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La sagesse n'a aucun contenu                     La sagesse n'a aucun contenu
Sources (*) : Platon               Platon
Platon - "Apologie de Socrate", Ed : Pléïade (OC, t1), 1950, pp152-4 (21-22)

 

Un sage (Guan W.) -

La sagesse de Socrate est celle de celui qui sait qu'il ne sait pas, et qui fait savoir à ceux qui se croient sages qu'ils ne savent pas non plus

   
   
   
                 
                       

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Nous sommes en 399 avant J-C, à Athènes. Socrate se défend devant le tribunal qui veut le condamner à mort en raison d'une plainte qui l'accuse, entre autres, de travailler témérairement à scruter les choses qui sont sous la terre comme celles qui sont dans le ciel. Cette accusation est fausse dit Socrate. En réalité, ce dont on l'accuse, c'est de posséder une sagesse d'un type très particulier, une sagesse à la mesure de l'homme, celle qui consiste à n'avoir aucune connaissance. Si l'oracle a déclaré que Socrate était le plus sage des hommes, c'est parce qu'il a reconnu qu'il ne valait absolument rien sous le rapport de la sagesse. Ceux qui ont une réputation de sagesse, en réalité, ne savent rien. La pire ignorance, c'est de s'imaginer savoir ce qu'on ne sait pas. En disant cela, Socrate se rend odieux, ce qui est la preuve que ce qu'il dit est juste, c'est-à-dire que, dans le type de sagesse qui est le sien, il surpasse tous les autres.

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A la suite d'une défaite catastrophique face aux spartiates dans la guerre du Péloponnèse, les politiciens d'Athènes cherchaient des responsables. Ils s'en sont pris à tous ceux qui, selon eux, menaçaient les valeurs traditionnelles. Socrate, dont la laideur était proverbiale et qui vivait à sa façon, se moquant des normes de la cité, pouvait être assimilé aux sophistes. On l'a accusé de trois crimes : corruption de la jeunesse, impiété, introduction de nouvelles divinités dans la cité. A son procès, il se défend mal, refuse le discours persuasif, et affirme même qu'on devrait le nourrir dans le Prytanée en récompense de sa conduite juste. Pour lui, vouloir vivre à tout prix est loin d’être la meilleure façon de vivre. Les juges sont choqués par son arrogance et optent pour la peine de mort (par 360 voix sur 500 ou 501). Ses amis lui proposent de s'évader mais il refuse. Il a toujours accepté la démocratie, et doit donc se soumettre à son verdict. Il attendra calmement, au cap Sounion, que s'achève son dernier sursis.

Au moment de sa condamnation, il affirme devoir "un coq à Asclépios" (le dieu guérisseur d'Athènes) - car Asclépios le guérit de la vie en lui donnant la mort.

Pourquoi Socrate attirait-il l'hostilité des Athéniens? Qu'y avait-il en lui de si insupportable pour qu'on veuille à tout prix l'éliminer? Il vivait pauvrement, n'exerçait aucun métier, parcourait les rues pour dialoguer avec ses concitoyens, mais au fond n'attendait rien d'eux. Il affirmait ne rien savoir, mais passait son temps à enseigner aux autres. Il refusait de participer à la vie quotidienne de la cité, mais portait sur elle un jugement radical. Il était proche des puissants et des conservateurs, mais il critiquait vertement la société (notamment le lien familial). Il prétendait accéder à la connaissance par la maïeutique (faire accoucher les autres de leurs propres pensées), mais leur reprochait de ne rien savoir, eux non plus. Il critiquait la rhétorique des sophistes, mais maîtrisait, mieux que personne, la dialectique. Il multipliait les raisonnements qui aboutissaient toujours à des contradictions radicales, des apories. Il méprisait ces démocrates qui auraient pu le défendre. C'est son refus de trancher, son rejet de toute croyance, qui l'a condamné.

 

 

Dans son Apologie de Socrate, Platon raconte comment Chéréphon, l'ami d'enfance, avait demandé à l’oracle de Delphes s’il existait quelqu’un de plus sage que Socrate. La Pythie avait répondu : "Il n'y a pas d'homme plus sage, plus libre, plus juste, plus sensé que Socrate". Socrate se demande ce que l’oracle a pu vouloir dire. Il interroge des spécialistes de son temps (hommes d’Etat, poètes, artisans), pour découvrir quelqu’un de plus sage que lui. Mais aucun d'entre eux n'est capable de fournir les preuves de ce qu'il avance.

CITATION : "Cet homme, me sembla-t-il, passait aux yeux de beaucoup de gens et surtout à ses propres yeux pour quelqu'un qui savait quelque chose, mais ce n'était pas le cas. Et le résultat fut que je m'attirai son inimité et celle de plusieurs des gens qui assistaient à la scène. En repartant, je me disais donc à moi-même : "Je suis plus savant que cet homme-là. En effet, il est à craindre que nous ne sachions ni l'un ni l'autre rien qui vaille la peine, mais, tandis que, lui, il s'imagine qu'il sait quelque chose alors qu'il ne sait rien, moi qui effectivement ne sait rien, je ne vais pas m'imaginer que je sais quelque chose. En tout cas, j'ai l'impression d'être plus savant que lui en ceci qui représente peu de chose : je ne m'imagine même pas savoir ce que je ne sais pas. " (Platon, Apologie de Socrate).

 

 

 


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