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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Le tout autre du principe de plaisir                     Le tout autre du principe de plaisir
Sources (*) : L'inconscient, autre scène               L'inconscient, autre scène
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 31 mai 2006 Oeuvre, différance, pulsion de mort

[Dans le principe de plaisir qui, selon Freud, domine la vie psychique, est à l'oeuvre, en silence, le "tout autre"]

Oeuvre, différance, pulsion de mort Autres renvois :
   

La pulsion de mort

   

Derrida, plaisir, jouissance

   
Les mots de Jacques Derrida Les mots de Jacques Derrida
Derrida, Freud, la psychanalyse               Derrida, Freud, la psychanalyse    
Derrida, la mort                     Derrida, la mort    

1. Un principe premier, au commencement et au commandement.

Freud a conçu, dès l'origine de la psychanalyse, le principe de plaisir (PP) comme le principe premier, dominant, de la vie psychique. Par principe, une diminution de la quantité d'excitation devait se traduire par un plaisir, tandis qu'une augmentation devait se traduire par un déplaisir. La particularité de ce principe (ou d'un principe en général), c'est qu'on présuppose une tendance qu'on est incapable de vérifier - en tous cas selon les critères usuels de la vérification. Que l'expérience immédiate ne vienne que rarement le confirmer n'est pas considéré comme une objection valable, car il peut prendre des chemins détournés sans être fondamentalement remis en question. C'est ainsi que Freud a inventé le principe de réalité comme corrélat du PP. Un organisme peut provisoirement supporter un déplaisir, dans l'espoir de rencontrer, plus tard, le plaisir attendu. Jacques Derrida fait remarquer qu'une telle hypothèse n'est ni théorique, ni scientifique, ni philosophique. Ce n'est même pas une thèse, c'est une athèse, une production performative du texte freudien qui, malgré les références scientifiques, ne peut être prouvée ni justifiée autrement que par son énonciation.

Cela conduit Derrida à avancer, à son tour, une affirmation : le PP selon Freud n'engage que lui-même. Dépourvu de véritable opposant (puisque le principe de réalité est à son service), il affirme son autorité sur la vie biologique et psychique. Même si sa crédibilité ne tient qu'au récit du père de la psychanalyse. Il parle haut, comme un maître absolu, il met les pulsions à son service, fait croire en sa souveraineté, se pose comme source de vérité. Sa maîtrise est la maîtrise en général. On peut la rapprocher de la pulsion d'emprise (que Derrida nomme la pulsion de pouvoir) qui règle, entre autres, la capitalisation de la jouissance.

 

2. Des altérités qui émergent dans le PP même.

- 2a. Mais Freud, lui-même, a buté sur une objection majeure dont il fait état dans Au-delà du principe de plaisir. Si le PP vise, au plus vite, la chute de l'excitation, c'est-à-dire la mort, pourquoi y a-t-il cette chose qui s'appelle la vie? Quelle est la source de l'Eros? L'explication freudienne, c'est que, pour arriver à terme, le PP emprunte quelques détours sans lesquels l'arrêt de mort serait immédiat. La tendance de tous les organismes à mourir n'est pas extérieure au PP, mais intérieure. Le plaisir du PP, c'est de mourir à sa façon, qui est le chemin de la vie.

- 2b. Selon Freud, les excitations libres, inorganisées, sont le pire danger pour l'appareil psychique, surtout quand elles viennent de l'intérieur. Pour s'en protéger, il faut les lier (verbe allemand binden : serrer, bander, maîtriser, poser, suppléer, substituer). On pourra alors les liquider proprement dans le plaisir de décharge, [aussi régulé que possible]. Mais ce plaisir n'est pas homogène. Il dépend de mouvements, d'écarts, de ruses, de modifications d'énergie, qui peuvent toujours venir, en plus ou en moins, dans le temps. Derrida nomme différance ce surgissement toujours possible d'autres modalités, toujours inquiétantes, du plaisir ou du déplaisir. Ces différences, qui naissent à même le PP, peuvent-elles encore être nommées plaisir, ou bien sont-elles toutes autres? Selon Derrida, le PP est hanté par la possibilité du déchaînement d'un autre absolu, immaîtrisable. L'autre du plaisir, inconceptualisable, ininscriptible dans le PP, peut toujours survenir.

 

3. Une autre source, indépendante du PP : la pulsion de mort.

Freud déclare que sa construction théorique initiale (conscient - inconscient - préconscient - refoulement - résistance) est insuffisante pour rendre compte de certains phénomènes. Une autre force, indépendante de ce principe, distincte de lui, plus élémentaire, plus originaire, plus pulsionnelle, toute autre, vient perturber cette construction. Il donne des exemples : la névrose de transfert, la névrose traumatique ou le célèbre jeu du "Fort/Da". Avant même Au-delà du principe de plaisir, des concepts comme sadisme, masochisme primordial ou surmoi tendaient à rendre compte de ces phénomènes. Comment expliquer cela? Freud n'hésite pas à prendre des risques, à spéculer sur cet autre principe. Pour "sauver" le principe de plaisir, malgré l'altérité radicale de cette compulsion de répétition ou pulsion de mort irréductible au plaisir, il lui faut inventer une autre "mythologie des pulsions", pour employer son propre terme. Mais la pulsion de mort résiste, on ne peut la réduire à aucune économie, pas même celle du plaisir. Freud alors choisit de se retirer de l'obligation théorique. Puisqu'on ne peut pas produire une théorie "scientifique" de cette pulsion, eh bien, contentons-nous d'y croire.

 

4. Analyses freudiennes et post-freudiennes du Fort/Da.

L'exemple princeps retenu par Freud pour analyser la compulsion de répétition est le "jeu" de son petit-fils Ernst, que les freudiens ont l'habitude de nommer Fort/Da, et que Derrida préfère, quant à lui, nommer Fort:Da [il remplace la barre lacanienne par un entre-deux-points]. Sur cet exemple v. le §1 de la proposition : [L'oeuvre est le lieu où les pulsions de mort sont indissociables d'une graphique de la différance] §1.

 

5. Des principes au-delà de l'au-delà freudien.

A un certain point (vers la fin du chapitre VI d'Au-delà...), Freud s'est dégagé de l'autorité du principe de plaisir. Parlant depuis une scène d'écriture qui l'acquittait de toute dette, il a tenté de le fonder au-delà de lui-même. Peu convaincu (malgré ses dires) de l'existence séparée des pulsions de vie ou des pulsions sexuelles, il ne pouvait plus rien imaginer pour compenser les pulsions de mort ou de cruauté, rien d'autre que l'espoir d'un développement de la culture - sans se faire beaucoup d'illusions. C'est là que Jacques Derrida, d'une certaine façon, prend la suite. Pour lui, le PP, le PR et la PM se nouent dans ce qu'il appelle une stricture, une graphique de la différance qui n'est subordonnée à aucune économie. Ce qui se joue en ce lieu sans lieu est une scène d'écriture entre les principes, qu'aucun principe ne peut saisir. C'est là, en ce lieu de relâchement, de desserrement, de dissidence, de déconstruction, qu'on peut, éventuellement, faire oeuvre, comme le petit Ernst avec son Fort:Da - ou comme Freud lui-même. Mais Freud a préféré s'arrêter au bord de cette scène, sans franchir la limite.

On peut, sur cette base, ouvrir la possibilité d'autres décisions, d'autres principes, inconditionnels, qui mettent en abyme la postérité freudienne.

 

 

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Propositions

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[Derrida, plaisir, jouissance]

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Le plaisir est une diminution de la quantité d'excitation qui, dans la vie psychique, n'est pas liée, et le déplaisir son augmentation

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Si le principe de plaisir est un principe premier, il faut raconter son histoire, croire en sa souveraineté, son autorité absolue, mettre les pulsions au service de ce maître qui parle haut

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La maîtrise du principe de plaisir, c'est la maîtrise en général, celle qui, par idéalisation, capitalise la jouissance

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Un "principe" se manifeste comme une tendance générale qui ne cesse de parler; les obstacles qui l'empêchent de s'accomplir ne font que le confirmer

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Lire le texte de Freud "Au-delà du principe de plaisir", c'est reconnaître l'impossibilité de s'arrêter à une thèse ou une conclusion posée comme théorique ou scientifique

-

L'hypothèse de l'"athèse" chez Freud, c'est que la structure de son texte, sa spéculation, ne correspond à aucun genre, aucun concept concevable, aucun modèle préétabli

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Le principe de plaisir revient toujours à lui-même, mais une hétérogénéité différantielle, une supplémentarité, un tout autre hantent ce retour à soi

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Dans la spéculation freudienne sur le principe de plaisir, la possibilité du tout-autre est d'avance inscrite à même ce principe, en tant qu'ininscriptible

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Chez Freud, il n'y a jamais "la" répétition, mais une stricture différantielle qui enserre le principe de plaisir, comme un lacet de chaussure, et induit une déconstruction générale

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Freud spécule sur une "graphique de la différance" qui n'appartient ni à la science, ni à la philosophie, et qu'il ne peut interroger pour elle-même

-

La structure (ou stricture) principe de plaisir / principe de réalité / pulsion de mort (1, 2, 3 en un) est celle de la différance : si elle s'interrompait, ce serait l'arrêt de mort

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Une compulsion de répétition plus originaire, plus élémentaire, plus pulsionnelle que le principe de plaisir doit être attribuée au refoulé inconscient

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"Au-delà du principe de plaisir", Freud transgresse l'économie même; ne pouvant s'acquitter de ce qu'il promet, devenu insolvable, il choisit de se retirer

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Freud parle depuis une scène d'écriture où son bon plaisir a le dernier mot; en ce non-lieu, il est acquitté de toute dette

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Pour Freud, la fonction de stricture la plus originelle de l'appareil psychique est le lien (binden) : serrer, bander, maîtriser, poser, suppléer, substituer, envoyer un représentant

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La liaison d'une motion pulsionnelle est une fonction préparatoire qui doit mettre une excitation en état d'être liquidée dans le plaisir de décharge

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Ce qui "fait-oeuvre", dans la scène d'écriture d"Au-delà du PP", est plus originaire, plus indépendant, plus insaisissable que ce qu'une esthétique guidée par le PP pourrait saisir

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La pulsion d'emprise ou de pouvoir est irréductible à aucune autre : c'est elle qui règle le principe et l'économie du plaisir

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La scène d'écriture freudienne reste irrésolue, sans bord, sur la ligne de plus haute tension, sans franchir la limite de l'"Au-delà du principe de plaisir"

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Dans le jeu du Fort/Da, le plus grand plaisir s'attache au retour de l'objet (Da), et pourtant l'enfant préfère la phase de disparition (Fort), qu'il maîtrise

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Par le jeu du Fort/Da, Freud s'assure du retour du principe de plaisir dans sa maison (la psychanalyse), sa famille (son petit-fils), il reproduit sa marque dans l'institution

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Il y a dans le texte de Freud "Au-delà du principe de plaisir" sept chapitres - comme dans le récit biblique de la création

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[L'oeuvre est le lieu où les pulsions de mort sont indissociables d'une graphique de la différance]

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Les figures de l'inconditionnalité s'affirment à partir d'un "au-delà de l'au-delà" des pulsions et principes freudiens : de plaisir, de réalité, de mort et aussi de pouvoir souverain

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