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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Jacques Rancière                     Jacques Rancière
             

 

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Page créée par le scripteur le 11 mai 2007.

[A partir de Jacques Rancière (né en 1940)]

   
   
   
                 
                       

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- Bibliographie de Jacques Rancière.

 

Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, professeur émérite en esthétique et politique au département de philosophie de l'Université de Paris VIII.

 

Avec la fin de l'ère de la mimesis commence un nouveau régime de l'art. Jacques Rancière récuse les termes de modernité et de post-modernité et l'appelle régime esthétique de l'art. On peut définir ce régime comme un partage du sensible fondée sur l'égalité de sujets qui ne sont plus définis par leur appartenance sociale. L'art est porteur d'une radicalité spécifique, intrinsèquement politique. Il institue un type de temps et d'espace spécifique qui déchire l'ordinaire de l'expérience. La scène sur laquelle il intervient n'est pas celle de la politique courante, mais celle d'une métapolitique ou d'une micropolitique, où des performances hétérogènes se traduisent les unes dans les autres. Quelles que soient ses formes de visibilité (art abstrait, figuratif ou contemporain), il se heurte à une antinomie : affirmer en même temps le propre de l'art, l'égalité de tous et le libre jeu esthétique.

Le véritable art critique est celui qui introduit de la séparation, du dissensus dans l'expérience ou le sensible. Ce n'est pas celui qui prétend dire le vrai ou émanciper. Quand l'art se proclame politique, il ne fait que répéter le consensus et multiplier les signes, en reproduisant le régime de visibilité qu'il dénonce.

Le récent tournant éthique tend à réduire toute appartenance à l'exercice des droits de l'homme. En exigeant des réponses absolues, au-delà du droit, il conduit à proposer (voire à imposer) de nouvelles normes.

 

Élève de Louis Althusser, il participe en 1965 à Lire le Capital avant de se démarquer de son maître. À la fin des années 1970, il anime avec d'autres jeunes intellectuels comme Joan Borell, Arlette Farge, Geneviève Fraisse, le collectif Révoltes Logiques qui remet en cause les représentations du social traditionnel. Il se penche sur l'émancipation ouvrière, les utopistes du XIXe siècle (notamment Étienne Cabet) et commence à voyager régulièrement aux États-Unis. De ce travail naîtra sa thèse d'État parue sous le titre : La nuit des prolétaires. Dans Le philosophe plébéien, il rassemble des écrits inédits de Louis Gabriel Gauny, ouvrier parquetier et philosophe. Au milieu des années 1980, il s'intéresse à un autre personnage peu conventionnel : Joseph Jacotot qui au début du XIXe siècle remit radicalement en cause les fondements de la pédagogie traditionnelle. Cette étude donnera lieu à une biographie philosophique : Le maître ignorant. Il s'intéresse ensuite à l'ambigüité du statut du discours historique dans Les noms de l'histoire. Puis il explore les liens entre esthétique et politique.

Propositions (les têtes de parcours sont entre crochets)

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[On peut distinguer, dans la tradition occidentale, trois régimes d'identification de l'art : éthique, représentatif et esthétique]

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[Critique est l'art qui met de la séparation dans le tissu consensuel du réel]

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[Le régime esthétique de l'art repose sur l'égalité : en n'importe qui peuvent se rencontrer l'activité fabricatrice et l'émotion sensible]

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[Un spectacle n'est ni une cérémonie communautaire, ni un mystère religieux, mais une scène de l'égalité où des performances hétérogènes se traduisent les uns dans les autres]

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[L'art est politique par son efficacité singulière : il met à distance les hiérarchies établies et laisse jouer le dissensus des formes sensibles]

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[Pour préserver la démarche critique en art, il faut dénouer son lien traditionnel avec un horizon d'émancipation]

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[L'usage militant de l'image relève du même régime de visibilité que celui qu'elle dénonce]

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[Un tournant éthique affecte aujourd'hui l'esthétique et la politique : un droit humanitaire, de justice infinie, au-delà de tout droit, qui évacue le droit même]

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[Antinomie du modernisme : plus on accentue le "propre de l'art", plus on est conduit à assimiler ce "propre" à l'expérience d'une altérité radicale]

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["Post-moderne" est le nom donné à l'échec du modèle téléologique de la modernité]

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La question des dominés n'est pas la prise de conscience des mécanismes de la domination, c'est celle du dissensus : se faire un corps voué à autre chose qu'à la domination

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"Art contemporain" est le nom qui désigne ce qui vient prendre la place de la peinture en tant que dispositif d'exhibition ou forme de visibilité de l'art

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La politique de l'art actuel est une métapolitique : venir à bout du dissensus politique en changeant de scène

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Quand la photographie critique se fait oeuvre d'art, si elle n'est pas encadrée par des mots ou par le poids du silence, elle devient monstrueuse

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L'art moderne reposait sur une alliance entre radicalité de l'art et radicalité politique aujourd'hui défaite

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Le régime esthétique de l'art, c'est d'abord la gloire du quelconque : trouver, dans la matière courante ou dans la vie des anonymes, les symptômes du temps

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Dans le régime esthétique de l'art, l'art est identifié comme concept spécifique, mais il l'est par la défection même de tout critère le distinguant

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En mélangeant les hétérogènes, une micro-politique de l'art brouille les frontières entre art, non-art et politique et les délégitimise

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Il s'agit, dans l'art, d'affronter l'altérité de la matière sensible comme immatérialité

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Le régime esthétique de l'art est une forme sensible hétérogène par rapport aux formes ordinaires de l'expérience

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L'idée d'une radicalité de l'art suppose une puissance singulière de présence, d'apparition et d'inscription, capable de déchirer l'ordinaire de l'expérience

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Les droits de l'homme sont devenus les droits absolus du sans-droit, des droits exigeant une réponse elle-même absolue, au-delà de toute norme juridique formelle

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Le régime esthétique de l'art commence quand prend fin l'ère de la mimesis (régime de la représentation)

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L'art actuel tend à témoigner d'une commune appartenance éthique

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La radicalité éthique hérite de la radicalité moderniste l'idée d'un temps coupé par un événement décisif : la Shoah (qui remplace la révolution à venir)

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L'art contemporain recompose les hétérogènes jusqu'à rendre indécidable la distinction entre art et politique

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Le collage peut se réaliser comme pure rencontre des hétérogènes, ou à l'inverse mettre en évidence le lien caché entre deux mondes apparemment étrangers

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L'art est politique par l'écart qu'il prend par rapport aux formes ordinaires de l'expérience sensible et par le type de temps et d'espace qu'il institue

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Un art de l'irreprésentable est un art qui interdit certaines représentations en fonction de normes

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L'art critique pérennise un monde où la transformation des choses en signes redouble l'excès des interprétations et fait s'évanouir toute résistance des choses

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La révolution esthétique est un nouveau partage du sensible où un tissu vivant d'expériences et de croyances communes remplace l'ancienne mythologie

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Une photographie porteuse d'une tension entre plusieurs modes de représentation peut être dite "pensive"

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La question politique, c'est de savoir qui possède la parole, et qui ne possède que la voix

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Le post-modernisme n'est que le constat désenchanté de l'inconsistance du paradigme moderniste au regard de la réalité des mélanges esthétiques

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Le libre jeu esthétique définit un mode d'expérience inédit, porteur d'une nouvelle forme d'universalité et d'égalité sensible

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La plupart des professionnels de l'art du début du 21ème siècle défend l'idée d'un art modeste, plus ludique et ironique que critique, protestataire ou radical

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Dans le régime esthétique de l'art, un artiste aussi libre et insouciant qu'un enfant laisse une oeuvre pensive, en suspens

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Une image qui montre en un seul spectacle l'apparence brillante et la réalité abjecte est intolérable car elle relève d'un régime d'exhibition universelle lui-même intolérable

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L'art critique déplace et dérange la connexion ordinaire du verbal et du visuel

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Dans l'expérience esthétique se forme un tissu dissensuel qui change les modes d'énonciation, les cadres, échelles ou rythmes du visible, de l'audible et du représentable

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Comme toute action visant à changer les rapports sociaux, l'esthétique relationnelle identifie la pratique artistique à l'intention de l'artiste

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Les réformateurs modernes du théatre ont voulu arracher le spectateur à sa passivité, faire du spectacle une communauté vivante mettant en scène un corps actif

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L'émancipation n'est pas un triomphe du vrai sur l'illusoire, mais un nouveau partage social et esthétique des expériences vécues inédites de tout un chacun

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La vidéo est le lieu d'une hétérogenèse, d'une tension entre divers régimes d'expression où la pensivité de l'image est mise en jeu

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Il n'y a aucun secret caché dans l'image ni dans la machine, mais des scènes de dissensus susceptibles de survenir n'importe où, n'importe quand

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La tendance contemporaine à la monumentalisation des oeuvres est une résurgence de la vieille logique représentative

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L'efficacité propre au régime esthétique de l'art tient à une séparation entre ses formes sensibles et celles de la vie collective

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Paradoxe du spectateur : il n'y a pas de théatre sans spectateur, mais la place du spectateur est celle de l'être ignorant et passif

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Aujourd'hui la critique en art est paradoxale, car l'artiste fait partie de ce qu'il dénonce

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Le cinéma est un art impur ou de l'impureté, l'art du mélange en général, fait du mélange des autres arts (roman, musique, peinture, théatre)

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Dans l'art qui se veut politique, la tradition mimétique est dominante

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En reproduisant des schèmes interprétatifs déjà existants, l'art critique finit par tourner sur lui-même en une rhétorique ou une machinerie indiscernable de celle qu'il critique

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La pureté de l'oeuvre d'art autonome, auto-affirmée, témoigne de la dissonance d'un monde non réconcilié

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L'artiste critique se propose toujours de produire le court-circuit et le clash qui révèlent le secret caché par l'exhibition des images

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Bibliographie de Jacques Rancière

 

 

 


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