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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Yhvh                     Yhvh
Sources (*) : L'hébreu vient d'au - delà du fleuve               L'hébreu vient d'au - delà du fleuve
Guideon Berto - "La Bague ouverte", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 8 mai 2006

 

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[Le tétragramme Yhvh]

Autres renvois :
   

Dieu

   
   
                 
                       

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Nous n'écrivons pas le tétragramme (et le prononçons encore moins), nous ne pouvons que le nommer avec ses lettres hébraïques (יהוה), nous ne faisons que l'évoquer en le transcrivant en lettres latines (Yhvh).

Dans la tradition hébraïque, il n'y a pas de mot pour Dieu. Le mot désignant la divinité est "Chem" (qui traduit, en hébreu, le mot "mot"). Alors, qu'est-ce que le tétragramme? Ne nous précipitons pas pour lui trouver une place dans l'être. Ce nom qui n'a pas de signification, qui ne renvoie à rien de substantiel, nomme le langage même, en-deça de son origine. Il n'est rien, ni l'être, ni le sens, ou s'il est quelque chose, c'est soit le nom de l'être, soit quelque chose qui n'a pas de nom, qu'on ne peut pas lire avec ces quatre lettres. Imprononçable, il se retire hors de la voix, il en est l'envers.

Quand on lui demande son nom, il répond par une formulation intraduisible [pour aller au plus simple : Je suis ce que je suis], ou plus exactement : autant de formulations que de théologies possibles.

Parlant à la première personne ("je"), il nous invite, nous aussi, à dire je. Il ne prescrit rien d'autre que la liberté. N'est-il pas dans chaque nom? Et en particulier ce qu'on n'entend pas dans chaque nom?

On dit qu'il a parlé à Moïse et à quelques autres, mais à nous, il ne nous parle pas. S'il nous parlait, sa présence serait totale; mais il reste muet, sans jamais apparaître. S'il se révèle, c'est uniquement comme trace d'un retrait absolu dont il ne reste quasiment rien, sauf peut-être cette trace de son nom : יהוה.

On dit parfois qu'il clame son nom, mais ce qu'on entend, c'est autre chose, par exemple Adonaï, son nom commun, ou Babel, ce babillage confus. Chaque fois, il divise le nom indicible. C'est un nom qui déconstruit son nom, comme il déconstruit la tour.

Ce nom est-il universel? Il le serait, peut-être, autant que la justice.

 

 

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Propositions

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Pour la Cabale, le Nom divin est à l'origine de tout langage

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[Avec le Juif va son nom, l'imprononçable]

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La voix est prononçable, et son envers est le Nom imprononçable

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Le propre du tétragramme est son retrait hors de la voix

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Dans la tradition talmudique, il n'y a pas de mot pour Dieu : le mot désignant la divinité est "Nom"; et de ses noms, déjà, elle se retire

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Yhvh est l'absolu de la liberté humaine, une parole qui sape tout pouvoir de l'intérieur

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[Chaque traduction du "Ehieh Acher Ehieh" biblique s'accorde à une autre théologie]

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La négation n'est rien; seul l'être est, et le tétragramme ("Yhvh") est son nom (Chem havayah)

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Dans le monothéisme, le nom de Dieu [Yhvh] nomme le langage même

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L'expression biblique "Ani Yhvh" [Je Yhvh, qu'on peut traduire par "Je suis Dieu"] est l'expérience de la loi comme contrat d'alliance, qui associe le fini et l'infini

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En substituant "Adonaï" à "Yhvh" (le nom prononcé au nom écrit) dans la lecture du "Ani Yhvh" de la torah, le lecteur récapitule ce qui, sur lui, est souverain

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La sériature derridienne, définie à partir de la pensée de la trace chez Lévinas, renvoie au re-trait ab-solu du nom révélé de Dieu

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Jacques Derrida déconstruit, comme Aboulafia, le nom commun de dieu (Adonaï) pour laisser la dérive du nom suivre son cours (Yhvh)

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Ce qui excède l'époque du logocentrisme (celle qui, comme histoire, clôt le savoir) n'est rien : ni la présence de l'être, ni le sens, mais autre chose qui n'a pas de nom

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En clamant son nom divisé, Dieu-Yhvh-Babel déconstruit la tour et (inter-)rompt la lignée des Sémites

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Avec le jugement de Salomon, la religion yahviste devient une pensée universelle

 

 

 


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