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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
Derrida, sur sa vie | Derrida, sur sa vie | ||||||||||||||||
Sources (*) : | Le montage, machine à illusions | Le montage, machine à illusions | |||||||||||||||
Jacques Derrida - "Le cinéma et ses fantômes (interview dans les Cahiers du cinéma, avril 2001)", Ed : Cahiers du Cinéma, 2001, p82 Street Art - |
Derrida, le cinéma | L'écriture de Derrida est comparable à un film : bande-son jouissive par la composition, le rythme, la narration ou la mise en scène, plus que par l'effet de vérité |
Derrida, le cinéma | ||||||||||||||
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Pour rendre compte de ce qu'il dit de sa façon d'écrire, il faut d'abord le citer : "Je ne crois pas abuser en disant que, consciemment, quand j'écris un texte, je "projette" une sorte de film. Ce qui m'intéresse le plus dans l'écriture c'est moins, comme on dirait, le "contenu" que la "forme" : la composition, le rythme, l'esquisse d'une narrativité particulière. Un défilé de puissances spectrales produisant certains effets assez comparables au déroulement d'un film. Cela s'accompagne d'une parole, que je travaille comme sur une bande à part, si paradoxal que cela paraisse. C'est du cinéma, incontestablement. Quand et si je jouis à écrire, c'est de cela que je jouis. Ma jouissance n'est pas, avant tout, de dire "la" vérité, ou le "sens" de la "vérité", elle tient dans la mise en scène, que ce soit par l'écriture dans les livres ou par la parole dans l'enseignement. Et je suis très envieux de ces cinéastes qui, aujourd'hui, travaillent au montage sur des machines ultrasensibles permettant de composer un film d'une manière extrêmement précise. C'est ce que je recherche constamment dans l'écriture ou la parole, même si, dans mon cas, ce travail est plus artisanal, et si j'ai la faiblesse de croire que l'"effet" de sens ou l'"effet" de vérité, c'est encore le meilleur cinéma" (Cahiers du cinéma, Avril 2001, p82). |
Que cette façon d'écrire, quasi-filmique, soit la meilleure pour lui, la plus adéquate, celle qu'il met en œuvre le plus spontanément, tient aux affinités entre le cinéma et son écriture. C'est ce qu'il appelle l'"écriture déconstructive" : greffer, couper, coller, insérer, croiser, intercaler des rythmes, des tonalités, des langues, les juxtaposer, les traduire, composer, monter des textes et des citations. Tout cinéma n'est pas déconstructif, mais l'écriture déconstructive aurait toujours quelque chose du cinéma. Quoi ? Si l'on s'en tient à ce qui est dit dans cet entretien donné aux Cahiers du cinéma, il y a dans l'écriture derridienne une dimension passionnelle, un désir de se libérer, d'ignorer les interdits, qui à la fois : - reste fidèle aux puissances spectrales (les auteurs, les sources, les traditions), - y résiste par les silences, les interruptions, les ellipses, les anacoluthes, - mette en scène (comme les films) la situation paradoxale née de cette déliaison ou division. La mise en scène dans la dramaturgie derridienne, passe par la voix, une voix avec son accent, ses tonalités. Il faut la présence de cette voix "contre" laquelle il a écrit pour faire croire, donner du poids à sa parole, en faire une sorte d'invocation, de prière, - produire un effet de vérité. Il y a une dénégation autour de cela. La jouissance, dit-il, ne tient pas à dire la vérité, à en donner le sens, mais quand même, l'effet de vérité, c'est ce qu'il y a de meilleur. Comment une écriture qui s'en prend à l'autorité du discours peut-elle séduire ? Il faut une forme, une narrativité, une parole qui s'entende. |
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Création
: Guilgal |
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Idixa
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Derrida DerridaBiographie 2001.OT.JQD ArtMontageIQ.KJA DerridaCinemaHV.JKI T.autobiographie Rang = TEGenre = MK - NG |
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