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Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 11 juillet 2007

 

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Le salut, aujourd'hui

Notre époque ne peut imaginer d'autre salut que le plaisir comme bien public (Barbarella, film de Roger Vadim, 1968)

Le salut, aujourd'hui
   
   
   
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Babarella vit seule. Elle est choisie à titre individuel par le président de son pays et part en misson seule. Pourtant elle appartient à une communauté. Sa force est d'être terrienne, rattachée à une tradition, une culture. Le mot "terre" prend ici tout son sens : c'est une territorialité, un territoire, contrairement à la planète Lytheion dont la capitale Sogo est construite sur un liquide, le matmos (l'océan du mal, qui contient l'énergie maléfique). Si elle sauve la Reine Noire, c'est grâce à l'origine dont elle témoigne, et aussi grâce au soutien de l'esprit : l'Ange Pyagar. La lutte est parfaitement claire : le bien contre le mal, l'esprit contre la matière. A part son côté kitsch, le film n'a donc presqu'aucune originalité. Le plaisir, bien entendu, est du côté du bien (c'est-à-dire de Barbarella, ce qui justifie son nom - il y a quelque chose en elle du bon barbare). L'amour émane de l'Ange. Si la Reine est sauvée, c'est parce qu'elle aime l'Ange. La Reine ne le tue pas, elle le conduit dans sa chambre à fantasmes pour en jouir. Si la Reine se conduit ainsi, c'est qu'il y a quand même en elle quelque chose de bon qui peut être sauvé (ouf!).

Le film est plus humoristique que scandaleux. Barbarella reste mesurée en tout. Même quand elle jouit, elle jouit beaucoup (quantitativement), mais elle ne succombe pas à la machine à excès. Elle pénètre dans la chambre aux fantasmes mais ne subira pas la punition prévue (l'engloutissement dans le méchant matmos), car elle est protégée par une sorte de bulle. Son compatriote Duran Duran est un peu plus excessif et les révolutionnaires aussi : ils sont engloutis. Dans le monde de Barbarella, on ne se laisse pas trop aller à son inconscient : juste assez pour garder en soi une bonne petite dose de petit plaisir plaisirocentrique et phallogocentrique (tout est si joli dans cette future terre que le principe de plaisir n'y accède même pas à la pulsion de mort).

 

 

Si l'on compare la figure de Barbarella à, disons, un tableau de Cézanne, par exemple les Grandes Baigneuses, on constate chez Cézanne une certaine étrangeté, quelques bizarreries formelles peu explicables. L'hétérogène s'y fraie un chemin, mais pas dans Barbarella : chez elle, tout est explicable. Il n'y a pas de reste (c'est ce qui la rend séduisante). Mais alors qu'est-ce qui les rapproche? Pourquoi imaginerait-on volontiers Barbarella dans un tableau cézanien? Elle est un symbole plus qu'un être humain, et Cézanne n'a pas encore quitté le symbolisme.

 

 

 


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1968.VA.DIM

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ProSalut

YL.BBL

ProEros

NV.LNJ

zm.Vadim.1968

Rang = ZC_Vadim_Barbarella
Genre = MH - NP