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Sur des films                     Sur des films
             
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 15 août 1995

 

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En répétant deux fois son nom dans le titre "JLG/JLG", Jean-Luc Godard redouble l'écho de sa propre voix ("Autoportrait de décembre", film de 1994)

   
   
   
                 
                       

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Ce qui, dès le départ, fait choc dans ce film, c'est la voix de Godard. Tout est organisé autour de sa voix. Tout y est subordonné. Usuellement, dans un film, on n'entend pas la voix du réalisateur. Là, on l'entend, et même, on n'entend que ça. La voix de Godard fait irruption, effraction, et avec elle toutes sortes de bruits, de musiques.

On peut prendre ce film comme illustrant la façon dont la voix s'exprime dans le Contemporain. Contrairement à d'autres civilisations où la voix a encore tout son poids dans la vie réelle, la voix contemporaine n'est audible qu'à travers des montages imaginaires. Elle est tellement dévalorisée dans son usage courant qu'on ne l'entend qu'à condition qu'elle soit soutenue par des béquilles.

Godard, lui (c'est pour ça qu'il est exceptionnel) ne refoule pas sa propre voix.

Quelle est le statut des citations multiples proférées par Godard? Elles expriment la dissémination des voix.

 

 

Prenons Godard, l’auteur cinématographique par excellence, quand il parle de lui-même dans un Autoportrait organisé autour de sa voix : J.L.G. J.L.G (redoublement de son nom). Là, justement, la voix n'est pas refoulée. Elle l'est si peu qu'elle occupe tout l'espace, exactement comme si elle l'était. Ainsi Godard réussit-il à rendre compte de son époque par son art. C’est Godard qui parle, sa voix est supposée peu banale : elle est à la fois disséminée et spatiale, c'est-à-dire contemporaine. La voix de Godard est la voix du monde actuel. Elle se disperse sur tout l'espace de l'écran, tout en restant voix. C'est là qu'est la différence. Usuellement, la voix dispersée devient image, mais dans Godard elle reste voix. L'image de Godard, c'est de la pure voix, il n'a même pas besoin pour cela de parler, ni même d'ailleurs de faire de l'image. C'est stupéfiant, mais ça marche. Quand il se décide à parler et aussi à faire de l'image (c’est ce qu’on appelle le cinéma), ça donne de l'espace vocal à l'état pur : une invasion vocale qui se donne pour ce qu'elle est, un peu comme le fantasme du pervers par opposition au fantasme du névrosé.

 

 

 


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1994.GO.DAR

zm.Godard.1994

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