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                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le cinéma règle le rapport au désir                     Le cinéma règle le rapport au désir
Sources (*) : Cinéma, art populaire               Cinéma, art populaire
Christian Metz - "Le signifiant imaginaire - Psychanalyse et cinéma", Ed : Union Générale d'Editions, Coll 10/18, 1977, (Ensemble du livre)

 

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Cinéma, un monde

[Le cinéma règle le rapport au désir]

Cinéma, un monde
   
   
   
Sur le Contemporain Sur le Contemporain
                 
                       

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Le cinéma de notre époque contribue à régler le rapport au désir. Privilégiant l'individuel sur le social, il incarne un imaginaire intensément vécu, où le spectateur trouve des points d'appui pour préserver et entretenir son propre désir. Alors que le roman ou le théatre préservaient la personnalité du lecteur, le cinéma demande au spectateur de renoncer à ses capacités critiques pendant le temps du film.

Sur l'écran, nous voyons des objets qui, en réalité, sont absents. Ce clivage de la croyance nous émerveille et libère notre imagination. Nous en jouissons comme d'un fétiche. Nous entrons dans le fantasme d'autrui, tel qu'il a été stabilisé par le scénario et la mise en scène. Des désirs ou des pulsions usuellement refoulés peuvent être, selon les cas, flatté ou déçus; en tout état de cause, ils sont réactivés.

En exigeant du spectateur l'immobilité, la suspension de ses investissements d'objets habituels et la prise de distance par rapport à la projection, en le réduisant à un pur regard où à l'immédiaté d'un acte de perception, le cinéma favorise des facteurs inconscients ou fantasmatiques qui, dans la vie courante, ne viennent pas à la surface. Tout-puissant, tout-percevant, en état de faiblesse ou invité à regarder des scènes qui fonctionnent comme scènes primitives, le sujet est conduit à s'identifier à des personnages ou à des héros dont la liberté est factice. Il est plongé dans un monde hallucinatoire. Les mouvements de la caméra contribuent à affaiblir et même parfois détruire son unité subjective.

Tout film est un film de fiction qui réélabore certains contenus inconscients. Le fait que la rêverie soit éveillée oblige à structurer ces contenus, à les subordonner à une impression de réalité, mais ne les détruit pas. Le spectateur se laisse aller au film dans ses trous de conscience. Il peut vivre une autre relation d'objet, un autre érotisme, un autre rapport à l'amour. Les censures ne sont plus les siennes, mais celles du film. Il y a là une obscénité irréductible.

Quand nous adhérons à un film, nous nous identifions à d'autres corps que le nôtre - sans pour autant tomber dans l'illusion d'un rapport objectal plein.

Par le cinéma, nous nous nous accoutumons à des codes hétérogènes auxquels nous pouvons nous identifier.

 

 

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Propositions

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Le cinéma préserve et entretient le désir

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Le cinéma nous ouvre l'accès à l'inconscient visuel, comme la psychanalyse nous ouvre l'accès à l'inconscient pulsionnel

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Le cinéma met en jeu les pulsions scopique et invocante : désirs de voir et d'entendre qui entretiennent le manque et la poursuite infinie de l'imaginaire

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[L'"impression de réalité" telle que suscitée par le cinéma infléchit le régime de la représentation dans le sens d'une perception plus active du désir inconscient]

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Au cinéma, le voyeur ne peut pas s'appuyer sur la complaisance de l'objet vu, qui est absent

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Le cinéma est fétichiste : sa machinerie fait oublier l'absence de l'objet devant lequel le spectateur s'émerveille

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L'identification cinématographique primaire est l'identification du spectateur à son propre regard

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L'écran du cinéma est un miroir où le spectateur peut trouver d'autres identifications que son propre corps

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Le cinéma est une répétition de la scène primitive

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Le spectateur s'identifie au personnage du film

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On s'identifie plus facilement aux personnages de l'écran qu'à ceux de la scène, car on peut faire abstraction de leur réalité physique pour les transposer en objets d'un monde imaginaire

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Un film irrigue les figures fantasmatiques du sujet

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Un film met en relation avec le fantasme d'autrui

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Un film est une élaboration secondaire qui rend intelligibles des fantasmes et des contenus inconscients

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La rencontre entre le code cinématographique et les autres codes en vigueur règle l'identification du spectateur

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La fiction cinématographique est une instance semi-onirique

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Le cinéma est une rêverie éveillée

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Le spectateur de cinéma se sait au cinéma tandis que le rêveur ignore qu'il rêve; pourtant l'impression de réalité du cinéma est comparable à l'illusion de réalité du rêve

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L'état filmique et l'état onirique se rejoignent dans leurs trouées

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Le spectateur de cinéma hallucine paradoxalement ce qui est vraiment là : les images et les sons du film

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Le cinéma de fiction est un accomplissement hallucinatoire de désir qui flatte ou déçoit le fantasme (conscient ou inconscient)

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La force de présence d'un film tient à sa capacité à faire jouir, par ses appareillages et son théatre d'ombres, d'un objet absent

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Tout film est un film de fiction, et le cinéma en général est happé par la fiction

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[Le cinéspectateur entretient avec chaque film une relation d'objet dont il n'a pas la maîtrise]

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On adhère à un film

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Le cinéma met en rapport avec l'objet, sans l'illusion d'une plénitude possible du rapport objectal

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Le travail cinématographique sur le support fait jouir le spectateur en détruisant son unité subjective

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Plus que tout autre art, le cinéma est l'art propre de l'amour

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L'érotisme est un contenu fondamental du cinéma, et de lui seul (par opposition aux autres arts, qui le confinent dans des "genres" spécialisés)

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Les films ont une tendance au démocratique : l'individualité y prend naturellement le pas sur le social

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La liberté des héros de cinéma n'est rien d'autre qu'un fantasme; et s'ils risquent quelque chose, c'est leur moi

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L'état filmique est un repli narcissique où le sujet suspend ses investissements d'objets

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Immobile et muet, le spectateur de cinéma est en situation de "petit sommeil"

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La salle de cinéma est le lieu public des images, où le spectateur éprouve intensément la sensation d'être, lui-même, le véritable lieu des images

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Le cinéma repose sur une série de clivages de la croyance

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Le paradoxe du cinéma est qu'il est signifiant, et aussi incarnation de l'imaginaire

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Au cinéma, le cadrage et les mouvements d'appareils fonctionnent comme censure

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Quand le spectateur de cinéma s'identifie à la caméra, il se situe à la place du foyer de toute vision

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Le spectateur de cinéma est tout-percevant, au sens de la toute-puissance du moi

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Le spectateur de cinéma s'identifie à lui-même comme pur acte de perception ou pur regard

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Il y a une obscénité, une pornographie ontologique de l'image cinématographique

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Le cinéma est un réglage du désir pervers

 

 

 


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