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Manuelle Astorba - "La contamination des corps", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 20 février 2002

 

Deux cavaliers et figure penchee (Kandinsky, 1909) -

L'image amplifie le pathos

L'art contemporain subit l'attraction/répulsion d'un trou esthésique

L'image amplifie le pathos
   
   
   
Le sensible au coeur de l'art Le sensible au coeur de l'art
La perspective immédiate               La perspective immédiate    
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L’extraordinaire mutation de la peinture moderne entre 1865 et 1914 peut se présenter comme un retour à la sensation. Cela ne signifie évidemment pas que la sensation picturale avait auparavant disparu, ni même qu’elle ait été menacée! (quoiqu’un certain académisme...) Cela signifie qu’on a ressenti, pour une raison ou une autre, un désir d’y faire retour, et qu’on a joint l’acte à la parole. Que ce désir se soit présenté sous l’habit de l’expressionnisme, du primitivisme, du réalisme, du japonisme, du symbolisme (nabi ou pas), de l’impressionnisme ou d’un autre isme ne change pas grand’chose à l’affaire. Certains parmi les peintres, d’horizons très divers, de Gauguin à Kandinsky, ont cru nécessaire de restaurer la sensation, ou même, plus radicalement encore, de la réinventer. Et voilà, ils y ont réussi! C’est cela, cette réussite, qu’il faut analyser.

Ce qui est paradoxal dans cette évolution, c’est qu’elle aboutit à la fois à l’expression très forte, voire violente, de toutes les sensations et de tous les sens, et à leur exclusion progressive d’autres pratiques artistiques, voire parfois des mêmes, qui en sont comme le pendant.

Prenons le cas des Nabis. “Talisman”, de Sérusier, se veut une oeuvre purement sensorielle. Mais la pratique des Nabis évolue vers le symbolisme.

Autre cas, encore plus frappant : celui de Kandinsky. Kandinsky aura toujours affirmé la prévalence sensorielle de la couleur. Mais c’est le plus spirituel des artistes. Il va au bout de sa démarche.

Inversement, Duchamp, si peu sensoriel dans “La mariée et ses célibataires, même”, joue dans ses rotoreliefs de l’effet inverse.

Le même parcours est suivi dans d’autres domaines de l’art, comme la musique. Le jazz, le rock et leurs avatars ont pour horizon un vécu immédiat (rythmique, vibratoire et berçant), exactement contre-balancé par certaines tendances contemporaines qui réussissent avec une étrange efficacité à exténuer l’esthésie de la vie sociale.

 

 

C'est un point particulier, un point singulier, qui attire et repousse à la fois. Quand ce point est attractif, l’art vise la sensation pure. Tous les moyens concevables sont explorés, de la performance corporelle à l’usage massif des couleurs ou des sons. Quand ce point est répulsif, on atteint une quasi-perfection dans l’effacement de la sensation. Entre les deux dimensions, l’équilibre est instable. Mais dans tous les cas, on n’y échappe pas.

Difficile de repérer les origines historiques du trouage. Elles remontent certainement aux débuts de la modernité. Il y a dans les années 1890-1910 quelque chose comme un basculement. Ce passage exerce encore aujourd’hui une fascination intacte.

Alors que Lessing avait fondé l’art moderne sur l’idée de séparation de la peinture et de la poésie, on revient au début du vingtième siècle à un rapprochement étroit des différents arts.

Tous les arts se croisent quelque part, mais où? Je suppose l’existence de ce point singulier que j’appelle trou esthésique. Ce point n’est pas le seul point de croisement. J’espère bien en décrire d’autres. Mais il est le lieu de phénomènes assez particuliers et déterminants, qui en font un point central.

A partir de ce point, une nouvelle perspective peut se développer, la perspective immédiate, qui prend son départ dans une esthésie de tous les sens.

Dans une culture esthésique où prime la sensation, la parole ne peut pas se présenter de la même façon que dans les cultures où prévalent l’autorité et le commandement. Elle prend la forme de voix. C’est ce qu’avait pressenti, par exemple, Schwitters dans son Ursonate (ou Freud). La voix est un compromis qui permet de participer à l’esthésie, de révéler le trou tout en le masquant.

On trouve de très nombreuses références à ce trou dans les années 1890-1914.

Exemples :

- Scriabine hallucine une synthèse esthésique fondée sur de mystérieuses relations entre sons et couleurs, comme de nombreux contemporains (Kandinsky, Klee). Il a développé vers 1910-12 son projet de Misterium, qui devait "allier toutes les séductions des sens, sons, danses, lumières et parfums, en un rituel qui devait être célébré dans un temple hémisphérique".

- l’expressionnisme.

- Picasso reflète de façon incroyablement précise l’ambivalence du trou.

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Nos contemporains ont été tellement effrayés par le creusement de ce trou qu'ils ont réagi inverse : la sensibilité a été expulsée de l'art. C'est ainsi qu'on en est arrivé à l'art contextuel, conceptuel, minimaliste et autres...

 

 

 


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