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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le commencement                     Derrida, le commencement
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 14 décembre 2005

[Derrida, le commencement]

Autres renvois :
   

Derrida, invention, avènement

   

Derrida, l'origine

   
                 
                       

1. Il est impossible de commencer.

Si la question du commencement ne cesse de se poser, ce n'est pas, ou pas seulement, que le commencement ne cesse de commencer (ce qui serait presque une banalité); ce n'est pas non plus (ou pas seulement) que cette question-là est inépuisable (aussi inépuisable que la métaphysique); cela va encore plus loin : c'est qu'il est impossible de commencer. Tout commencement est citation. Il consume un autre texte, il l'efface, il l'incendie, mais il le cite. Qu'y a-t-il, à l'origine de l'origine? L'archi-trace, cette trace originaire qui a disparu, a été raturée avant même d'avoir été saisie. L'origine n'a pas d'identité, elle n'a jamais été présente, même son nom est détruit.

L'écriture ne commence pas; ce qui commence à partir d'elle, c'est l'idée qu'il doit y avoir du commencement. Cette idée était déjà active à l'époque de Platon, quand il situait le lieu du commencement dans Khôra. Qu'est-ce qui commençait en ce lieu? Le mouvement de la dissémination. Il n'y avait ni engendrement, ni insémination, ni origine singulière : juste un déclenchement sans être ni essence, une pliure, la mise en oeuvre d'un espacement. Ça ne commence pas "à partir de", ça "vient-de-partir". Ce qui est déclenché n'est ni un monde, ni un univers, ni la vie : c'est un mécanisme que rien n'assure en-dehors de lui, rien de sensible ni d'intelligible, ni père, ni mère, ni législateur, ni généalogie, ni archonte. Car si l'archive prétend dire l'origine et s'organiser pour cela, ce n'est pas elle (ni nul autre) qui organise le commencement.

 

2. Un don d'avant le commencement.

L'événement fondateur, inaugural, qui structure l'expérience de toute croyance, de tout lien fiduciaire, ne peut appartenir à ce qu'il institue. C'est un don d'avant le commencement, avant la parole, avant la loi, un don qui semble ne rien donner mais qui fait, un coup de force, un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable. Il est inaccessible, injustifiable, hétérogène - comme le "vav" hébraïque.

Ce surgissement qui connote l'origine avant l'origine, on peut le dire génial.

 

3. Au commencement, deux et plus...

Contrairement à ce que croyait Jean-Jacques Rousseau, il n'y a pas de simplicité originaire. Le "zéro" était déjà dérivé (il l'était même avant la naissance, avant le langage, comme le dit l'oeuvre d'Artaud). C'est une ruine, un vestige, un supplément d'origine, etc....

Dès le déclenchement, la première trace est marquée par des effets de duplication, de miroir. Tout commence par une doublure (ainsi Platon qui redouble Socrate; à moins que ce ne soit l'inverse); c'est la loi de la dissémination. Le texte est un écho, une fable, une invention, un reste qui n'a ni destination, ni trajet propre, ni retour possible.

Pour entamer l'espace, il fallait d'abord s'en retirer (comme le trait du dessinateur) - et l'on ne revient pas sur ce retrait.

 

 

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Propositions

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Avant le commencement, avant la parole, avant la loi, il y a un premier partage, un don qui semble ne rien donner

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L'écriture ne commence pas : au contraire, à partir d'elle on met en question la requête d'un commencement absolu

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Il est impossible de commencer

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La khôra situe le mouvement, elle fait place à l'espacement, elle fait naître sans engendrer

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Il n'y a pas de première insémination ni d'origine singulière : le commencement est déjà dissémination, avant laquelle il n'y a rien

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Il n'y a ni degré zéro ni origine simple, car le commencement est toujours déjà un supplément d'origine

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- Et au commencement, il y a le "et"

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D'une force excessive par rapport à elle-même, la pensée chez Blanchot ne pense pas "à-partir-de", mais reconduit au "venir-de-partir" , avant l'éloignement du proche

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Khôra est le lieu où commence la dissémination

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Le commencement est un déclenchement de texte, où la présence n'est jamais présente

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La pensée n'est à personne car, depuis le commencement, le texte est citation

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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Loi de la dissémination : tout commence par une doublure

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Le mot "arkhè" nomme à la fois le commencement (l'originaire) et le commandement (l'autorité)

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Tout commence dans le pli de la citation

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Toutes les oppositions qui tiennent à la distinction entre l'originaire et le dérivé perdent leur pertinence dès lors que tout commence par le vestige

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La structure restante de la lettre, c'est que sans la menace de ne pas arriver à destination, son circuit n'aurait même pas commencé

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L'invention s'invente en inventant le récit de son invention : c'est une fable, un événement de langage où adviennent, en une fois, le même et l'autre

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L'opération qui revient à faire la loi - fonder, inaugurer, justifier le droit - consiste en un coup de force, une violence performative et interprétative

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La loi est fondée sur un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable, qui ne peut appartenir à ce qu'elle institue

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Dès le commencement, le discours d'assistance qui force à dire "je" (simulacre d'identité) prolifère avec le texte

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La généalogie ne peut pas commencer par le père - car il n'est d'éducation que dans la loi

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Au commencement de l'oeuvre, comme de tout autoportrait, il y a la ruine

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Le mot "génie" connote toujours l'origine, la naissance, la nature, le surgissement du commencement

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La structure disséminale, c'est qu'il n'y a pas de retour possible de la lettre

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Pour donner lieu à la vérité en peinture, il faut entamer l'espace : le trait commence par se retirer, il ouvre sans initier

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Entre nous, tout n'a-t-il pas commencé par une reproduction? [Devant Platon, qui montre la voie, c'est Socrate qui écrit]

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Pour Artaud, le lieu du surgissement de l'oeuvre est d'avant le langage, avant même la naissance

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La conjonction "et", comme le "vav" hébraïque, introduit par avance l'"heteros" dans ce qu'elle conjoint

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