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Sur des films                     Sur des films
Sources (*) : Cinéma, art populaire               Cinéma, art populaire
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 22 juin 2006

 

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[Ce qui se montre au cinéma, à l'oeuvre dans chaque film, est le nouage impossible du général et du singulier]

   
   
   
                 
                       

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- Ozzy : Un film est fait pour le grand nombre. En tant que produit industriel, il doit pouvoir être montré à un public entier, collectivement - voire à plusieurs publics, il doit pouvoir fonctionner dans la durée, et en même temps il faut qu'il soit destiné à chaque spectateur individuellement, il faut que chaque regardeur se sente convoqué dans ses questionnements, ses difficultés, ses crises ou ses conflits, qu'il le reçoive comme un message qui lui soit adressé à lui, ce jour-là, personnellement, et à nul autre. Ces deux contraintes semblent contradictoires, et pourtant elles se complètent. Il n'y aurait pas de cinéma sans l'une et l'autre. Il en va pour un film comme pour une chanson : en lui se nouent l'interchangeable et l'incomparable, le banal et le singulier. Quand j'analyse un film, quand j'en parle, c'est toujours vers ce nouage que je me dirige.

- Alexandra : Et pourtant toi aussi, quand tu regardes un film, tu le regardes en tant qu'individu. Tu ne peux pas faire abstraction de ta position personnelle.

 

 

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Propositions

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"Le chanteur de jazz", premier film parlant (réalisé par Alan Crosland, 1927) est un film de rupture : entre le sacré et le profane, la loi du père et l'amour de la mère

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Dans "Le bled" (1929-30), Jean Renoir détourne le contexte colonial pour glorifier le sentiment amoureux

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Les nazis sont arrivés au pouvoir car le vieux monde s'était déjà effondré (L'ange bleu, film de Josef von Sternberg, 1929-30)

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Dans "La règle du jeu", film sur l'égalité, Jean Renoir montre un bouc émissaire qui pourrait être n'importe quel homme

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Une mélodie obsédante porte une structure d'aveu : elle ouvre le mouvement d'une confession qui n'a pas encore de contenu ("L'ombre d'un doute", film d'A. Hitchcock, 1943)

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Mon père est si complaisant à l'égard du nazisme que je ne peux faire autrement que de me tuer moi-même ("Allemagne année zéro", film de Roberto Rossellini, 1948)

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Nul ne dispose d'un héritage, pas même son propriétaire ni son spectre ("Guêpier pour trois abeilles", film de Joseph Mankiewicz, 1969)

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Notre époque ne peut imaginer d'autre salut que le plaisir comme bien public (Barbarella, film de Roger Vadim, 1968)

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L'hypersensibilité tragique d'Edvard Munch est l'écho de notre époque (La Danse de la vie, film de Peter Watkins, 1974)

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L'homme d'aujourd'hui, ce fantôme, ne sert d'appui que si sa présence s'évanouit (La vengeance d'une femme, film de Jacques Doillon, 1989)

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Il arrive qu'une famille divisée s'unisse - mais pour le malheur (Family Business, film de Sidney Lumet, 1989)

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On ne me propose plus qu'un seul chemin, celui du bavardage vide (Palombella Rossa, film de Nanni Moretti, 1989)

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Le Graal est une autre identité, une identité d'ailleurs (Indiana Jones et la dernière croisade, film de Steven Spielberg, 1989)

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La position du père étant devenue intenable, on ne peut faire semblant de la tenir qu'au prix d'une permutation avec le fils ("Hook", La revanche du capitaine Crochet, Spielberg, 1992)

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Trop rouge le sang des meurtres et celui du viol, trop beau le film sur la violence ("La reine Margot", film de Patrice Chéreau, 1994)

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En répétant deux fois son nom dans le titre "JLG/JLG", Jean-Luc Godard redouble l'écho de sa propre voix ("Autoportrait de décembre", film de 1994)

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Le monde ancien se vide (Voyage au début du monde, film de Manoel de Olivera, 1996-97)

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Au cinéma, la sainteté est la voix pure, séparée du corps ("Breaking the Waves", film de Lars Von Trier, 1996)

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Pas de plaisir sans timidité, et sans éradication de la timidité [Le plaisir (et ses petits tracas), film de Nicolas Boukhrief, 1997]

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Ce que j'ai de plus singulier a déjà été dit par la voix la plus courante : celle de la chanson ("On connait la chanson", film d'Alain Resnais, 1997)

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Il faut préserver le rapport sexuel, car c'est le seul rempart contre un ennui mortel ("L'ennui", film de Cédric Kahn, 1998)

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Aujourd'hui les pères sont des losers, il est temps qu'ils disparaissent pour laisser la place au père idéal - c'est-à-dire mort (American Beauty, film de Sam Mendes, 1999)

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"Nous sommes sortis de l'ère de l'abandon, espérons que nous rentrons dans l'ère de l'hospitalité" (Les Noces de Dieu, film de Joao Cesar Monteiro, 1999)

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Pour être juif et laïc, il faut s'adresser à l'étranger qui est en soi (Dieu est grand, je suis toute petite, film de Pascale Bailly, 2001)

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Vous n'y pouvez rien, vos fils vous sont étrangers, même s'ils sacrifient leur coeur pour vous (L'intrus, film de Claire Denis, 2004)

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Même morte et enterrée, une voix est toujours porteuse de désir (Pont des Arts, film d'Eugène Green, 2004)

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Après tout, malgré tout ce qu'on prétend, il n'est pas impossible d'être père! (Broken flowers, film de Jim Jarmusch, 2004)

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Nous sommes protégés par une immunité quasi-miraculeuse, qui tombe du ciel (La guerre des mondes, film de Steven Spielberg, 2004)

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L'immoralité paie, si elle est soutenue par le hasard (Match point, film de Woody Allen, 2005)

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"Mon père, pour moi, était mort dès le départ" (Les lois de la famille, film de Daniel Burman, 2005)

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On peut jouir d'un seul coup, en une seule fois, la jouissance de toute une vie ("Gabrielle", film de Patrice Chéreau, 2005)

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Goya, artiste, personnifie les paradoxes et contradictions insurmontables de la modernité (Le fantôme de Goya, film de Milos Forman, 2005)

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Entre tous les passés et les futurs possibles, il est impossible de trancher (L'immeuble Yakoubian, film de Marwan Hamed, 2005)

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Si la mémoire de la guerre d'Algérie se transmet, c'est par des traumas qui restent secrets, inavoués (Caché, film de Michael Haneke, 2005)

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Truman Capote prétendait sauver les tueurs; il n'a même pas réussi à se sauver lui-même (film de Bennett Miller, 2005)

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"Zidane" (le film de Philippe Parreno et Douglas Gordon, 2006), a pour thème l'omniprésence du corps et de la voix

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Rien ne peut arrêter une femme qui veut démontrer l'impuissance masculine (Boarding Gate, film de Olivier Assayas, 2006)

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On ne peut se venger que par un fantasme parfait (La tourneuse de pages, film de Denis Dercourt, 2006)

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Dans ce monde de médusation générale, nous flottons ("Les Méduses", film de Etgar Keret et Shira Geffen, 2006)

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Nul n'est indifférent à sa filiation (Le voyage en Arménie, film de Robert Guédiguian, 2006)

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Avec la Shoah, la vie s'est arrêtée : il ne reste plus que des survivants (Etre sans destin, film de Imre Kertész, 2006)

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On peut mettre en film le pur plaisir d'être une femme ("Caramel", de Nadine Labaki, 2006)

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Le seul homme qui vaut la peine - "il faut qu'il meure" (La fille coupée en deux, film de Claude Chabrol, 2007)

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Un frère mort, disparu, peut gouverner une vie et peut aussi induire une philosophie ("Un secret", film de Claude Miller, 2007)

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Pour montrer la figure de l'horreur, il faut prendre ses distances, dynamiter les genres ("Valse avec Bachir", film d'Ari Folman, 2008)

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Après tout, ce n'est pas un crime de vouloir rester jeune (La Comtesse, Julie Delpy, 2010)

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Rebecca Zlotowski montre dans son film "Planétarium" qu'au cinéma, la surenchère du "Je suis mort" ne s'arrête jamais

 

 

 


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