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Quelconque, n'importe q...                     Quelconque, n'importe q...
Sources (*) : Thierry de Duve               Thierry de Duve
Thierry de Duve - "Au nom de l'art (Pour une archéologie de la modernité)", Ed : Minuit, 1989, Formulation issue de ce texte de Thierry de Duve ainsi que d'autres auteurs

 

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Le cadre s'effondre

["Fais n'importe quoi!" est la maxime de l'art moderne et contemporain - et de la modernité en général]

Le cadre s'effondre
   
   
   
                 
                       

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L'un des axiomes de l'esthétique moderne, énoncé par Thierry de Duve, s'énonce : N'importe qui peut porter un jugement sur une oeuvre d'art. Il laisse au jugement de chacun la question de savoir ce qui est, ou n'est pas, une oeuvre d'art. Dès lors que cette maxime est acceptée, tout critère socialement imposé finit par être abandonné. Une égalité inédite se généralise, entre esthètes et entre objets. Si l'art moderne évolue inéluctablement vers le readymade, ce n'est pas par choix, mais en raison d'un impératif directement dicté par cette égalité.

Pour passer d'Alexander Gottlieb Baumgarten (1714-1762), inventeur de l'esthétique, à Thierry de Duve, il a suffi d'un tout petit pas, que Cézanne a probablement franchi dès 1866, quand il s'est mis à peindre n'importe quel motif (par exemple des pommes), avant de développer une sorte de mystique du quelconque. Du Fais ce que tu veux au Fais n'importe quoi, la distance est réduite, surtout quand on peut chausser les bottes de Cézanne pour glorifier le quelconque. Le résultat ressemble à une liberté absolue, où l'art pour entretenir un jeu infini avec son propre concept.

Dans d'autres domaines aussi, la linéarité recule, les hiérarchies se délitent. N'est-il pas devenu normal [et ce bien avant l'hypertexte] d'arriver dans un texte par n'importe quel bout? Et n'a-t-on pas le droit de tout dire (et n'importe quoi)?

On a donné toutes sortes de noms au "n'importe quoi". Schwitters l'appelait objet (i). Qu'est-ce qui nous empêche, aujourd'hui, de désigner n'importe comment les oeuvres que nous désirons, et aussi les courants dans l'art?

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Les experts doivent partager leur droit de regard avec tout un chacun; rude expérience qui semble inhiber leur courage critique. L'esprit a laissé place à la multitude des esprits.

 

 

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Propositions

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Axiome de l'art contemporain : "Tout homme ou toute femme a le droit de produire esthétiquement des jugements artistiques"

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N'importe qui a "droit de regard" sur une oeuvre : il peut lui prêter des voix, l'interpréter, la développer, en raconter la perspective

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L'art moderne repose sur un impératif auquel il est impossible de désobéir : "Fais ce que tu veux, agis selon ta libre volonté"

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Dans le régime esthétique de l'art, l'art est identifié comme concept spécifique, mais il l'est par la défection même de tout critère le distinguant

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Nous sommes entrés dans une époque où la liberté est si absolue que l'art ne semble être qu'un nom pour un jeu infini avec son propre concept

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L'art moderne se donne des finalités (l'art pour l'art, la politique, l'esthétique ou l'éthique) qui masquent son seul impératif absolu : "Sois libre et fais n'importe quoi"

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Maxime de l'art contemporain : "Fais n'importe quoi"

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Toutes les justifications de l'art moderne se déduisent des interprétations de l'injonction nue : "Fais n'importe quoi"

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Le régime esthétique de l'art, c'est d'abord la gloire du quelconque : trouver, dans la matière courante ou dans la vie des anonymes, les symptômes du temps

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Sous l'angle de la critique, on peut en droit accéder de n'importe où, dans n'importe quel ordre, dans un livre de philosophie pure

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Le readymade de Marcel Duchamp est le "n'importe quoi" absolu de l'art : n'importe qui disant, à propos de n'importe quel objet : "Ceci est de l'art"

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[Le régime esthétique de l'art repose sur l'égalité : en n'importe qui peuvent se rencontrer l'activité fabricatrice et l'émotion sensible]

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Le monde moderne est l'oeuvre de l'esprit : unique, incomparable et quelconque, environné d'esprits qui sont chacun le centre d'un peuple de semblables

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Ce qui spécifie l'oeuvre moderne (littéraire, poétique ou philosophique) est le droit de tout dire - ou de dire n'importe quoi

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La modernité en art est le passage d'un "Il est interdit de faire n'importe quoi, faisons-le", à un "Il est permis de faire n'importe quoi, faisons-le"

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Le postmoderne, règne du n'importe quoi, est la vengeance de la loi : "Fais n'importe quoi pourvu que ça marche!"

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Crâne et bougie (Paul Cézanne, 1866)

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Avec une pomme, je veux étonner Paris! (Cézanne, Pommes sur une table, 1900)

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Cézanne est un peintre mystique qui se contente de quelques harmonies de lignes et de tonalités prises sur des objets quelconques, sans se soucier de ces objets en eux-mêmes

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L'objet (i) est un objet quelconque équilibré et rythmé

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[En substituant d'autres noms à la nomenclature usuelle des styles, des genres et des courants, on peut transformer en profondeur notre perception de l'art]

 

 

 


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