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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la bouche                     Derrida, la bouche
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 27 février 2006

[Derrida, la bouche]

Autres renvois :
   

Derrida, la voix

   

Derrida, la parole

   

Derrida, s'entendre parler

                 
                       

1. Avant.

Avant toute distinction, avant toute oralité, avant même la parole, au plus proche de la naissance, s'ouvre un lieu béant où corps et esprit ne font qu'un - même s'il n'y a aucune commune mesure entre eux. Avant toute identification à une figure, le sujet s'éprouve comme une bouche sans visage, autour d'un bruit. En ce lieu / non-lieu, ni sensible, ni intelligible, unique et paradoxal, deux espaces incommensurables s'ouvrent et s'écartent. C'est le lieu d'un espacement originaire, d'une pure auto-affection.

 

2. S'entendre parler.

Nous intériorisons notre existence par la bouche. Entre cette béance et l'oreille (et seulement là), nous pouvons entendre au présent notre propre voix. Dans le temps même où nous parlons, nous nous entendons parler. Ainsi se met en place une oralité exemplaire, une exemploralité dont on peut dire [mais ce n'est qu'une fiction] qu'elle est le modèle de tous les substituts, le lieu privilégié de toute idéalité. La bouche occupe alors la place d'un organe central du corps à partir duquel se hiérarchisent les valeurs : le lieu du logocentrisme, de l'unité divine du père et du fils, qui n'est ni le sexe, ni le cerveau, ni le coeur, mais l'espace fini délimité par les lèvres.

 La bouche s'affecte elle-même. Là où ça parle, elle prend plaisir; sans prendre rien au-dehors, elle met dehors. Chaque énonciation du "Je" est une profération, une performance qui ajoute un double, une copie, un supplément, à l'acte profératoire. Une loi de fiction se met en place, qui ne trouve son lieu que dans le remplacement, la prothèse.

Dans la logique cartésienne, comme l'explique Jean-Luc Nancy, l'homme ne peut accéder à la pensée du sujet que comme énonciation (Je suis), par une bouche qui forme un (o), en disant "Ego".

 

3. Dégoût.

Dans la bouche se manifeste aussi le dégoût, cet innommable, cet autre absolu du logocentrisme et de l'idéalisme transcendantal. On ne peut pas faire son deuil du dégoûtant, on ne peut que le vomir, rien ne l'arrête, son énergie est inassimilable.

 

4. Pouvoir, politique.

Entre la bouche et l'oreille est le lieu du pouvoir souverain qui, par dévoration / vocifération, oblige à entendre, écouter, obéir.

Dans un temps où les frontières se brouillent, où les concepts d'ennemi, d'hostilité, de politique semblent se retirer dans un fond san fond, s'ouvre une bouche béante, hurlante, mais sans voix.

 

5. Bénédiction.

La bouche est le lieu de la parole, et celui de l'expérience disséminale; le lieu de la présence, et celui de l'appel, de l'injonction. Dans le poème, la blessure des lèvres ne se ferme jamais. Même quand la bouche garde le silence, elle salue, elle bénit, elle porte l'autre.

 

 

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Propositions

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Avant toute oralité, s'ouvre l'espacement originaire d'une bouche

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Pour Kant, la bouche n'est pas un organe comme les autres : à partir de la voix s'organisent tous les lieux, se localisent tous les organes, se hiérarchisent toutes les valeurs

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Il n'y a aucune commune mesure entre le corps et l'âme; entre ces deux étendues s'ouvre un lieu ni sensible, ni intelligible : la bouche

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La buccalité (bouche, bucca), plus primitive que l'oralité (os, oris), est le lieu de l'espacement, de l'ouverture d'Ego

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Autour d'une bouche parlante, le poème salue l'autre, il le bénit, il le porte

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A l'origine du sujet, "Je se touche" au lieu béant de la bouche : événement d'une loi de fiction qui ne trouve son lieu que dans le remplacement, la prothèse

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L'orifice buccal ne cesse jamais d'être un lieu silencieux du corps; il ne devient parlant que par supplémentarité

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[L'homme accède à la pensée du sujet comme énonciation (Je suis), mais ne peut y faire face que par la bouche]

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Le sujet est un "Je" sans visage et sans corps, sauf au lieu de la pure auto-affection où ce "Je" se touche : la bouche

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Quand "ça parle" ou "ça exprime", la bouche s'affecte elle-même puisqu'elle ne prend rien au-dehors et prend plaisir à ce qu'elle met dehors

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Entre la bouche et l'oreille, une oralité exemplaire (exemploralité) met en jeu la structure auto-affective du "s'entendre-parler"

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Entre la bouche et l'oreille, la puissance de dévoration / vocifération du souverain oblige à entendre, écouter, obéir

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Avec la dissolution des concepts classiques d'ennemi, de politique, d'hostilité, s'ouvre une bouche béante, sans voix, qui hurle dans le fond sans fond du chaos d'aujourd'hui

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On ne peut rien substituer au dégoût : ni l'arrêter, ni l'encadrer, ni l'arraisonner, ni se demander "Qu'est-ce que c'est?", ni même le nommer

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Ce qui suscite le dégoût est innommable dans le système logocentrique : c'est l'autre absolu, indicible, auquel aucune représentation ne peut se substituer

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On ne peut pas faire son deuil du dégoûtant : on ne peut que le vomir

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L'énergie du dégoût reste toute autre, inassimilable et absolument refoulée

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Sevrés de toute finalité externe, nous intériorisons par la bouche notre existence libre et autonome, c'est-à-dire morale

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Penser l'être comme vie dans la bouche, dans l'unité du père et du fils, c'est le logos

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