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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Hypothèse de la vue : la restituer                     Hypothèse de la vue : la restituer
Sources (*) : Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait               Il faut à l'oeuvre un sacrifice, un retrait
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 2 avril 2006 Derrida, le dessin

[Hypothèse de la vue : dans le dessin ou la peinture, il s'agit de restituer la vue par suppléance, supplémentation ou substitution]

Derrida, le dessin
   
   
   
Derrida, la peinture Derrida, la peinture
Derrida, l'art, l'oeuvre               Derrida, l'art, l'oeuvre    
L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire                     L'oeuvre derridienne, vaccin contre le pire    

1. Les hypothèses de la vue.

Jacques Derrida développe son "hypothèse de la vue" dans un texte de 1990 intitulé "Mémoires d'aveugle" (mémoire au pluriel, aveugle au singulier). Ce texte s'organise autour de l'hypothèse d'un aveuglement, c'est-à-dire d'un retrait, ce mot conceptualisé dès 1978 à propos de l'Entziehung heideggerien dans un autre texte, Le retrait de la métaphore (in Psyché, Inventions de l'autre, tome 1). L'hypothèse de la vue n'est ni une, ni indivisible. Derrida tient à en citer plusieurs, qui se croisent sans se confirmer ni se vérifier l'une l'autre - car cette hypothèse doit rester une spéculation, et jamais une thèse [en effet le point de vue thétique est incompatible avec la logique du retrait]. Voici donc ces hypothèses :

- L'opération du dessin commence par un temps d'aveuglement, un temps pendant lequel le dessinateur est aveugle. En traçant un trait, il perd la vue, mais cette vue lui est restituée par le reste de cette opération : le dessin. On trouve déjà cette thématique dans un autre texte paru en 1978, l'article qui clôt le recueil La vérité en peinture, intitulé justement :"Restitutions".

- celui qui dessine un aveugle se dessine lui-même en tant que dessinateur aveugle. Chaque fois, par cette sorte d'autoportrait, il invente à nouveau la "puissance" dessinatrice. Chaque dessin rejoue l'origine du dessin, sa possibilité, qui elle aussi gît ou réside dans le retrait.

- (hypothèse supplémentaire) : malgré quelques rares figures féminines, le dessin est hanté par une filiation père/fils (Mémoires d'aveugle, note 1 p15). Dans cette filiation singulière, c'est le père qui se retire devant le fils; troisième mention, donc, du retrait. A noter que, pour Derrida, la logique sacrificielle de la filiation n'est pas oedipienne : hériter n'est pas tuer, c'est prendre acte d'un retrait.

Que ces trois hypothèses (voire plus) soient assemblées en une seule, appelée "hypothèse de la vue", montre qu'il n'est pas seulement question du dessin, mais de la vision en général. Voir, c'était déjà dessiner; dessiner, c'est à chaque fois rejouer, ou mettre en oeuvre, la question du retrait; et oeuvrer, c'est laisser venir, aveuglément, le trait invisible.

 

2. L'aveuglement.

 cf : [Derrida, la vision : pleurs et aveuglement] §1 et 2.

 

3. L'archi-trait.

Pour qu'il y ait dessin, il faut qu'il y ait eu, au commencement, retrait de la vue, un frayage à partir duquel le trait du dessin a été tracé, laissant à son tour la place à la figure. Sans ce trou, cet oeil crevé (comme celui du Cyclope), cet aveuglement initial, il n'y aurait même pas eu de trait.

Le dessin d'aveugle est paradigmatique de l'acte de dessiner car tout dessin présuppose une perte initiale qu'il vient effacer en rendant la vue. Tout dessin est une compensation pour cette perte vécue comme un châtiment. Toute peinture restitue, "rend" quelque chose (une fiabilité, une vérité). Si elle exhibe son manque, c'est pour le déborder.

 

4. Le dessin.

Puis le fil se déroule : substituer les mains à la vue, un fils à un autre (ou à son père), des artefacts au visage nu, le trait à la vision, l'invisible au trait, la pensée à la vision, le spectateur au miroir, etc... On aboutit à la mimesis (le dessin remplace l'objet) ou à l'appropriation par le spectateur ou le critique d'art, qui "projette" ses identifications, comme l'ont fait Heidegger et Schapiro à propos des chaussures de Van Gogh.

 

5. L'autoportrait.

Quand on regarde un autoportrait, cet oeil qui nous regarde semble être celui du dessinateur. Mais le dessinateur, lui, a disparu, il s'est retiré - et bien souvent il est déjà mort. Qui est celui qui nous regarde alors? Quel est ce regard aveugle? Si nous croyons qu'il s'agit d'un autoportrait, alors nous nous trouvons en face d'une sorte de miroir. Ce regard aveugle qui nous regarde, c'est le reflet de notre regard, le regard du spectateur, cet autre que le dessinateur, lui, n'a jamais vu.

 

6. Implorance.

En perdant les yeux, l'homme implore. Faute de pouvoir s'appuyer sur le regard, il commence à penser. Peut-être cette capacité d'imploration ou de déploration (les pleurs et les larmes) est-elle l'essence de l'oeil, voire le propre de l'homme. Quoiqu'il en soit, ce temps d'arrêt, de suspens du regard, c'est celui où se fait et défait la croyance, où la ruine se met en ordre. Ce pourrait être, spécifiquement, le temps de l'oeuvre.

cf : [Derrida, les pleurs, l'aveuglement et la vision] §3.

Il lui faut invoquer une bénédiction, qui lui donnera la force de bénir lui-même, comme Isaac et Jacob dans le récit biblique.

La vision est descriptive, constative, mais les pleurs sont performatifs. Ils transforment une situation.

 

 

 

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Propositions

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[Derrida, la vision : pleurs et aveuglements]

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[Derrida, l'archi-trait]

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[Derrida, le dessin]

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Avant toute perspective, avant que tout trait soit tracé, un frayage invisible, originaire, hante le dessin, qu'on peut nommer : "aperspective de l'acte graphique"

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[Pour rendre ou restituer une vérité, la peinture doit être fiable : offrir une alliance originaire, antérieure à tout produit ou objet symbolique]

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Tout dessinateur est aveugle, ou sinon c'est l'opération du dessin ou le dessin lui-même qui compose avec l'invisible

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Dans l'acte de tracer, le trait du dessin s'éclipse, se retire; dans ce qu'il sépare ou différencie, rien ne lui appartient, pas même sa propre trace

-

Au commencement de l'oeuvre, comme de tout autoportrait, il y a la ruine

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Une oeuvre [d'art] exhibe son propre manque : en cela elle se suffit à elle-même et se déborde, se supplémente

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Hypothèse de la vue selon Jacques Derrida : "l'homme commence à penser les yeux en les perdant, et alors il implore"

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Hypothèse de la vue : pour faire et défaire la croyance, il faut un temps d'arrêt, d'aveuglement, de suspens du regard, d'imploration

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Nous sommes irrémédiablement aveugles : toute vue est une vue de l'esprit

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La vision de l'oeuvre est conditionnée par le regard ou la voix d'un autre, spectateur supposé qui est, lui, dérobé à la vue

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Il n'y a pas d'autoportrait; s'il y en avait, il assignerait d'abord sa place au spectateur

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En se retirant, le trait du dessin laisse une parole, une rhétorique qui articule un ordre du discours

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La peinture rend, restitue, réajuste ou complète ce qui s'est retiré, hors d'usage, hors du tableau

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Il y a dans tout dessin d'aveugle un autoportrait du dessin dans son origine, qui spécule sur sa propre possibilité

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L'aveugle, comme le dessinateur, se sert des mains pour échapper à l'obscurité, tandis que les prisonniers de la caverne platonicienne font appel aux idées et à la voix

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Tobit voit dans son fils qui lui rend la vue et dans l'ange invisible qui l'a guidé l'origine même de la capacité de voir

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Heidegger et Schapiro veulent tous deux s'approprier les chaussures peintes par Van Gogh

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