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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Historique = onirique                     Historique = onirique
Sources (*) : La photo atteste d'un "Ça a été"               La photo atteste d'un "Ça a été"
Roland Barthes - "La chambre claire, Note sur la photographie", Ed : Cahiers du Cinéma Gallimard Seuil [pas moins], 1980, p102

 

Portrait de sa femme ou de sa fille (FŽlix Nadar, 1890) -

A présent, tout art est photographique

Avec la photographie, on laisse revenir ce qu'aucune anamnèse, aucune Histoire ne peut restituer : la science impossible de l'être unique

A présent, tout art est photographique
   
   
   
                 
                       

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Roland Barthes a écrit La chambre claire entre le 15 avril et le 3 juin 1979, peu après la mort de sa mère, avec laquelle il vivait, le 25 octobre 1977. Il lui a peu survécu, puisqu'il est lui-même décédé le 26 mars 1980, quelques semaines après avoir été fauché par une camionnette, à peu près au moment de la publication de ce livre. Voici donc un écrit qui témoigne d'un double deuil : celui de sa mère par l'écrivain, et celui de l'écrivain par le texte. La première phrase du chapitre 25 pourrait être la phrase originelle du livre : "Or, un soir de novembre, peu de temps après la mort de ma mère, je rangeai des photos".

En rangeant des photos, il n'espérait aucune résurrection de ce visage aimé. Elles ne renvoyaient à rien de ce qui pouvait le toucher, mais à ce qu'il nomme l'Histoire, un temps sans substance, qu'aucune anamnèse ne permet d'entrevoir. Comme l'hystérique dont l'existence dépend de la considération d'autrui, l'Histoire n'existe que si quelqu'un porte un regard sur elle. Or Roland Barthes ne reconnaissait pas sa mère sur les photos, il ne retrouvait pas ses yeux clairs, sa discrétion, jusqu'au moment où il est tombé sur une photo de 1898, qu'il nomme la Photographie du Jardin d'Hiver, avec majuscules. Sa mère n'a que cinq ans, mais sur son visage se manifeste sa douceur, sa bonté, son innocence souveraine, son unicité.

Pour retrouver sa mère en elle-même, il aura fallu qu'il monte dans le temps, un mouvement qu'il avait vécu dans la réalité, quand il avait dû s'occuper de sa mère âgée, faible et malade, redevenue petite fille, comme si elle était devenue sa fille à lui, comme s'il l'avait engendrée, comme si maintenant il n'avait plus qu'à attendre, lui, sa mort totale. C'est donc cette Photographie-là, celle du Jardin d'Hiver, qu'il a prise comme guide de ce livre, c'est elle qui l'a conduit pour réfléchir à l'essence ou l'évidence de la photographie. Il fallait pour cela qu'il se détache de la science, du socius (ou studium). Sa famille singulière n'est pas la Famille, et sa mère n'est pas la Mère. La photo renvoie à une singularité irréductible, irremplaçable. Après elle, la vie serait sans qualité, inqualifiable.

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Ne livrant aucune photo de sa propre mère, Roland Barthes montre ce visage photographié par Félix Nadar, dont on ignore s'il était celui de sa mère ou de son épouse. C'est, selon Barthes, "l'une des plus belles photos au monde; il avait produit une photo surérogatoire, qui tenait plus que ce que l'être technique de la photographie peut raisonnablement promettre". Et d'ajouter cette légende : "Quel est, à votre avis, le plus grand photographie du monde? - Nadar".

 

 

Thème benjaminien : l'histoire ne peut se construire et s'assumer qu'au présent, ou à partir d'images qui sont le centre du processus historique.

 

 

 


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