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Sous la photo, la mort                     Sous la photo, la mort
Sources (*) : A présent, tout art est photographique               A présent, tout art est photographique
Roland Barthes - "La chambre claire, Note sur la photographie", Ed : Cahiers du Cinéma Gallimard Seuil [pas moins], 1980, p144

 

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[La photographie est la façon dont notre temps assume la mort - sans l'assumer]

   
   
   
                 
                       

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Une "crise de mort" commence vers le milieu du 19ème siècle, à l'époque où nait la photographie. La mort est déniée, mais il faut bien qu'elle soit quelque part. Elle peut se (re)trouver dans la photographie, cette image arrêtée, immobile, pleine, qui prétend conserver la vie. Mais sous l'alibi du vivant éperdu, c'est un agent de la Mort.

La religion recule, et avec elle les rites funéraires, comme s'il n'y avait plus rien à dire de la mort. A la place des monuments, on fait des photographies, elles-mêmes mortelles. Ces photos peuvent attester de ce qui a été, mais elles ne peuvent fabriquer ni histoire, ni mémoire. C'est la mort littérale, asymbolique, impuissante à concevoir la durée. Trop pleine, trop plate, elle ne fait pas penser, ne transforme pas. Elle exclut toute catharsis. C'est un arrêt qui peut vieillir lui aussi, comme les supports papier de la photographie argentique, comme les témoins de son dépérissement, y compris le présent livre de Roland Barthes, La chambre claire, qui ne sera bientôt plus, selon l'auteur, que "la trace archaïque" du rapport à la mort. En écrivant ce livre, Barthes se vit comme l'un des derniers témoins de la disparition de la durée. Il témoigne de l'écrasement du temps qui peut encore se lire dans la photographie historique, de la tyrannie d'un monde déréalisé, où tout se transforme en images.

Pourtant quelque chose en elle me rend fou. J'ai pitié de cet être dont le regard insiste et qui a été vivant, aimant. J'expérimente une mort qui a l'aspect troublant du vivant.

Toute photo sera un jour jetée aux ordures. Avec elle disparaîtra la vie, et aussi l'amour.

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En s'émancipant du corps mortel, la photographie numérique peut rendre l'espoir d'une immortalité. Mais elle aussi, pour être vue, implique notre corps vivant. C'est une fiction.

 

 

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Propositions

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On a cru au début que les images photographiques évinceraient la mort - alors qu'elles en sont au contraire une expérience inédite

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[La Photographie ne remémore pas le passé, elle atteste que cela que je vois, "ça a été"]

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Le "ça-a-été", plus ou moins gommé dans l'instantanéité de la photo d'actualité, se lit à vif dans la durée de la photographie historique

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Dans toute photographie, ce qui est photographié est un spectre : il y a retour du mort

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Le "Ça a été" de la photographie analogique constitue une epokhè (suspension, interruption) irréductible dans le rapport au temps, à la mémoire et à la mort

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L'image photographique est pleine : elle emplit de force la vue, il n'y a plus de place, on ne peut rien y ajouter

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Quand le réel du "Cela a été" rejoint la vérité du "C'est ça", la Photographie peut rendre fou

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Dans notre société où la photographie écrase de sa tyrannie les autres images, tout se transforme en images, déréalisant le monde

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La photographie numérique tend à bannir le corps mortel en inventant des simulations désarrimées du corps; mais cette immortalité n'est qu'une fiction

 

 

 


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