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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Existe-t-il un art juif?                     Existe-t-il un art juif?
Sources (*) : L'hébreu vient d'au - delà du fleuve               L'hébreu vient d'au - delà du fleuve
Ruth Shararii - "Persévérance d'une voix", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 28 février 2006

 

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[Il existe, dans l'art contemporain, un courant qu'on peut qualifier d'art juif]

Autres renvois :
   

Qu'est-ce qu'être juif?

   
   
                 
                       

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Remarques préalables :

1. Nous évoquons ici l'art moderne ou contemporain. Ce qu'on appelait autrefois l'art judaïque (objets, livres ou bâtiments servant pour le rituel) relève d'une toute autre logique. Les peintres et sculpteurs qui représentent des motifs juifs n'entrent pas dans notre sujet.

2. L'art juif n'est pas sans lien avec des personnes juives. Toutefois de nombreux artistes juifs ne s'inscrivent en aucune façon dans l'art juif; et certains artistes non juifs s'y rattachent. L'appartenance communautaire n'entre pas en jeu dans ce dont nous parlons.

3. L'art juif d'aujourd'hui prolonge une tradition multimillénaire.

 

La notion d'art juif est soit contestable, soit énigmatique. Elle est contestable comme tout "art" soit-disant national ou ethnique, s'il n'est qu'un prétexte à l'affirmation d'une identité collective. Elle est énigmatique si elle se réfère à l'héritage juif, car cet héritage n'est réductible à aucune définition simple ou représentable. Entre la pensée, la religion, la tradition, voire l'expérience ou la psychologie juive et l'art, la relation est obscure. Chaque oeuvre singulière est à lire ou interpréter singulièrement; son rapport au judaïsme n'est qu'une de ses dimensions - mais elle existe, on ne peut pas s'en débarrasser, pas plus qu'on ne peut se débarrasser des juifs.

Partons de la question suivante : si Barnett Newman n'avait pas été juif, aurait-il peint de la même façon? Et Chagall? Et Soutine? Et Rothko? Et le peintre des fresques de Doura Europos? Et sans l'héritage juif, Anselm Kiefer ou Gérard Garouste - voire Oscar Kokoschka (qui n'étaient pas juifs) - auraient-ils peint de la même façon? Nous répondons résolument par la négative. Cela ne prouve pas qu'il y ait un art juif, cela prouve que la judéité n'est pas neutre. Le biais qu'elle instaure peut être pris sous différents angles.

Allons plus loin. S'il peut y avoir un art juif, c'est parce que art et judaïsme ont au moins un point commun : ils sont irréductibles à toute identité stable, à toute définition univoque et définitive. En ce sens l'art contemporain ressemble au judaïsme. On n'arrive pas à le situer, ni par le style, ni par les Ecoles, ni par les idées, ni par une forme quelconque. Il concentre en lui l'altérité. On ne peut pas le résumer à des critères ni à des valeurs. Il se dilue, se dérobe à toute saisie conceptuelle, comme la couleur. Il n'est pas étonnant qu'une telle indétermination fasse converger sur lui la haine des bonnes âmes.

Ce n'est pas la présence de Dieu qui est en cause, c'est son absence. C'est elle qui conduit au flottement, au mouvement, à l'étrangeté, à l'abstraction, à l'énigme inscrite dans les choses et les visages, au messianisme. Comme aucune idole ne peut venir à la place de ce dieu absent, c'est un souffle ou un silence qui le remplace, une présence intemporelle, et tout est chamboulé. Plus il s'éloigne, plus la mystique est désirable. La Cabale ne dit pas autre chose.

Une des dimensions de l'espace vocal contemporain est sa mobilité. Les juifs y trouvent leur place, car l'un des rares traits stylistiques de l'art juif est son rapport au mouvement.

En tant qu'il relève de la pensée juive, l'art juif n'est pas inscriptible dans l'histoire de l'art; inversement en tant qu'il s'inscrit dans l'histoire de l'art, il résiste à la pensée juive. L'art juif ne le sépare pas des autres peuples; au contraire, il l'en rapproche.

On critique aujourd'hui les juifs pour avoir trop de racines; on les critiquait autrefois pour n'en avoir pas assez.

S'il faut éviter l'idolâtrie, ce n'est pas seulement à cause de l'interdit biblique. C'est que tout art risque d'y chuter s'il tombe dans le cliché ou dans l'instrumentalisation. Tout art prend le risque de la falsification. La pétrification de l'idole et l'imprécision de l'image ne tiennent pas (ou pas seulement) à des motifs religieux. De même la question de l'image n'a jamais été définitivement tranchée dans la tradition juive, elle reste terriblement ambivalente à notre époqueL.

 

 

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Propositions

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[Un courant de la peinture exprime à sa façon une judéité sans judaïsme]

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La question de l'existence de l'art juif est étroitement liée à celle de l'identité juive

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Il n'y a d'art juif, c'est-à-dire de judaïsme dans l'art, que dans les oeuvres en relation avec la pensée juive

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Dans le judaïsme, la question des images n'a jamais été définitivement tranchée : elle est demeurée en suspens et controversée

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[La stratégie de l'art juif par rapport aux images, c'est de créer des oeuvres qui ne soient pas des idoles]

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[Prenant acte d'un retrait indéfinissable, la peinture d'inspiration juive se désintéresse de toute iconographie]

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Pour respecter le second commandement, la peinture juive doit échapper à l'immobilité

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[L'art juif trouve dans le mouvement son mode de représentation, participant de la création indéfiniment continuée]

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L'art juif est conceptuel et abstrait, il aspire à gérer la mouvance cosmique, à intégrer le réel à sa source primordiale

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[L'espace des peintres juifs est vocal]

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[La couleur donne à voir l'indicible, l'infigurable]

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[La peinture de Morris Louis en appelle à l'expérience absolue de l'oeuvre picturale : une présenteté atemporelle, l'innocence d'un "mot" unique, nouveau et indicible]

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"Art juif" est indéfinissable, car "art" est indéfinissable, et "juif" aussi

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Si l'art juif est celui qui est fait par les artistes juifs, il n'est ni descriptible ni inscriptible dans l'histoire de l'art

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On ne peut arrêter en soi l'obscure et incertaine expérience de l'héritage juif

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La certitude de l'absence du Dieu juif définit la modernité et commande toute l'esthétique et la critique modernes

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Certains courants comme l'abstraction, l'expressionnisme abstrait ou l'art conceptuel semblent avoir des liens étroits avec l'interdit iconique et les tentations mystiques juives

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S'il y a quelque chose de juif dans les productions d'art, c'est au coeur de l'oeuvre individuelle, en profondeur, qu'il faut le chercher

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Le discours dirigé contre les avant-gardes rejoint dans les années 20 les reproches faits aux juifs : dissoudre la tradition, dénaturer l'art national, manquer de racines

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La relation du judaïsme à l'art passe autant par les historiens d'art que par les artistes

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L'art judaïque disparaît au moment précis où la notion d'art juif comme catégorie de l'histoire de l'art est construite, vers 1853

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L'art juif est un art créé par des artistes juifs où l'on peut trouver des aspects de l'expérience juive, qu'elle soit religieuse, culturelle, sociale ou personnelle

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L'idée d'un art juif spécifique, d'essence populaire, est dépendante du projet national juif

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Par l'art, le judaïsme a un lien avec les peuples qui l'entourent

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[L'art juif traduit les promesses messianiques]

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L'expressionnisme est un courant juif de l'art car étranger, cosmopolite, coloré, violent, sans métier, sans forme, incohérent

 

 

 


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