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Sources (*) :              
Amarante Helavy - "Une morale audiovisuelle", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 5 octobre 2006

 

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La trace du cinéma parasite notre perception et se dépose dans les formes les plus courantes

   
   
   
                 
                       

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Si le cinéma domine nos modes de perception, s'il est la forme visuelle et auditive sur laquelle nous nous modelons pour voir le monde, alors toute image, même plate, silencieuse et immobile, doit en porter la trace. Pierre Bismuth en fait une sorte de démonstration (probablement involontaire) dans son oeuvre "En suivant la main droite de Kim Novak in "Kiss me stupid"", qui fait partie d'une série utilisant le même procédé : suivre la main droite d'une actrice pendant un film, projeter ses déplacements sur une surface plane, et en faire une peinture murale de grande dimension. On aboutit à une oeuvre abstraite qui n'a pas d'autre sens que cet aplatissement inutile. Que s'est-il passé? P. Bismuth, qui exerce la profession d'artiste, regarde des films (c'est son droit). Il s'ennuie (c'est son statut). Automatiquement, son bras suit le mouvement de celui de l'actrice (l'actrice est une star, elle est belle, il faut s'occuper), et il se dit qu'il pourrait en tirer quelque chose, un concept (on reste un professionnel). Ce qu'il en résulte n'est pas seulement le produit de son désoeuvrement, mais aussi de la place qu'occupe le cinéma dans sa vie : meubler les moments creux, alimenter son imaginaire, lui procurer, comme il dit, des matériaux.

Je postule que cet acte assez particulier de Pierre Bismuth est généralisable (est-ce de l'art ou non? Peu importe). Ce que nous voyons dans les films se projette dans notre vie, mais sous forme aplatie, écrasée, oublieuse de sa source. C'est une abstraction qui n'a plus rien de cinématographique, hormis le souvenir que nous avons de sa gestation.

 

 

Kim Novak ©D.R.

 

 

 


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