur] au langage (le gramme, ce concept irréductible et imprenable, qui structure le mouvement de l'histoire humaine)? Et s'il n'était rendu possible que par une double et paradoxale singularité :

- d'une part une supplémentarité, qui n'a pas de contenu déterminé, n'est rien de particulier - juste une virtualité, une différance. Des termes de la tradition occidentale comme passion, imagination, parole, liberté, perfectibilité, etc., désignent cette faculté de substitution d'un organe à un autre, d'un mot à un autre, etc., cette faculté d'invention, de production d'événements,

- d'autre part l'effroi devant cette supplémentarité lorsqu'elle menace ce propre de l'homme qu'on voudrait sacré, séparé. Cet effroi se manifeste comme un défaut originaire qui déclenche la pudeur ou la honte, la gêne devant le regard de l'animal qui voit l'homme nu, et aussi les pleurs, l'imploration.

Avec sa culture et sa civilisation, l'humain s'autoproclame comme celui qui se pose lui-même, celui qui, s'autoposant, peut revendiquer le propre du propre. Dans la langue française, on appelle cette faculté la bêtise. Poursuivre ainsi obstinément la question du propre, pour un homme, c'est bête. Si l'humain et l'animal se différencient, ce n'est pas par un critère déterminé (la raison, le langage, le rire, etc.), mais par l'articulation des programmes qui opèrent en eux, et un autre rapport à soi.

L'homme témoigne d'un double rapport au langage : d'une part, la possibilité d'en hériter; d'autre part, la capacité à promettre.

 

2. Ce qu'on appelle "humain" et ce qu'on appelle "animal".

Depuis deux siècles, les hommes sont engagés dans une mutation inouïe qui fait trembler les limites entre biologie, zoologie, anthropologie, vie, mort et histoire. Cette transformation est paradoxale. D'un côté, la violence à l'égard des animaux atteint des sommets; d'un autre côté, on ne peut plus nier leur souffrance. La distinction traditionnelle homme - animal - végétal, basée sur des frontières supposée stables, est mise en question. Jacques Derrida ne conteste pas la rupture abyssale qui sépare l'humain de l'animal, mais selon lui cette rupture est analysable, divisible. La limite qui les sépare n'est pas une ligne objective, c'est un récit, une histoire, une "limitrophe" complexe et plurielle, où la distinction entre le Qui et le Quoi ne se stabilise jamais.

L'Animal "en général" (avec un grand A) n'existe pas comme tel. C'est l'homme qui le désigne et donne des noms aux animaux - comme il est écrit dans l'un des deux récits de la Genèse. Ce faisant il peut dire "Je suis", il peut rapprocher le nom de l'homme et celui de l'être. C'est cette proximité (celle du logos) qui est ébranlée aujourd'hui.

Pour s'inscrire dans un autre rapport à l'animal, il faut revenir avant ce moment qui accorde à l'homme une supériorité [Tu les domineras, les assujettiras], avant la chute, avant la honte de la nudité. L'expérience du regard d'un animal, une simple chatte, fait trembler la frontière entre les hommes et les animaux, et aussi les limites de l'humain.

 

3. Le don de la mort.

S'il y avait une faculté spécifiquement humaine, ce pourrait être celle de donner la mort. Tous les discours des cultures occidentales concernant les animaux n'ont-ils pas une structure sacrificielle? Ne peut-on pas dire que la peine de mort, plus qu'un autre critère, est un propre de l'homme? Un humanisme, quel qu'il soit, peut-il se mesurer à un événement comme la "solution finale"?

D'un côté, la notion de crime contre l'humanité, mondialise l'idée d'une sacralité de l'humain, qu'il faut déconstruire. Mais d'un autre côté, il serait dangereux, criminel, de trahir l'humanité. Ce serait, aussi, ouvrir la voie du mal radical.

 

4. Les mutations d'aujourd'hui.

Partout, dans la technique, dans la politique, dans l'art, des forces s'exercent qui poussent à une sortie hors de l'humain. On ne peut maîtriser ces forces, ni les supprimer. Il faut les suivre pour que s'élabore un nouvel humanisme, un autre humanisme ou encore un autre homme, l'humanité d'un homme autre, un nouveau concept de l'homme, de nouvelles Humanités, etc. qui ne soient pas fondés sur une dénégation des apories de l'humanisme classique. Mais ces concepts ne peuvent pas être anticipés. S'ils sont mis en oeuvre, c'est à partir de "ce qui arrive", imprévisiblement, dans le monde d'aujourd'hui, et qui ne peut pas être pensé à l'avance.

Dans des lieux ou des espaces de résistance critique comme l'université, une production d'oeuvres singulières, une pensée affirmative du jeu, une méditation de l'écriture, peuvent "faire arriver" quelque chose à l'humain.

Entre l'"autre" humanisme et celui dont nous héritons, il n'y a pas d'opposition frontale. Il ne faut pas renoncer à la dignité de principe de l'homme [telle que postulée par Kant], mais la fonder sur autre chose : la justice, qui met en question toutes les partitions qui instituent ce qu'on appelle le sujet (adulte/enfant, homme/femme, humain/animal), voire ce qu'on appelait autrefois le génie, cette force monstrueuse, inhumaine, qui excède toute loi du genre. On ne peut plus limiter l'ouverture à l'altérité de l'autre à la dimension mystique, obscure, du mot "frère".

 

 

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Propositions

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Le nom humaniste de l'homme dans la pensée classique est celui de cet être qui a rêvé la présence pleine, le fondement rassurant, la fin du jeu

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Le système de la "parole vraie et authentique" s'appuie sur la responsabilité dans son sens le plus humaniste : s'acquitter adéquatement de ce qu'on doit (devoir et dette)

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L'humanisme n'interroge jamais le concept d'homme : il n'a ni origine, ni histoire, ni limite

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La distinction homme - animal - végétal est un dogme; s'ils se différencient, ce n'est que par un autre rapport à soi, toujours inscrit dans l'exappropriation

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Le concept de "crime contre l'humanité" introduit une mutation radicale, une conversion mondiale à la sacralité de l'humain

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Notre essence, c'est que nous héritons du langage pour témoigner du fait que nous avons la possibilité d'hériter

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Tout ce qui constitue le propre de l'homme dans le discours occidental tient à un défaut originaire : la nudité devant le regard de l'animal, qu'"il faut" cacher

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Selon Heidegger, la définition grecque la plus authentique de l'homme, c'est : "L'homme est le plus souverainement "unheimlich" parmi les étants"

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Dans l'humanisme dominant, l'homme est défini par sa capacité à inventer

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Dire "Je suis" pour l'homme, c'est laisser se perdre, se brouiller, s'effacer la trace ou la signature de l'animal en lui

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Tous les discours des cultures occidentales concernant les animaux ont une structure sacrificielle

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Les ruptures et hétérogénéités qui séparent l'homme de l'animal sont irréductibles à une limite oppositionnelle binaire, indivisible ou linéaire, comme "le langage"

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Entre "humain" et "animal", la rupture est abyssale mais la frontière ni une ni indivisible : c'est une limitrophie complexe, plurielle, que l'homme raconte autobiographiquement

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La question de la justice conduit à déconstruire toutes les partitions qui instituent le sujet humain : adulte/enfant, homme/femme, humain/animal, etc...

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Par structure, la liste des propres de l'homme forme une configuration jamais close : vêtement, pudeur, parole, raison, rire, deuil, sépulture, don, concept, etc.

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La méconnaissance de l'animal qui me regarde, s'adresse à moi, m'invite à me voir vu par lui, n'est pas une dénégation comme les autres : elle institue le propre de l'homme

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Les hommes sont engagés dans une mutation inouïe, sans précédent, de leur rapport aux animaux et aux limites entre biologie, zoologie, anthropologie, vie/mort, technique, histoire

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La perfectibilité est le propre de l'homme, car elle ne s'épuise pas dans la présence

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Entre la feinte animale et l'aptitude à "feindre la feinte" supposée exclusivement humaine par Lacan, il est impossible d'assigner une limite stable et indivisible

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L'homme est le plus inquiétant de tous les fantômes

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Aujourd'hui, ce qui s'ébranle est la proximité du nom de l'homme et du nom de l'être, telle qu'elle habite et s'habite dans la langue en Occident

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Quand on résume l'humanité de l'homme ou l'altérité de l'autre au mot "frère", on veut ignorer d'où ça vient, la portée politique de ce langage obscur

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On pourrait aujourd'hui appeler "sujet" l'expérience finie de la non-identité à soi, de la non-coïncidence avec soi - si ce mot n'était pas lié au "propre de l'homme"

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La supplémentarité rend possible tout ce qui fait le propre de l'homme

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Tout ce qui se désigne comme "propre de l'homme" relève de la différance supplémentaire

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Le gramme est l'élément irréductible, antérieur à tout système et à tout couple d'oppositions du type humain/anhumain

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L'émergence de la conscience intentionnelle fait apparaître comme tel, selon une structure de non-présence, le gramme, ce concept irréductible et imprenable

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Pour nommer l'homme, le distinguer des autres vivants, c'est à la notion de "programme" qu'il faut recourir : articulation dans l'histoire de la vie des possibilités de la trace

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Il y a dans l'art une étrange et familière (unheimlich) sortie hors de l'humain, un secret (Geheimnis) au coeur du plus intime de la présence

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Le langage humain se distingue du langage animal par le pouvoir de substituer un organe à un autre, c'est-à-dire la faculté d'articulation ou de supplémentarité

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Chaque fois qu'on se réfère aux droits de l'homme au-delà de la souveraineté de l'Etat-Nation, c'est au nom d'un "propre de l'homme" promis à une pensée qui ne se pense pas encore

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Les nouvelles "Humanités" à venir, sur lesquelles il faut travailler, traitent d'une idée ou d'un "propre" de l'homme qui implique toujours la promesse

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La bêtise est le propre du propre, le propre s'autoposant, se posant lui-même, dont l'homme avec sa culture est le témoin autoproclamé le plus bavard

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L'essence de l'oeil est le propre de l'homme : par l'imploration, les yeux sont dissociés de leur fonction organique afin de pleurer, déplorer

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Dans le couple "La bête et le souverain", la distinction entre le Qui et le Quoi vient à s'abîmer, à sombrer dans l'indifférence

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Il faut penser la "différance" entre l'humanisme classique et le nouvel humanisme : dans sa gestation, sa formation et le travail de son enfantement

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Une pensée affirmative du jeu, offerte à une interprétation active, inspire un nouvel humanisme au-delà de l'homme

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Ce qui se donne aujourd'hui à penser - une méditation de l'écriture qui passe l'homme, la raison, la science - ne peut s'écrire selon la ligne et le livre

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L'université devrait être "sans condition" : un espace de résistance critique, déconstructrice, où s'élaborent de nouvelles Humanités, un nouveau concept de l'homme

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Il s'agit, dans l'université, par l'événement de pensée que constituent des oeuvres singulières, de faire arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité

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Là où s'achève un concept de l'homme, l'humanité pure de l'autre homme ou de l'homme autre commence comme loi de la loi - promesse messianique sans contenu

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Pour Heidegger, l'homme (ou Dasein) est l'étant exemplaire dont la pensée est inséparable de la vérité de l'être

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La peine de mort est le propre de l'homme

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Trahir l'humanité, ce serait le parjure suprême, le crime des crimes, la faute contre le serment originaire, la tentation du fratricide comme possibilité du mal radical

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Aucun humanisme ne peut se mesurer à la "solution finale", cette chose sans nom; et pourtant il ne faut pas succomber à la tentation de l'irreprésentable ou de l'ininterprétable

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L'art participe d'une economimesis : économie pure où le propre de l'homme se réfléchit dans sa productivité

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Le génie est cette force monstrueuse, inhumaine, qui excède toute loi du genre : dans les arts, la littérature, la différence des sexes ou le genre humain en général

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L'expérience du regard sans fond d'un animal annonce l'ultime frontière apocalyptique, l'instant d'extrême passion où sont frôlées les limites abyssales de l'humain

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La supériorité inconditionnelle et sacrificielle de l'homme s'éveille depuis un temps d'avant la chute, d'avant la honte de la nudité - quand l'animal est nommé pour la première fois

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En laissant à l'homme solitaire et souverain la liberté de nommer les animaux, Dieu s'abandonne à la radicale nouveauté de ce qui va arriver : le pouvoir de l'homme à l'oeuvre

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