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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le pharmakon                     Derrida, le pharmakon
Sources (*) : Derrida, auto - immunité               Derrida, auto - immunité
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 22 février 2007 Derrida, l'autre

[Derrida, le pharmakon]

Derrida, l'autre
   
   
   
Derrida, le supplément Derrida, le supplément
Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida    
Derrida, la vie, la survie                     Derrida, la vie, la survie    

Proposition : Le "pharmakon" est ce qui, surgissant du dehors, force le vivant à avoir rapport à son autre, au risque d'un mal d'allergie.

 

1. Le schéma platonicien.

Platon est réticent devant l'usage de remèdes ou de drogues (l'un des sens du mot grec pharmakon) pour se soigner. Selon lui, le corps évolue de manière autonome, endogène. Si des maladies l'affectent, c'est à cause de facteurs hétérogènes contre lesquels il résiste. En introduisant un médicament (pharmakon), avant le terme fixé pour la maladie, on risque de l'aggraver. Il est préférable de laisser la maladie suivre son cours jusqu'à la guérison.

Ce schéma peut être généralisé. Pour Platon, un être autonome qui n'aurait aucun rapport à aucun dehors serait immortel et parfait, comme un dieu. Le pharmakon est un parasite, une limite à la vie, un excès. Surgissant du dehors, il force le vivant à avoir rapport à son autre, au risque d'un mal d'allergie (auto-immunité). Si Platon, par la bouche du roi d'Egypte qui répond à Thot, rejette l'écriture, c'est parce que, selon lui, elle empêche la connaissance directe de soi. Elle oblige à chercher dehors.

 

2. Supplément.

Le mot "pharmakon" ne signifie pas seulement "remède". C'est aussi une couleur, une teinte artificielle, un maquillage, un poison - ou encore un bouc émissaire, toutes ces choses qui sont supposées venir de l'extérieur pour induire en erreur, tromper. Ces choses qui sont là depuis l'origine, Platon voudrait les sacrifier, les détruire, comme le voudra après lui la tradition gréco-occidentale. Les structures (la société, l'institution, le langage, les systèmes d'opposition) ont pour fonction de dire le vrai, de supprimer les imitations, d'inverser le pharmakon. Pourtant il ne disparaît pas. Il vient en plus, il reste en réserve, en excès, dans le mouvement irréductible qui produit la différance, et Platon lui-même, en cherchant à le retourner par l'ironie socratique, ne fait que le précipiter.

 

3. Milieu.

Le pharmakon n'a pas d'identité. C'est un milieu élémentaire, mixte, impur, sans essence stable ni caractère propre [ce qui le rapproche de la khôra]. Il peut n'avoir pas d'autre matérialité que la voix nue. Il est parfois remède, parfois poison, parfois dedans, parfois dehors, et toujours ambivalent.

 

4. Adresse.

Dans toute adresse, toute demande, tout appel, il y a un risque que le destinataire ne réponde pas, qu'il suscite la haine ou la peur. Et pourtant il faut bien s'adresser à lui - comme à un pharmakon.

On peut comparer une oeuvre à un pharmakon. Comme lui, elle est orpheline, abandonnée par son père (son auteur), intransmissible. Habitant dans le discours et au-dehors, intelligible et sensible, limitée par ses bords et hors-cadre, elle s'adresse à un destinataire inconnu.

 

 

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Propositions

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Dans la pharmacie, les pharmaka sont tenus en réserve pour la production de la différance

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Le pharmakon n'a ni identité idéale, ni essence stable, ni caractère propre

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Le pharmakon est le milieu élémentaire, mixte, antérieur, impur, où se produit la différenciation

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Toutes les langues héritières de la métaphysique occidentale ont sur le "pharmakon" un effet d'analyse qui le détruit violemment

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L'inversion du pharmakon est à l'origine de l'épistémé, du logos et de la soumission à la loi

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Le pharmakon est un "bouc émissaire" nourri par la cité, puis sacrifié pour la purifier d'une infection après une crise

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Même par la voix nue, sans organe ni instrument, le pharmakon agit

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Un tant qu'écriture, le "pharmakon" est un excès, une sortie hors de la série des oppositions; mais il est aussi l'étrange différence qui rend possible la sérialité

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L'écriture conduit les hommes à chercher la connaissance au-dehors et non pas en eux-mêmes

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Pour renverser le pouvoir, l'ironie socratique précipite un "pharmakon" au contact d'un autre ou retourne sa surface

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L'opération mimétique s'apparente à celle du "pharmakon" grec, ce remède-poison

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La différance s'arrête quand le jeu ambivalent qui produit des pharmaka semble se fixer en des termes opposés

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Une scène de famille met sans cesse en question la maîtrise des pharmaka qu'on devrait se transmettre de père légitime en fils bien né

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Une oeuvre (ergon) est un "pharmakon" dont aucun père ne répond - comme l'écriture

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Le pharmakon s'exhibe ("Bleu Remix", de Yann Marussich)

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En grec, "pharmakon" signifie la peinture dans le sens de couleur, teinte artificielle

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La phrase téléiopoétique ou messianique porte en elle une dénégation structurelle : en appelant le dangereux "peut-être", elle refoule la peur ou la haine qu'elle suscite

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Dans certaines oeuvres, l'essence du pharmakon est montrée telle quelle. C'est le cas de Bleu Remix de Yann Marussich.

 

 


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