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Heidegger, l'oeuvre d'art                     Heidegger, l'oeuvre d'art
Sources (*) :                
Martin Heidegger - "Chemins qui ne mènent nulle part", Ed : Gallimard, 1962, p88, "L'origine de l'oeuvre d'art"

L'origine de l'oeuvre d'art, ceci veut dire : l'origine du Dasein historial d'un peuple

   
   
   
                 
                       

Ce type de formulation, écrite en 1935, alors que Heidegger était membre du parti nazi, est évidemment plus qu'ambiguë. Faut-il vraiment un peuple pour porter une oeuvre d'art? Et celle-ci, qui ouvre un monde, doit-elle aussi "sauvegarder la terre comme la refermée"? Si l'on prend à la lettre les formulations d'Heidegger, on comprend qu'une oeuvre d'art puissse avoir une dimension d'ouverture (un monde, la vérité) et une dimension de fermeture (la terre, les matériaux dont elle est faite), mais si on les prend sous l'angle politique, on peut le dénoncer en estimant qu'à l'époque il voulait subordonner tout art à la langue, toute langue au peuple, et le peuple entier à une orientation politique criminelle. Ce débat mine tout rapport à Heidegger. C'est un fait qu'il fut nazi; mais s'il écrivit ce texte, à cette époque, c'est aussi pour se démarquer des nazis. On ne peut nier que tout art ait rapport à la langue, et qu'une langue n'existe que si elle est portée par des locuteurs, des générations d'humains qui lui donnent son sens, en un mot par un peuple. Le fait que le mot même de peuple fut déconsidéré par les nazis ne change rien à cette contrainte : il n'y a pas de langue vivante sans peuple qui la parle. Mais inversement, l'oeuvre d'art ne dépend pas d'un peuple ni d'une langue particulière. Nous sommes sensibles à toute oeuvre d'art, même provenant d'un peuple inconnu; et si cette oeuvre présuppose la langue en général, si elle présuppose qu'ait existé une langue particulière à l'époque de sa création, elle subsiste comme oeuvre d'art indépendamment de cette langue, et l'on peut ajouter ceci : plus la langue est inconnue, plus l'oeuvre est digne.

Pour Heidegger, l'essence de l'art est Poème; un poème est porté par la langue, et pour porter une langue, il faut un peuple. Chaque langue est avènement du dire dans lequel, pour un peuple, s'ouvre historialement son monde.

Pour un peuple, sa terre est le fonds qui se réserve, sur lequel il repose, avec tout ce qu'il est déjà, à lui-même encore secret. Tout ce qui a été donné à l'homme doit être tiré à la lumière hors du fonds réservé. La création est un "puiser" : elle puise dans le fond - ce n'est pas l'acte d'un sujet souverain, comme l'affirme le subjectivisme moderne. C'est l'éveil d'un peuple à ce qu'il lui est donné d'accomplir, comme insertion dans son propre héritage.

 

 

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