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Francisco de Goya y Lucientes               Francisco de Goya y Lucientes
Ozzy Gorgo - "L'écranophile", Ed : Galgal, 1988-2007, Page créée le 10 septembre 2007

 

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Goya, artiste, personnifie les paradoxes et contradictions insurmontables de la modernité (Le fantôme de Goya, film de Milos Forman, 2005)

   
   
   
                 
                       

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Le titre américain originel n'est pas écrit au singulier. Il ne s'agit pas du fantôme de Goya, mais de ses fantômes (Goya's ghosts), titre bien plus vrai car on ne sait pas qui ils sont exactement, ces fantômes, on ne sait même pas s'ils apparaissent dans le film. Certes il y a deux êtres de fiction, la jeune Ines et le moine Lorenzo, mais ils sont un peu trop caricaturaux pour être vrais. Film académique dit la critique, trop narratif, film qui annonce fièrement dans son titre le ou les fantôme(s) de Goya, mais justement, n'en montre rien (d'où la déception).

Supposons que certains "défauts" du film reflètent des "défauts" d'un premier Goya (mettons, jusqu'à sa surdité) : une certaine complaisance, une séduction facile, un désir de plaire. Il était ravi qu'on lui commande quelques scènes champêtres ou galantes, et sa peinture éclate alors de sensualité (du Vendeur de vaisselle à l'Ombrelle, en passant par l'Escarpolette). L'autre face de Goya, la fascination du morbide, la remontée des pulsions, cette autre face transparaît dans le personnage falot du film, mais on ne la voit pas, on ne peut pas la voir dans cette fiction car elle est irracontable. Ainsi les spectres restent-ils invisibles et à peine audibles, sauf pour ceux qui devinent à demi-mot les motivations inavouées de Milos Forman.

Avec son personnage féminin pitoyable (Inès, la fille d'un riche commerçant mensongèrement accusée par l'Inquisition de judaïser, violée par le moine Lorenzo), le film s'enfonce sous une certaine tare hollywoodienne, mais quand même pas suffisamment pour passer complètement sous silence le Goya sourd, le Goya révolté mais impuissant, paralysé par ses propres contradictions.

L'incohérence de Goya, sa duplicité, c'est justement ce qui le rend moderne.

 

 

C'est ce Goya-là qui nous sert (à travers Milos Forman) une histoire tirée par les cheveux pour ne pas nous avouer son vrai malaise, celui dont nous percevons la désespérance et qui pourrait s'écrire : Je ne peux pas sauver cette fille. Il aurait eu l'occasion de la sauver, il l'aurait pu, mais il ne le fait pas. Il savait où se trouvait le mal et où se trouvait le bien, mais il n'a rien fait, pas même une de ces gravures vengeresses qui ont contribué à sa célébrité. Il n'offre même pas à cette pauvre fille le cadeau qu'il a offert aux innombrables victimes de ses gravures : les représenter. Il n'a à lui offrir qu'une misérable compassion. Il la laisse à sa misère, à sa folie, jusqu'au moment où sa propre culpabilité l'étouffe. C'est alors, on le suppose, qu'il s'enfermera dans la Maison du Sourd.

 

 

 


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