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Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) : Derrida, religion               Derrida, religion
Jacques Derrida - "Foi et Savoir, suivi de Le Siècle et le Pardon", Ed : Seuil, 2000,

Foi et Savoir, suivi de Le Siècle et le Pardon (Jacques Derrida, 2000) [FS]

   
   
   
                 
                       

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Table

Le livre, de 133 pages, comprend :

- Foi et savoir, 52 paragraphes numérotés (il semble que le chiffre de 52 soit l'anagramme de 25, le nombre de pages qui aurait été demandé à Derrida pour cette intervention, selon ce qu'il dit lui-même dans le §35). (On retrouve le chiffre de 52 dans un autre texte publié en 1987, Cinquante-deux aphorismes pour un avant-propos). Ce texte a été publié pour la première fois en 1996 dans le volume La religion, Séminaire de Capri, deux ans après la première discussion relative au séminaire, discussion improvisée semble-t-il le 28 février 1994 à Capri (Italie). Sa dernière phrase est datée du 26 avril 1995, et localisée elle aussi en un lieu singulier, Laguna (Laguna Beach, Californie).

Nous donnons les numéros de pages dans l'édition de 2000, qui regroupe Foi et savoir et un entretien, Le siècle et le pardon (entretien avec Michel Wieviorka déjà paru dans le numéro 9 du Monde des débats, décembre 1999).

 

L'organisation Foi et savoir en 52 paragraphes numérotés n'est pas indépendante de son contenu. Derrida y parle du mal d'abstraction contemporain, qui est aussi le lieu désertique où toute croyance prend racine : religion, raison, science, et aussi philosophie, et aussi ce texte de Derrida, lui-même abstrait, lui-même exigeant préalablement un lien fiduciaire, lui-même impliqué dans une logique auto-immune où le calculable se confronte à l'incalculable. 52 paragraphes, dont 26 (la moitié, qui correspond au nombre de lettres de l'alphabet français) reprennent le contenu d'une intervention faite sur place, à Capri, et 26 regroupés sous le titre global Post-scriptum (la moitié du texte venant en plus de l'autre moitié), rappelant le dispositif utilisé dans La Dissémination (article de 1969 publié dans le livre de même titre paru en 1972) où un paragraphe surnuméraire avait été ajouté en abîme par rapport au texte commenté de Philippe Sollers. Dans la deuxième série de 26, Derrida distingue Cryptes (les 11 premiers) et Grenades (les 15 derniers). Le dernier de la série des Cryptes, le 37 (Penser la religion) est une sorte de récapitulation générale. Après cela, les Grenades sont encore plus disséminées, aphoristiques, discontinues, voire machiniques que les précédents paragraphes. Une autre particularité graphique est introduite dans le Post-scriptum : des mots ou membres de phrase en caractère gras. Il y en a deux dans chaque paragraphe, le premier d'entre eux répétant le second du paragraphe précédent.

A noter que, le 7 septembre 1979, Jacques Derrida a écrit, dans sa préface à La Carte postale, de Socrate à Freud et au-delà, que le chiffre 52 était pour lui un cryptogramme symbolique et secret, qui avait donné lieu à de longs calculs dont il avait oublié la règle. [On peut, peut-être de manière abusive, rapprocher cela d'un autre calcul cabalistique : en guematria, la valeur du tétragramme est de 26. Est-il question de dédoubler le nom de Dieu?].

On peut qualifier Foi et savoir d'Essai d'axologie car c'est là qu'il définit l'axiome, et là aussi qu'il propose quelques axiomes dans un certain ordre, comme celui du deux ou celui de l'à-venir. On est loin du more geometrico spinozien, mais le souci de présentation y rejoint quand même le souci de l'éthique (à distance de la religion, ni dedans ni dehors).

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Science et religion sont indissociablement liées, dans une logique d'auto-immunité de l'indemne]

[Dans la notion indo-européenne de Dieu (le lumineux, le céleste), la lumière commande et commence le discours]

Dans la religion comme dans la raison, un "Je promets la vérité" est toujours à l'oeuvre, où déjà la place de Dieu - celle du témoin - est invoquée ou convoquée

L'aporie de notre temps, son anachronie absolue, c'est qu'un même principe abstrait conduit aux surenchères les plus opposées : des technosciences aux intégristes

Notre horizon, ici maintenant, est une absence d'horizon : des lieux sans issue ni chemin assuré, sans dehors prévisible, qui conditionnent l'avenir

Il y a plus d'Un, c'est-à-dire au moins deux, ce qui implique une alliance à plus de deux : n + Un

Dieu est le témoin absolu que, même en son absence, on prend à témoin; le nommer, même d'un nom imprononçable, c'est l'appeler

On peut désormais penser une "autre tolérance" comme scrupule, retenue, respect devant la distance de l'altérité infinie

Une structure universelle de la religiosité est l'arrêt, la halte respectueuse devant ce qui doit rester sain et sauf

La singularité de notre temps, c'est que la nouvelle alliance ou Internationale ne peut se développer que sur les réseaux télé-technologiques qu'elle combat

Pour changer le droit, le faire progresser, il faut mettre en jeu deux pôles irréductibles l'un à l'autre mais indissociables : le concept pur et le processus empirique

La religion et la raison ont la même source qui se divise en s'opposant à elle-même : le lieu de la croyance, de la fiabilité, de la fidélité, du fiduciaire et de la foi

L'indemne, c'est l'être dans sa propriété

Le phallique, dans sa différence, a une double valeur : sa pure et propre présence / son fantôme, son spectre, son fétiche

La prolifération mondiale et l'universalisation de scènes de repentance ou d'excuses tend à effacer la dimension du pur pardon qui n'est ni politique, ni social

Il y va, dans la religion, d'une résistance à la disjonction, à l'altérité absolue - d'une production insistante du "même"

Il faut privilégier l'exemple de Heidegger à cause de l'extrêmité de ce qu'il dit

Le concept de "crime contre l'humanité" introduit une mutation radicale, une conversion mondiale à la sacralité de l'humain

L'indemne, le propre, n'est-ce pas la chose même de la religion?

Aujourd'hui, la question de la religion arrive machinalement à revenir, pas comme question de la religion elle-même, mais comme question de la question - celle du mal radical

Les deux sources de la religion présupposent un axiome unique, irréductible mais double, qui doit rester intact et donner lieu à un acte de foi

Le secret de l'expérience testimoniale se livre dans l'interruption absolue du rapport à l'autre : en déjouant toute contemporanéité, elle ouvre l'espace même de la foi

Un mouvement quasi-machinique d'exappropriation attache et arrache, selon une logique d'auto-immunité, à la religion, la famille, l'identité, l'ethos, le lieu, l'idiome, etc...

Une révélabilité, plus originaire que la révélation, indépendante de toute religion, est peut-être le lieu d'origine de la foi

Entre un pardon effectif, qui suppose quelque pouvoir souverain, et un pardon digne de ce nom, inconditionnel, sans pouvoir ni souveraineté, l'aporie est irréductible

On ne peut jamais être assuré d'un athéisme radical, car le désenchantement est la ressource même du religieux

La technoscience, qui arrache à toute identité et filiation propres, favorise un usage magique, archaïque, de la machine et des artefacts

Toute communauté est une "commune auto-immunité" : témoignant de l'héritage pour lequel elle se sacrifie, elle est travaillée en silence par la pulsion de mort

On ne peut penser le Contemporain que "dans l'anachronie criante de la dislocation du même"

Le messianique, ou messianité sans messianisme, est une structure irréductible, une expérience de la croyance qui fonde tout rapport à l'autre dans le témoignage

Khôra, lieu abstrait de l'espacement, ne se laisse dominer par aucune instance théologique, ontologique ou anthropologique

La mondialatinisation est une alliance étrange du christianisme, comme expérience de la mort de dieu, et du capitalisme télé-technoscientifique

Le pardon pardonne seulement l'impardonnable

L'effet phallique tient ensemble les deux sources de la religion : ce qui est intact, indemne, automatique (le machinique); ce qui se gonfle de présence vivante (la foi)

La langue et la nation forment le corps historique de toute passion religieuse

Pour penser la religion aujourd'hui, il faut la relier à un mal d'abstraction, un déracinement dont les lieux sont : la machine, la technique et la technoscience

Le témoignage est à la confluence des deux sources de la foi : en promettant la vérité par-delà toute preuve, il atteste de l'indemne (sacralité) et du fiduciaire (croyance)

En un lieu désertique, d'extrême abstraction, s'ouvre la possibilité du lien à l'autre en général, du lien fiduciaire qui précède toute communauté ou religion positive

Axiome : nul à-venir sans héritage, possibilité de répéter, itérabilité, alliance à soi, confirmation du oui originaire, mémoire et promesse messianique

L'expérience de la croyance présuppose celle du témoignage, du crédit qu'on accorde à la "bonne foi" du tout autre

Le droit de grâce, modèle exemplaire du pardon pur, incarne le principe transcendantal de la souveraineté

La dignité de l'homme, c'est que, en témoignant du non-vivant qui l'excède (loi, Dieu, transcendance), la vie ne vaut qu'à valoir plus qu'elle même

La loi est fondée sur un événement performatif, une décision de l'autre dans l'indécidable, qui ne peut appartenir à ce qu'elle institue

Une figure radicale du mal marque notre temps et nul autre : le mal d'abstraction, porté par la machine et les technosciences

L'annulation de l'avenir est le plus grand risque, le mal radical qui nous menace

Le pardon inconditionnel est fou : c'est une surprise, une révolution, un événement hétérogène à la politique et au droit, une éthique au-delà de l'éthique

Le pur pardon est sans limite, sans norme, sans modération ni finalité : il est exceptionnel et extraordinaire, à l'épreuve de l'impossible

Pour qu'arrive un pardon effectif, concret, il faut que reste irréductible l'idée d'un pardon pur, inconditionnel, dépourvu de sens, de finalité et d'intelligibilité

L'essence du pardon exige un face-à-face personnel qui n'engage que des singularités absolues

Ni l'Etat, ni aucune institution ne peut pardonner : seule une victime le peut

Il faut penser ensemble - mais autrement - savoir et foi, technoscience et religion, calculable et incalculable

L'archi-originaire de la religion se tient en un lieu de retrait où tout crédit se fonde : désert dans le désert, origine qui est la duplicité même, entre khôra et messianisme

La religion croise deux veines irréductibles l'une à l'autre : croyance en un tout-autre auquel on peut accorder foi, crédit; expérience de l'indemne, du sacré ou du saint

Le mot "religion" circule dans le monde en latin, en anglais, comme l'événement unique, intraduisible, d'une "mondialatinisation"

Dans sa duplicité, son ellipse originaire, la religion exige et exclut le sacrifice et la prière

L'actuel retour du religieux, original et sans précédent, est aussi porteur d'une destruction radicale du religieux

Toute sacralité, croyance, pensée ou autorité - religieuse ou non - reposant sur un axiome peut être critiquée, combattue ou rejetée au nom de ce même axiome

Devant le mal d'abstraction d'aujourd'hui, il n'y a ni salut, ni chemin, ni issue - car l'acte de foi y a toujours partie liée avec son opposition

L'acte scientifique est lié par essence au savoir et au "faire" de la communauté scientifique; il est structurellement performance, performativité, technoscience

Les guerres de religion d'aujourd'hui et leur diffusion audiovisuelle dans le cyberespace témoignent puissamment de la relance accélérée des spectres fondateurs

Tout témoignage, serment, attestation ou adresse engendre et invoque un dieu auquel promettre la vérité

Dans la religion, le tout autre fait la loi et prescrit la réponse et la responsabilité

Une nouvelle cruauté allie la calculabilité technoscientifique la plus avancée à la sauvagerie la plus archaïque

Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)

Khôra n'est rien : le lieu d'une restance infinie, d'un immémorial désert dans le désert, impassible, sans visage, tout-autre

Le "messianique", c'est laisser venir l'autre, s'exposer à la surprise absolue de sa décision, sans rien en attendre

Un lien entre singularités (relegere) fait de scrupule et de respect précède toute religion positive qui lie les hommes entre eux ou avec Dieu (religare)

Quand le fondement de la croyance se dérobe, quand il perd la trace de lui-même, la religion ne peut que commencer et recommencer

De la Shoah, aucune institution religieuse au monde ne sortit indemne, immune, saine et sauve

La révélation abrahamique (Terre promise) n'est pas seulement un événement : elle ouvre et engage l'historicité de l'histoire dans l'horizon messianique

Une circoncision est une épreuve de l'indemne

Comme la bénédiction, la prière se tient au-delà du vrai et du faux; elle appartient au régime originaire de la foi testimoniale

Au-delà de la théologie négative, le lexique hébraïque peut ouvrir à un athéisme radical : la sainteté du kidouch

Foi et Savoir, suivi de Le Siècle et le Pardon (Jacques Derrida, 2000) [FS]

 

 

 


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