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Plaider pour la peinture                     Plaider pour la peinture
Sources (*) : Sur le Contemporain               Sur le Contemporain
Winona Kiljeen - "Un art sans équivalent", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 4 avril 2006

 

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[Plus les frontières des arts se brouillent, plus ils sont hantés par la peinture - ce coeur battant des arts visuels]

Autres renvois :
   

Derrida, la peinture

   
   
                 
                       

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A peine remise de la concurrence acharnée que lui oppose la photographie depuis un siècle et demi, la peinture doit faire face à une foule d'autres genres qui, de tous côtés, la remettent en question : cinéma, arts vivants (de la danse aux performances), installations, vidéo, arts du web ou issus d'autres technologies (par exemple la radiographie). Pourtant elle reste vivante et bien vivante. S'il y a toujours de nouveaux peintres, y compris parmi les jeunes générations, c'est parce que la question que pose la peinture n'est pas encore obsolète. Comment s'inscrire dans le discours tout en étant composée d'éléments ininscriptibles, oubliés, latents ou indescriptibles comme le trait ou la couleur? Du simple fait de son existence, la peinture porte cette interrogation. Art discursif, langagier, et aussi art muet, radicalement hétérogène au discours, elle nous plonge dans un abyme. Son énigme est celle de la visibilité. C'est cette duplicité qui fait son charme et la rend éternelle, malgré les concurrents féroces qui réclament sa place dans les musées et les galeries.

Partons de deux formulations basiques et opposées. a) la peinture n'est qu'une surface plane recouverte de couleurs; b) elle représente. Que ces deux aspects soient ou non exclusifs l'un de l'autre, cela ne suffit pas. Pour qu'il y ait vraiment peinture, il faut encore autre chose, un jeu particulier, une magie, une charge pulsionnelle, une séduction, un travail, une dimension philosophique ou métaphysique, inconsciente ou sauvage. Il faut qu'elle donne à penser, qu'elle change le monde. Le sujet qui tente de s'y repérer n'est pas celui de la vie courante, mais celui dont le regard, chargé de désir, est à la recherche et à l'écoute du fait pictural.

Regarder un tableau, c'est assumer un héritage refoulé. Son harmonie n'est qu'apparente, à la merci des montages, des empreintes et des couleurs qui s'y inscrivent.

Un tableau nous intéresse parce qu'il témoigne de l'art de celui qui l'a peint, et aussi d'une vérité, d'une urgence qui touche aux fondements. Il répond à un manque.

Qu'est-ce que le tableau donne à voir? La matérialité des couleurs? L'objet? Le monde? L'idée? La voix? Ou le regard, la vue elle-même?

Pour certains, la peinture est intemporelle; pour d'autres, elle est un rapport à la durée, une crise ou un cristal de temps.

Une peinture est unique, contrairement à une reproduction, et cette unicité reste un horizon de l'art, malgré les défis dont elle est l'objet.

La peinture fascine parce qu'elle est le lieu d'un silence.

 

 

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Propositions

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Un tableau est essentiellement une surface plane, recouverte de couleurs, en un certain ordre assemblées

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Le tableau présuppose le pur art de la peinture en elle-même

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Il y a deux façons de voir la peinture : en tant que signe (vision) ou en tant que matière colorée (visuel)

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Une image peut être dite "picturale" s'il y a jeu, déplacement entre les termes

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La peinture procède de l'inscription d'une charge pulsionnelle

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Savoir peindre veut seulement dire savoir représenter

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La peinture est l'art cosmétique par excellence, celui qui exerce sa séduction dans la plus grande autonomie à l'égard du réel et de la nature

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Avec la peinture de la Renaissance, la pensée religieuse cherche à incorporer le monde nouvellement découvert dans un système de valeurs transcendantes

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Contre le modèle grec, la peinture comporte une dimension philosophique

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La renaissance de la peinture au 17ème siècle est inséparable de la renaissance de la rhétorique cicéronienne

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Qu'est-ce que la peinture laisse en héritage sinon le langage?

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La peinture est une poésie muette et la poésie est une peinture parlante

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La peinture se passe de langage, demeure hétérogène au discours et lui interdit tout surplomb

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Dans la peinture, un élément sauvage, irreprésentable, résiste à l'échange entre représentation et discours

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L'esquisse est le moment premier de l'oeuvre qui précède l'ébauche : le geste originel, inconscient, qui bouleverse les règles de la pensée que le tableau terminé reflètera

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Il y a dans l'occupation du peintre une urgence qui passe toute autre urgence, un droit de regard sur toute chose, sans aucun devoir d'appréciation

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On peut préserver l'art de peindre en résistant, par un travail véritable, à l'économie du signe

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Le peintre, quel qu'il soit, pendant qu'il peint, pratique une théorie magique de la vision

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La peinture donne à penser, elle appelle des paroles, mais se veut et se doit inénarrable

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Dans un tableau de peinture figurative comme dans le rêve, "ça montre", "ça se présente", "ça regarde", "ça représente" et "ça se voit"

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[La couleur est le sensible de la peinture, cette composante irréductible de la représentation qui échappe à l'hégémonie du langage]

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Le corps est tapissé d'empreintes - l'une des formes du pathos à quoi le peintre a choisi de s'affronter dans la peinture

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La tâche du peintre est de donner l'image de ce que nous voyons, en oubliant tout ce qui a paru avant nous

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Peindre, c'est d'abord colorier : ce sur quoi bute la théorie de la mimesis

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[Pour qu'il y ait peinture, il faut que je sois regardé : que le tableau soit dans mon oeil, et que moi je sois dans le tableau]

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A la différence de tant d'installations qui n'ont d'autre objet que d'assurer le spectateur de sa place, le tableau contraint le sujet à s'y prendre ou à y regarder autrement

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Dans la peinture contemporaine, en l'absence de production d'un fait pictural, le tableau n'advient pas et le sujet ne trouve pas à s'y inscrire

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Les tableaux ne durent que dans la mesure où ils témoignent de quelque chose de plus, dans l'art de celui qui les a peints

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L'étrange entreprise de la peinture est de donner à voir la voix

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Un tableau est un cristal de temps

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La peinture nous montre toutes les parties d'un visage en même temps comme plusieurs voix liées ensemble dans une douce harmonie

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Le tableau répond à ce qui manque au peintre, à ce qui manque au monde pour être tableau, à ce qui manque au tableau pour être lui-même

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En apportant son corps, en le prêtant au monde, le peintre change le monde

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"Art contemporain" est le nom qui désigne ce qui vient prendre la place de la peinture en tant que dispositif d'exhibition ou forme de visibilité de l'art

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Un aspect de la crise de la peinture est qu'à une époque où l'oeuvre d'art prétend s'adresser aux masses, elle ne peut pas s'offrir à une réception collective simultanée

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La peinture est l'usage des terres colorantes

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La peinture est le lieu d'une auto-affection où l'image s'entend, dans la tension d'un silence

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[La peinture ne célèbre jamais d'autre énigme que celle de la visibilité]

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Tout l'effort moderne de la peinture pour se dégager de l'illusionnisme a une signification métaphysique : la profondeur que Cézanne a recherchée toute sa vie

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Le passage à l'abstraction s'entend comme crise des fondements, du type de celle qu'ont connu les mathématiques

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La peinture chrétienne met en oeuvre une allégorie qui, en ordonnant la vision charnelle à la vision divine, convertit le regard

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La peinture du 21ème siècle devra assumer l'héritage de l'abstraction, tout en affrontant ce qui en aura fait le refoulé

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Lorsqu'ils parlent de peinture, les philosophes semblent particulièrement affectionner les chaussures

- James : Ce qui s'est passé dans la poésie pour le vers alexandrin semble arriver maintenant pour la peinture dans les arts visuels. Etant donné qu'aucun poète crédible ou sérieux n'écrit plus en alexandrin, on imagine qu'il est sorti des esprits. Mais il n'en est rien, et pas seulement à cause de quelques pasticheurs ou écrivailleurs du dimanche. Ce qu'on évite reste sous-jacent, implicite. On n'en parle plus mais son rythme continue à habiter la langue comme une ritournelle. La peinture n'a pas connu un sort si funeste : on en trouve encore sur les murs des salons et sous les cimaises des galeries (sans parler des musées et des livres d'art). Mais tous ceux qui l'ont abandonnée ou qui croient l'avoir abandonnée n'en sont pas quittes. Elle ne va pas s'arrêter comme ça de les hanter, même s'ils prétendent être passés à une autre phase.

 

 


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