Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

 

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Sur des films (rémanences)                     Sur des films (rémanences)
Sources (*) : Cinéma, art populaire               Cinéma, art populaire
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 22 juin 2006

 

-

Le Cinéloft du Quai

[Sur des films (rémanences orloviennes)]

Le Cinéloft du Quai
   
   
   
                 
                       

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

logo

 

- Ozzy : Il y a des films dont on a envie de parler, sur lesquels on a envie d'écrire, et d'autres non. Ça ne se commande pas. Il y a ceux sur lequels on a envie de mettre trois mots ou trois lignes et d'autres un livre entier (ce qui n'implique aucune hiérarchie, pas même du goût). Ce qui arrive dans la discussion orlovienne n'est ni de la critique, ni de la mise en relation (que ce soit entre personnes, mots, phrases ou idées). Il y a d'autres lieux. Dans cette recension où les films sont bêtement rangés par ordre chronologique (classement absurde), on ne fait rien d'autre que d'ajouter des traces aux traces. Si les films n'étaient que des réserves de formulations, de phrases, d'images, de mouvements, d'affects, de proférations et de propositions, cela ne servirait à rien. Mais ils sont aussi des trouées dans le temps (si ce n'est dans la pensée). A l'autre bout du tunnel, il y a toujours encore quelque chose.

(Antoinette : Il s'agit, devant tous ces films, ces objets filmiques, de dire "je". On peut toujours discourir, donner un avis, mais se poser vraiment comme un "je", c'est la chose la plus difficile).

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

"Le chanteur de jazz", premier film parlant (réalisé par Alan Crosland, 1927) est un film de rupture : entre le sacré et le profane, la loi du père et l'amour de la mère

-

Dans "Le bled" (1929-30), Jean Renoir détourne le contexte colonial pour glorifier le sentiment amoureux

-

Dans l'"Homme à la caméra" (1929), Dziga Vertov met le leurre cinématographique en œuvre tout en le tenant à distance, le démontant et le déconstruisant

-

Les nazis sont arrivés au pouvoir car le vieux monde s'était déjà effondré (L'ange bleu, film de Josef von Sternberg, 1929-30)

-

Dans "La règle du jeu", film sur l'égalité, Jean Renoir montre un bouc émissaire qui pourrait être n'importe quel homme

-

Une mélodie obsédante porte une structure d'aveu : elle ouvre le mouvement d'une confession qui n'a pas encore de contenu ("L'ombre d'un doute", film d'A. Hitchcock, 1943)

-

Mon père est si complaisant à l'égard du nazisme que je ne peux faire autrement que de me tuer moi-même ("Allemagne année zéro", film de Roberto Rossellini, 1948)

-

"Il faut que la vie soit un film"; mais alors la plus grande menace est la fin du film; (r)entrer dans la vie, c'est en sortir (Un été avec Monika, film d'Ingmar Bergman, 1953)

-

Nul ne dispose d'un héritage, pas même son propriétaire ni son spectre ("Guêpier pour trois abeilles", film de Joseph Mankiewicz, 1969)

-

Notre époque ne peut imaginer d'autre salut que le plaisir comme bien public (Barbarella, film de Roger Vadim, 1968)

-

Dans le film de Barbara Loden, "Wanda" (1970), celle-ci est la figure même de l'inconditionnalité

-

L'utopiste, qui veut tout prévoir, n'attend plus rien de l'avenir (L'An 01, film de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch,1972)

-

L'hypersensibilité tragique d'Edvard Munch est l'écho de notre époque (La Danse de la vie, film de Peter Watkins, 1974)

-

Pour un homme, faire jouir une femme est un plaisir sans limite; on peut tout donner pour cela, y compris son sexe, sa vie ("L'Empire des Sens", film de Nagisha Oshima, 1976)

-

Dans "Blow Out" (Brian de Palma, 1981) est à l'oeuvre une déconstruction de la greffe audio-visuelle : démontée, mise en scène dans son impossibilité, elle est réinscrite dans le fantasme

-

L'homme d'aujourd'hui, ce fantôme, ne sert d'appui que si sa présence s'évanouit (La vengeance d'une femme, film de Jacques Doillon, 1989)

-

"Az én XX. századom" (Ildiko Enyedi, 1989) "Mon vingtième siècle" est double - et je peux jouer, dans le plaisir et la douleur, sur cette duplicité

-

Il arrive qu'une famille divisée s'unisse - mais pour le malheur (Family Business, film de Sidney Lumet, 1989)

-

On ne me propose plus qu'un seul chemin, celui du bavardage vide (Palombella Rossa, film de Nanni Moretti, 1989)

-

Le Graal est une autre identité, une identité d'ailleurs (Indiana Jones et la dernière croisade, film de Steven Spielberg, 1989)

-

"La belle Noiseuse" (film de Jacques Rivette, 1991) démontre l'impossibilité de l'art, et creuse son tombeau

-

La position du père étant devenue intenable, on ne peut faire semblant de la tenir qu'au prix d'une permutation avec le fils ("Hook", La revanche du capitaine Crochet, Spielberg, 1992)

-

Trop rouge le sang des meurtres et celui du viol, trop beau le film sur la violence ("La reine Margot", film de Patrice Chéreau, 1994)

-

En répétant deux fois son nom dans le titre "JLG/JLG", Jean-Luc Godard redouble l'écho de sa propre voix ("Autoportrait de décembre", film de 1994)

-

Le monde ancien se vide (Voyage au début du monde, film de Manoel de Olivera, 1996-97)

-

Au cinéma, la sainteté est la voix pure, séparée du corps ("Breaking the Waves", film de Lars Von Trier, 1996)

-

Pas de plaisir sans timidité, et sans éradication de la timidité [Le plaisir (et ses petits tracas), film de Nicolas Boukhrief, 1997]

-

Ce que j'ai de plus singulier a déjà été dit par la voix la plus courante : celle de la chanson ("On connait la chanson", film d'Alain Resnais, 1997)

-

"Il faut œuvrer", à condition que l'œuvrance reste suspendue à l'indécision ("Good Will Hunting", film de Gus Van Sant, 1997)

-

Il faut préserver le rapport sexuel, car c'est le seul rempart contre un ennui mortel ("L'ennui", film de Cédric Kahn, 1998)

-

Aujourd'hui les pères sont des losers, il est temps qu'ils disparaissent pour laisser la place au père idéal - c'est-à-dire mort (American Beauty, film de Sam Mendes, 1999)

-

"Nous sommes sortis de l'ère de l'abandon, espérons que nous rentrons dans l'ère de l'hospitalité" (Les Noces de Dieu, film de Joao Cesar Monteiro, 1999)

-

Pour être juif et laïc, il faut s'adresser à l'étranger qui est en soi (Dieu est grand, je suis toute petite, film de Pascale Bailly, 2001)

-

Vous n'y pouvez rien, vos fils vous sont étrangers, même s'ils sacrifient leur coeur pour vous (L'intrus, film de Claire Denis, 2004)

-

Même morte et enterrée, une voix est toujours porteuse de désir (Pont des Arts, film d'Eugène Green, 2004)

-

Après tout, malgré tout ce qu'on prétend, il n'est pas impossible d'être père! (Broken flowers, film de Jim Jarmusch, 2004)

-

Nous sommes protégés par une immunité quasi-miraculeuse, qui tombe du ciel (La guerre des mondes, film de Steven Spielberg, 2004)

-

L'immoralité paie, si elle est soutenue par le hasard (Match point, film de Woody Allen, 2005)

-

"Mon père, pour moi, était mort dès le départ" (Les lois de la famille, film de Daniel Burman, 2005)

-

On peut jouir d'un seul coup, en une seule fois, la jouissance de toute une vie ("Gabrielle", film de Patrice Chéreau, 2005)

-

Goya, artiste, personnifie les paradoxes et contradictions insurmontables de la modernité (Le fantôme de Goya, film de Milos Forman, 2005)

-

Entre tous les passés et les futurs possibles, il est impossible de trancher (L'immeuble Yakoubian, film de Marwan Hamed, 2005)

-

Si la mémoire de la guerre d'Algérie se transmet, c'est par des traumas qui restent secrets, inavoués (Caché, film de Michael Haneke, 2005)

-

Truman Capote prétendait sauver les tueurs; il n'a même pas réussi à se sauver lui-même (film de Bennett Miller, 2005)

-

"Zidane" (le film de Philippe Parreno et Douglas Gordon, 2006), a pour thème l'omniprésence du corps et de la voix

-

Rien ne peut arrêter une femme qui veut démontrer l'impuissance masculine (Boarding Gate, film de Olivier Assayas, 2006)

-

On ne peut se venger que par un fantasme parfait (La tourneuse de pages, film de Denis Dercourt, 2006)

-

Dans ce monde de médusation générale, nous flottons ("Les Méduses", film de Etgar Keret et Shira Geffen, 2006)

-

Nul n'est indifférent à sa filiation (Le voyage en Arménie, film de Robert Guédiguian, 2006)

-

Avec la Shoah, la vie s'est arrêtée : il ne reste plus que des survivants (Etre sans destin, film de Imre Kertész, 2006)

-

On peut mettre en film le pur plaisir d'être une femme ("Caramel", de Nadine Labaki, 2006)

-

Le seul homme qui vaut la peine - "il faut qu'il meure" (La fille coupée en deux, film de Claude Chabrol, 2007)

-

Complaisamment j'exhibe toutes les facettes de mon image, afin de protéger mon secret ("I'm not there", film de Todd Haynes, 2007)

-

Un frère mort, disparu, peut gouverner une vie et peut aussi induire une philosophie ("Un secret", film de Claude Miller, 2007)

-

Pour montrer la figure de l'horreur, il faut prendre ses distances, dynamiter les genres ("Valse avec Bachir", film d'Ari Folman, 2008)

-

La collision de mondes clos n'ouvre ni avenir, ni survie (Ajami, film de Scandar Copti et Yaron Shani, 2010)

-

Après tout, ce n'est pas un crime de vouloir rester jeune (La Comtesse, Julie Delpy, 2010)

-

Il est "minuit à Paris" et la différance, insistante, fait craquer les couples (Minuit à Paris, Woody Allen, 2011)

-

Dans le "Hors-Satan" de Bruno Dumont (2011), rien ne permet de prendre ses distances à l'égard des clichés les plus conventionnels

-

Dans "Le cheval de Turin", film de Béla Tarr (2011), le monde qui s'efface ouvre sur un néant inconnu, absolument indéterminé

-

Dans le film "Melancholia" de Lars von Trier (2011), il y a quelque chose de nazi : l'entrée en scène d'un monde absolument dépourvu d'avenir

-

En échange de notre survie, nous honorons les rendez-vous qui nous sont donnés - jusqu'à épuisement (Holy Motors, film de Leos Carax, 2012)

-

No more money, no more sex, no more power, no more future" (Cosmopolis, film de David Cronenberg, 2012)

-

Dans "Camille Claudel 1915" (film de Bruno Dumont, 2012), rien ne transpire du secret de Camille; c'est ce qui fait la beauté irremplaçable du film, et aussi sa faille

-

Le "Grand Soir" (film de Kervern et Delépine, 2012) est un jour vide, désespéré, point d'aboutissement d'un monde (et d'un cinéma) sans contenu psychologique ni filiation

-

On ne paie jamais pour ses propres fautes, mais pour celles d'un autre (Shozukai, film de Kiyoshi Kurosawa, 2012)

-

Dans "Oslo, 31 août" (film de 2012), Joachim Trier montre qu'une vie sans filiation reste entre deux morts

-

Le film d'Abdellatif Kechiche, "La vie d'Adèle" (2013), montre une bouche-hymen qui mange, lèche, suce, jouit, parle, enseigne et pleure - sans réussir à vivre

-

Pour chaque jeune fille, se pose pour la première fois, à nouveaux frais et singulièrement, l'énigme de la sexualité ("Jeune et jolie", film de François Ozon, 2013)

-

Le film "Effets secondaires" de Steven Soderbergh (2013) est construit pour qu'on ne puisse en tirer aucune conclusion définitive : un thriller aporétique

-

Dans "Bird People" (film de Pascale Ferran, 2014), le moineau est la figure médiatrice qui invite à se transformer - en-deça de toute décision et au-delà de toute souveraineté

-

Birdman, ou La surprenante Vertu de l'Ignorance (film d'Alejandro González Iñárritu, 2014) : "Je suis le pharmakon qui me hante"

-

Délivrée du phallique, la sexualité féminine peut se saisir de la chair (Grave, film de Julia Ducournau, 2016)

-

Il faut, quand le phallocentrisme se désagrège, "rester vertical" sans la prothèse d'une érection, sans le prétexte d'un ordre social (film d'Alain Guiraudie, 2016)

-

Il aura fallu, pour entendre le témoignage de l'autre, donner la mort au Christ muet ("L'ornithologue", film de João Pedro Rodrigues, 2016)

-

Rebecca Zlotowski montre dans son film "Planétarium" qu'au cinéma, la surenchère du "Je suis mort" ne s'arrête jamais

-

(Se) laisser dire "Je suis morte" n'est pas sans risque! Et si l'on vous croyait (Les fantômes d'Ismaël, film d'Arnaud Desplechin, 2017)

-

L'amant double (François Ozon, 2017), ou : Comment multiplier les dédoublements sans franchir la limite du "deux"?

- Ozzy : Un film est fait pour le grand nombre. En tant que produit industriel, il doit pouvoir être montré à un public entier, collectivement - voire à plusieurs publics, il doit pouvoir fonctionner dans la durée, et en même temps il faut qu'il soit destiné à chaque spectateur individuellement, il faut que chaque regardeur se sente convoqué dans ses questionnements, ses difficultés, ses crises ou ses conflits, qu'il le reçoive comme un message qui lui soit adressé à lui, ce jour-là, personnellement, et à nul autre. Ces deux contraintes semblent contradictoires, et pourtant elles se complètent. Il n'y aurait pas de cinéma sans l'une et l'autre. Il en va pour un film comme pour une chanson : en lui se nouent l'interchangeable et l'incomparable, le banal et le singulier. Quand j'analyse un film, quand j'en parle, c'est toujours vers ce nouage que je me dirige.

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

CinŽloft
CinemaChrono

0000.AA.BBB

ArtCinema

ZY.FPM

CineLoft

YE.LOD

HT_CinemaChrono

Rang = zQuois_Films
Genre = -