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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Emmanuel Lévinas                     Emmanuel Lévinas
Sources (*) :                
Emmanuel Lévinas - "Totalité et infini (Essai sur l'extériorité)", Ed : Livre de Poche, 1971,

Totalité et Infini, par Emmanuel Lévinas (1961) [TI]

   
   
   
                 
                       

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Table

p5 : Préface

 

p19 : LE MÊME ET L'AUTRE

p21 : Métaphysique et transcendance

p45 : Séparation et discours

p80 : Vérité et justice

p104 : Séparation et absolu

 

p109 : INTÉRIORITÉ ET ÉCONOMIE

p111 : La séparation comme vie

p127 : Jouissance et représentation

p152 : Moi et dépendance

p162 : La demeure

p190 : Le monde des phénomènes et l'expression

 

p201 : LE VISAGE ET L'EXTÉRIORITÉ

p203 : Visage et sensibilité

p211 : Visage et éthique

p242 : La relation éthique et le temps

 

p279 : AU-DELÀ DU VISAGE

 

p319 : CONCLUSIONS

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Ce texte publié en 1961 a fait l'effet d'une bombe - ou s'il ne l'a pas fait, il aurait dû. Lévinas y développe une pensée d'une prodigieuse originalité. Sans doute cette pensée était-elle en lui depuis longtemps - mais la voici, dans ce livre, ramassée et compacte. Toutes les philosophies ont, jusqu'à maintenant, été dominées par le concept de totalité, mais il faut rompre avec cela. C'est l'éthique qui doit être au coeur de la philosophie, c'est elle qui est au coeur du langage. Pour la penser, il faut partir de l'extériorité, telle qu'elle se révèle dans le visage humain et dans le dépassement de l'être accompli par le désir. Il faut reconnaître le privilège d'autrui, tel qu'il s'impose par la justice et se vit par la caresse. En se séparant des éléments, le sujet accède à la jouissance. Celle-ci transmute l'autre en même, mais ouvre à la fécondité.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Le langage instaure la différence absolue dans la relation avec l'autre]

[Être conscient, c'est avoir du temps : se rapporter à l'être comme à l'être à venir]

[La justice, qui est droiture de l'accueil fait au visage, consiste à reconnaître le privilège d'autrui, sa maîtrise]

[Un être ne peut être engagé dans la parole que s'il est à la fois dans l'être et débordant l'être]

[La caresse, sensibilité qui transcende le sensible, consiste à ne se saisir de rien, à solliciter ce qui se dérobe comme s'il n'était pas encore]

[La multiplicité tient au surplus de la relation à l'autre, qui rend impossible de confondre en un tout le moi et le non-moi]

[La subjectivité se produit comme séparation : partir de soi, c'est ouvrir la dimension de l'intériorité]

[La fécondité est une relation avec un avenir, qu'on ne peut réduire à un pouvoir sur des possibles]

[La raison et la liberté ont leur fondement dans des structures antérieures au logos : le respect, la justice - structures qui les justifient et les mettent en question]

[Le savoir ne devient savoir que s'il est critique : son privilège est de se mettre en question en accueillant autrui, au-delà de son origine]

[L'érotique est l'équivoque par excellence]

[L'essence de la jouissance est la transmutation de l'autre en Même]

[L'élémental est le milieu impersonnel, non-possédable, qui n'est pas fixé comme un objet, et auquel retournent les choses dans la jouissance]

[Heidegger subordonne la relation avec un étant (éthique) à la relation avec l'être de l'étant (impersonnelle)]

[Le concept de totalité, qui domine la philosophie occidentale, se montre dans la guerre]

[L'ordre du désir s'affirme à travers la création ex nihilo]

La main n'est pas organe des sens, mais maîtrise, domination, disposition; elle garde, met en réserve, possède et situe l'objet dans la maison comme avoir

L'accueil du visage est un rapport avec l'autre que je ne saurais contenir

Le psychisme est la possibilité de l'athéisme : cette séparation si complète que l'être se maintient tout seul, chez lui, sans être cause de soi

L'infini dans le fini se produit comme désir

Le désir est l'aspiration de celui qui ne manque de rien, tandis que le besoin atteste le vide et le manque dans le besogneux

L'essence éthique du langage, c'est qu'antérieurement à tout dévoilement de l'être, l'expression et la responsabilité sont liés

Le visage est le corrélatif de ce qui est antérieur à toute question : le désir

Le visage signifie l'antériorité de l'étant sur l'être, dans l'immédiateté du face à face

La métaphysique de Lévinas est une aspiration à une extériorité radicale dans laquelle la vérité, c'est laisser être, avec respect, cette extériorité

Jouir sans utilité, en pure perte, gratuitement, sans renvoyer à rien d'autre, en pure dépense - voilà l'humain

L'épiphanie du visage est une mutation par laquelle le visage s'exprime, résiste aux pouvoirs, perce sa forme sensible et instaure l'éthique

La voix enseignante, hauteur dans le visage du maître, produit l'extériorité, la dimension de l'infini où la relation pacifique du langage se déploie et se met en commun

La vie est amour de la vie : rapport avec des contenus qui ne sont pas mon être, mais plus chers que mon être

La paix n'est ni la fin des combats, ni la cohérence des éléments disjoints, mais l'unité de la pluralité

Le moi est solitude par excellence, ipséité irréductible à un genre; en lui, par l'exigence de bonheur, s'accomplit concrètement la rupture de la totalité

Il est impossible de se faire une idée de la totalité humaine, car les hommes ont une vie intérieure, secrète, qui interrompt la continuité du temps historique

La liberté se grave sur les tables où s'inscrivent les lois : elle n'existe que par les institutions, elle tient à un texte écrit, jamais apolitique

Dans la proposition se manifeste le caractère enseignant de toute parole : elle promet une réponse à celui qui se dirige vers autrui

Il ne peut y avoir représentation qu'à partir du langage, qui est la mise en question de moi, coextensive de la manifestation d'Autrui dans le visage

La séparation entre le Même et l'Autre n'est pas une chute ni une déchéance, elle est demandée par l'idée de l'infini

Le psychisme est l'événement d'une séparation radicale dans l'être : la révolution induite par la pensée en tant qu'elle résiste à la totalité

La représentation ne repose pas sur la clarté de la pensée, mais sur une jouissance qui affirme son extériorité, sur une "nourriture" dont vit le corps nu et indigent

L'essence du beau est indifférence, froide splendeur et silence

Le travail qui possède et saisit suspend l'indépendance de l'élément; en arrachant la matière à l'anonymat et à l'imprévisible, il se réserve l'avenir

La mort vient d'un instant ou d'une altérité sur lesquels je ne peux, sous aucune forme, exercer mon pouvoir

L'élément impersonnel, qui provient de nulle part, se prolonge dans le mythe

Dans le langage comme présence du visage, le tiers me commande comme un maître : toute l'humanité me regarde et crie justice, me rappelle à mes obligations et me juge

La justice me somme d'aller au-delà de la ligne droite de la loi, dans la terre de la bonté, là où la responsabilité déborde, dans un incessant effort du moi pour se vider

La religion est le lien qui, dans la métaphysique, s'établit entre le Même et l'Autre, sans aboutir à aucune communauté de concept ni constituer une totalité

Le corps est ambigu : d'une part "être corps" c'est se tenir (être maître de soi), d'autre part c'est être encombré de son corps (être dans l'autre)

Le bonheur est l'accomplissement de ce qui, dans la vie, vient en plus de la vie, comme ce qui arrive toujours pour la première fois

Le monothéisme biblique apporte l'idée de création ex nihilo, dans laquelle l'être créé n'est pas simplement issu du père, il lui est absolument autre

Le rapport de vérité repose sur le langage et non pas sur la relation d'objet, car dans le langage les termes sont désintéressés - ils s'"absolvent" de la relation

Pour que la vision fasse apparaître l'objet, il faut que la lumière vide l'espace et que l'horreur de ce vide impersonnel soit oubliée

Le visage parle, il fait sens, il est déjà discours, il manifeste la présence de l'extériorité

Dans l'idée de l'infini se pense ce qui reste toujours extérieur à la pensée

La guerre est l'épreuve du réel; elle se produit comme l'expérience pure de l'être pur, qui révèle l'être à la pensée philosophique

L'apparition est une forme figée, plastique, dont quelqu'un s'est déjà retiré, tandis que le langage la surmonte en accomplissant l'afflux ininterrompu d'une présence

L'Autre se présente comme visage, dépassant l'idée de l'Autre en moi

Le visage ne resplendit pas comme une forme revêtant un contenu (une image), mais comme la production du sens, la nudité du principe, derrière laquelle il n'y a plus rien

Tout objet, y compris les instruments et les notions abstraites, se propose à la jouissance

L'idée de l'infini se révèle dans le visage

L'oeuvre a un statut ambigu : par elle, la volonté s'expose à autrui; mais par elle, la volonté est désaisie et se voit réduite anonymement à une chose

On approche le désirable par une pensée qui à tout instant pense plus qu'elle ne pense

Le désir métaphysique tend vers tout autre chose, vers l'absolument autre

Le langage est un rapport du Même et de l'Autre où l'autre n'est pas en mon pouvoir, mais absolument autre

Pour accueillir la révélation d'un infini épuré de tout mythe, il faut un interlocuteur, un être séparé c'est-à-dire athée

L'artiste invertit la beauté féminine en la matière froide de l'image - grâce sans profondeur, souveraine présence réduite à elle-même

Pour contempler un monde, le sujet, retiré des éléments et de la jouissance immédiate, doit d'abord se recueillir dans l'intimité de la maison

Le désir est un mouvement sans terme, sans cesse relancé, vers un futur jamais assez futur

L'essentiel du langage est la coïncidence du révélateur et du révélé dans le visage d'autrui : je l'interpelle, il confirme son extériorité en m'enseignant

Toutes les structures s'appuient sur le primat de l'éthique, qui est la relation d'homme à homme, irréductible à toute autre

L'étrangeté d'Autrui s'accomplit comme éthique

L'idolâtrie du fait est une invocation de ce qui ne parle pas

L'objectivité de l'être se pose dans un discours, dans une proposition qui s'entre-tient entre deux points qui ne font ni système, ni totalité, ni cosmos

Seule l'eschatologie de la paix messianique peut se superposer à l'ontologie de la guerre

Il n'y a multiplicité véritable que si le rapport de moi à l'autre ne se laisse pas englober dans un réseau de relations visibles à un tiers

L'expérience de la vérité n'est pas celle d'un dévoilement, mais celle d'une révélation de ce qui s'exprime : le visage, l'autre autonome

La représentation, déterminée par le Même à l'intérieur de la pensée, ramène toute réalité à l'instantanéité d'un présent

La sensibilité n'appartient pas à l'ordre de la pensée, mais à la jouissance de l'élément

Le Moi est l'identité par excellence, l'être dont l'exister consiste à s'identifier, à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive

En se dressant du bas vers le haut, le corps s'ouvre au désir, il est moi tout en vivant dans l'autre

Le désir métaphysique ne repose sur aucune parenté préalable, mais sur une générosité et une bonté qui ne pensent ni n'anticipent le désirable

La nudité du visage est dénuement, misère; c'est le dépaysement d'un être qui vit sa condition d'étranger, de dépouillé et de prolétaire

L'accueil du visage se produit originellement dans la douceur du visage féminin, grâce auquel l'être séparé habite en sa demeure

La forme plastique, inexpressive, atteste l'auteur de l'oeuvre en l'absence de l'auteur, comme ces "oeuvres complètes" qui sont l'héritage d'une volonté morte

L'amour, qui suppose et transcende l'épiphanie d'Autrui dans le visage, va plus loin et moins loin que le langage

La paternité qui engendre l'enfant est une identification de soi, mais aussi une distinction - structure impossible en logique

Si les oeuvres, livrées au champ anonyme de la vie économique, ne signifient pas par le langage et la parole, elles demeurent dans le Même

Le féminin est le recommencement incessant de la virginité, violable et inviolable, intouchable dans le contact même de la volupté

Ma responsabilité en face d'un visage me regardant comme absolument étranger constitue le fait originel de la fraternité

Voir, c'est toujours voir à l'horizon en rapportant des objets à d'autres objets, ce n'est jamais un rapport face à face

Le meurtre seul prétend à la négation totale du visage - Autrui est le seul être que je puisse vouloir tuer

L'introduction du nouveau dans une pensée, l'idée de l'infini - voilà l'oeuvre même de la raison

Par la sexualité, le sujet entre en rapport avec l'absolument autre

Il est impossible de fuir la souffrance : elle accule au présent, elle est l'épreuve suprême de la liberté et de la volonté, à la limite de leur abdication

Profaner, c'est révéler le caché en tant que caché, ce que découvrent la volupté et la nudité érotique

Totalité et Infini, par Emmanuel Lévinas (1961) [TI]

 

 

 


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Sources
HebLevinas

B1.961

YYA.1961.Lévinas.EmmRang = ZZ_BIB_Levinas_TI
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