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TABLE des MATIERES :

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 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, dédoublement                     Derrida, dédoublement
Sources (*) : Les mots de Jacques Derrida               Les mots de Jacques Derrida
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2016, Page créée le 31 octobre 2007 Avec l'oeuvre, la mimesis prolifère

[Derrida, le double, dédoublement et duplicité]

Avec l'oeuvre, la mimesis prolifère Autres renvois :
   

Derrida, auto-affection

   

Derrida, auto-immunité

   

Derrida, le quatre

                 
                       

1. Commencements.

Ce pourrait être une figure de l'origine. Au commencement, Dieu créa la duplicité. De même que la torah commence par la lettre beth (deux), la pensée derridienne commence par la loi de l'hymen (deux), qui est aussi la loi de la dissémination (deux fois deux font quatre - dans le nom de Derrida, on trouve deux "r" et deux "d", ce qui donne quatre, le chiffre derridien). Mais les choses se compliquent dès le départ, car s'il y a au moins deux, c'est qu'il y a plus de deux.

Cette duplicité originelle prend, dans les livres, la forme de la préface. Pourquoi faire précéder un texte d'une préface? D'une part, pour présenter son contenu, son sens, comme si le texte ne se suffisait pas à lui-même; d'autre part, pour autre chose, une chose toute autre, hors livre. Une préface est toujours double et toujours supplémentaire.

"La préface écrite (le bloc du protocole), le hors-livre, devient alors un texte quatrième. Simulant la post-face, la récapitulation et l'anticipation récurrente, l'auto-mouvement du concept, elle est un tout autre texte, mais en même temps, comme "discours d'assistance", le "double" de ce qu'elle excède" (La Dissémination, pp37-39).

On pourrait aussi partir d'un récit biographique. Substitut d'un enfant mort, Derrida s'est toujours senti fils/non-fils, Juif/non-Juif, enseignant/non-enseignant, etc... Il ne s'est stabilisé que dans sa pensée du double, cette pliure sur soi qu'il appelle auto-affection. Victime d'une auto-immunité mortifère, il s'est combattu lui-même jusqu'à l'échec final (la mort). Il en reste une incroyable prolifération de textes eux-mêmes presque toujours doubles, comme Glas, et marqués par la duplicité du mot écriture dont il avait, au départ, fait son cheval de bataille. Car depuis le début (et même avant), il y a deux écritures comme il y a deux textes.

Dès la première trace, la différance sème l'autoduplication. Elle produit du supplément, qui lui-même est remplacé par son double, et ainsi de suite : un entraînement fatal qui peut faire peur. Toutes les formes de croyance ou de représentation sont affectées : la religion, avec ses deux sources (qui apparaissent dans l'étymologie ou les pratiques sacrificielles), la raison, l'imagination, la peinture. Cela vaut pour toutes les époques et plus particulièrement pour la nôtre - car le Contemporain, à une échelle démultipliée, crie la dislocation du même.

 

2. Proliférations du double.

En art, on a appelé mimesis cette duplication proliférante qui oscille entre fidélité et simulacre, et que Platon condamnait. Sa dangerosité tient (entre autres) à sa dissymétrie. Le double peut être dépareillé, comme les chaussures de Van Gogh dont la pliure pousse au mouvement, à la marche. Il peut blesser, perforer dans le seul but de faire oeuvre (Artaud). Borner la mimesis à l'imitation, c'est méconnaître la logique du double, qui est proliférante, additive et qui nous place sans cesse, comme Oedipe, devant une bifurcation. Tu peux toujours et encore monter à l'échelle, une autre échelle s'y ajoutera.

Toute phrase est métaphorique : d'une part elle s'inscrit dans une syntaxe, d'autre part elle se dissémine selon les occasions du texte.

Les grands auteurs - par exemple Marx - sont bifides, contradictoires. Il faut les recevoir comme un héritage : à la fois non choisi et réaffirmé, reçu et maintenu en vie.

On retrouve cette duplicité dans la figure de l'animal : à la fois bête naturelle dominée par l'homme et monstrueux artefact, au-dessus des lois.

Les concepts qui intéressent Derrida sont aporétiques. Pour le don, le pardon, l'hospitalité, la mort, l'invention, etc..., il y a d'un côté le possible soumis à certaines conditions, et d'un autre côté l'impossible, inconditionnel. Les deux usages sont hétérogènes et indissociables.

 

3. Spectralités.

Dans le présent ou dans la voix, un présent coexiste avec un plus-que-présent - une seconde présence qui dédouble la valeur du présent, la répète comme un fantôme, un spectre, un fétiche, un supplément phallique qui finit par se détacher de sa propre présence.

L'identification, chez Derrida, est hantée par le double. Un "Je" y côtoie un autre "Je", parergonal et supplémentaire. Ne se pense-t-il pas comme un autre prophète Elie, un autre Abraham?

 

4. Stratégies.

Prise dans cette logique irréductible, la stratégie de la déconstruction ne peut être que double : 1. renverser les hiérarchies (de l'intérieur); 2. désorganiser les systèmes (de l'extérieur).

Impossible de se dérober à une double intimation : 1. il faut écrire; 2. Il faut effacer. Ou encore : 1. La pensée est présence du logos, rencontre du prévisible et de l'anticipable. 2. elle est aussi imprévisibilité, excès, exposition à l'événement. Ainsi l'oeuvre derridienne repose-t-elle [si l'on peut dire] sur des séries de doubles contraintes (double binds) ou d'antinomies. Sa responsabilité rejoint celle de la communauté des philosophes : penser ces antinomies.

 

 

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Propositions

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Par la loi de l'hymen, la théorie derridienne du double prolonge l'inquiétante étrangeté freudienne

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Loi de la dissémination : tout commence par une doublure

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La structure du supplément implique qu'il puisse se faire remplacer par son double, et qu'un supplément de supplément soit possible et nécessaire

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Il y a plus d'Un, c'est-à-dire au moins deux, ce qui implique une alliance à plus de deux : n + Un

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Si l'oeuvre tient ensemble, c'est comme une double échelle qui reste disjointe

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Avec la dissémination, on ne peut compter ni par le un, ni par le deux, ni par le trois : c'est une pratique du quatre qui commence par la dyade

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La textualité intervient dès la première trace, qui déjà se marque de duplication, d'écho, de miroir

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Il y a dans la tradition occidentale deux écritures : logocentrique et disséminatrice

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Il y a deux textes - le texte courant et l'autre texte, comme il y a deux écritures

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L'écriture est le supplément par excellence puisqu'elle marque le point de redoublement initial où le supplément se donne comme supplément de supplément

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Ce qui va par deux n'est pas nécessairement une paire : comme les chaussures de Van Gogh, ça ne marche pas, ça boîte

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Les deux hospitalités sont hétérogènes et indissociables : conditionnelle, car il faut bien déterminer ce qu'on donne; inconditionnelle, car sans elle, on ne donnerait rien

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La déconstruction a une structure de double marque (double lecture, double écriture et double science) : l'une intérieure au logocentrisme (système d'oppositions), l'autre extérieure

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La stratégie générale de la déconstruction est double : intervenir en renversant les hiérarchies; désorganiser les systèmes en explorant les écarts

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Dans chaque déconstruction singulière, le mouvement d'une division fait apparaître l'impossible comme la seule possibilité digne de ce concept ou de ce thème

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Jacques Derrida répond à une double intimation : 1. Il faut créer/écrire; 2. Il faut effacer

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La puissance disséminatrice de la mimesis est méconnue par la "mimétologie" - ce système de miroirs compris dans la structure de l'ontologie

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La métaphore est double : 1/ elle s'inscrit dans une syntaxe et un système sémantique; 2/ elle dissémine selon les lignes du texte

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L'expérience de la pensée est double : présence du logos et aussi exposition à l'événement, à la venue du radicalement autre, sans charte ni carte

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Il y a deux types d'imagination : l'une est mimétique et l'autre met en jeu la productivité libre et spontanée

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La mimesis prolifère à l'infini par autoduplication

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La duplicité interne de la mimesis la divise vers deux points de fuite : soit la reproduction fidèle, soit le supplément qui fait exister un non-être

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Il faut chasser la mimesis car elle est doublement condamnable : inutile comme copie, elle est dangereuse comme simulacre ou tromperie

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Il y a, dans le présent, un présent simple et un plus-que-présent

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La voix donne aux sensations et intuitions une seconde présence, qui vaut dans le domaine de la représentation

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On ne peut penser le Contemporain que "dans l'anachronie criante de la dislocation du même"

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L'héritier doit répondre à une double injonction : 1. Réaffirmer ce qui n'est pas choisi; 2. Choisir de le maintenir en vie, le réinterpréter activement

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Oedipe, poussé par une colonne invisible, hésitant entre deux chemins qui ne cessent de se dédoubler, ne peut que briser la surface à laquelle il se heurte

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La religion et la raison ont la même source qui se divise en s'opposant à elle-même : le lieu de la croyance, de la fiabilité, de la fidélité, du fiduciaire et de la foi

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Il y a deux sources étymologiques du mot "religion" : relegere (cueillir, rassembler) et religare (lier, relier)

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La religion croise deux veines irréductibles l'une à l'autre : croyance en un tout-autre auquel on peut accorder foi, crédit; expérience de l'indemne, du sacré ou du saint

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Dans sa duplicité, son ellipse originaire, la religion exige et exclut le sacrifice et la prière

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Le phallique, dans sa différence, a une double valeur : sa pure et propre présence / son fantôme, son spectre, son fétiche

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La figure de l'animal est double : soit la bête naturelle que l'homme domine par la loi de la raison; soit le monstre, le Léviathan, cet artefact au-dessus des lois

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[Derrida, l'identification]

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C'est comme s'il y avait deux peintures dans la peinture : l'une coupant le souffle; l'autre volubile, intarissable, reproduisant un vieux langage

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Tout rapport à un tableau implique un mouvement double de rapprochement et d'éloignement, de marque et de marche (fort:da)

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La philosophie repose sur une série d'antinomies que, en tant que communauté de responsabilités, elle doit penser

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Une "préface écrite" est double : d'une part elle redouble le sens du texte, et d'autre part elle se fait toute autre, texte quatrième, hors livre

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Il y a dans Marx deux axiomes contradictoires : il respecte le mouvement de la différance, mais il en reste à une ontologie critique de la présence

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Chaque geste, chaque mot d'Artaud a une double valeur : perforer-blesser-détruire / réparer-cicatriser-faire oeuvre

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Jacques Derrida, qui se sent double, est presque le jumeau d'un frère mort

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Il y a deux "r" dans le nom de Derrida, comme dans "rire", et deux "d", comme dans "dédoubler"

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"Je pourrais, pour moi, penser un autre Abraham" - ou plus d'un Abraham

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Elie est double : on ne peut convier l'un - le grand opérateur des savoirs et des centraux téléphoniques - sans avoir l'autre - le prophète imprévisible

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