Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Psyché, Inventions de l'autre (tome 1)", Ed : Galilée, 1987,

Psyché, Inventions de l'autre (tome 1) (Jacques Derrida, 1987) [Psyche1]

   
   
   
                 
                       

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

 

Table

Regroupements de textes publiés entre 1978 et 1987, présentés dans l'ordre chronologique - à l'exception du premier texte, choisi par J.D. comme pouvant jouer le rôle d'"axe" de cet ensemble. Certains de ces textes étaient inédits. D'autres, qui avaient déjà été publiés, ont été modifiés. Nous citons ce premier volume dans la pagination de la réédition de 1998, mais nous le datons de 1987 car il ne contient que des textes antérieurs à 1987 (contrairement au second volume, réédité en 2003).

--

p9 : Avant-Propos (probablement écrit en 1987).

p11 : Psyché. Invention de l'autre (texte de deux conférences prononcées à l'université de Cornell en avril 1984 et à l'université de Harvard en avril 1986).

p63 : Le retrait de la métaphore (conférence prononcée le 1er juin 1978 à l'université de Genève). Première version publiée dans Po&sie 7, 1978.

p95 : Ce qui reste à force de musique (première version publiée dans Digraphe, numéro spécial consacré à Roger Laporte 18/19, avril 1979).

p105 : Illustrer, dit-il (texte publié en 1979 par le Centre Georges Pompidou, Musée National d'Art Moderne, réédité en 2013 dans le recueil [ESAV]).

p109 : Envoi (conférence prononcée en juillet 1980 à l'université de Strasbourg).

p145 : "Moi - la psychanalyse" (introduction à la traduction en anglais d'un article de Nicolas Abraham "l'Ecorce et le Noyau", in Diacritics, printemps 1979; publié en français dans les Cahiers Confrontation 8, 1982). [Ce texte est un hommage posthume complémentaire à Nicolas Abraham, qui vient s'ajouter à Fors, la préface de Cryptonymie, le Verbier de l'Homme aux loups, publiée en 1976].

p159 : En ce moment même dans cet ouvrage me voici (première version publiée in Textes pour Emmanuel Lévinas, J-M Place Ed, 1980). Ce texte est analysé par le scripteur sur cette page.

p203 : Des tours de Babel (première version publiée dans L'art des confins, Mélanges offerts à Maurice de Gandillac, PUF, 1985).

p237 : Télépathie (texte paru pour la première fois dans Furor n°2 en 1981).

p271 : Ex abrupto (Première publication dans Avant-Guerre, 2, 1981).

p273 : Les morts de Roland Barthes (publié dans Poétique, 47, septembre 1981). Publié à nouveau dans CFUFM.

p305 : Une idée de Flaubert : "La lettre de Platon" (conférence prononcée à Paris en 1980).

p327 : Géopsychanalyse "and the rest of the world" (conférence prononcée à Paris en février 1981).

p353 : Mes chances. Au rendez-vous de quelques stéréophonies épicuriennes (conférence prononcée à la Washington School of Psychiatry en octobre 1982).

p385 : Le dernier mot du racisme (texte publié en 1983 à l'ouverture d'une exposition destinée à devenir un musée contre l'Apartheid).

p395 : No apocalypse, not now à toute vitesse, sept missiles, sept missives (conférence prononcée en avril 1984 à l'université de Cornell).

 

 

  ----------------------------

Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Aujourd'hui, au moment de son extension la plus envahissante, la métaphore se retire]

La déconstruction, qui se donne pour tâche l'expérience de l'autre comme invention de l'impossible, ne désire pas le possible, mais l'impossible

L'oeuvre d'E.L. aura donné à penser une Oeuvre qui, avant même ce qu'elle en aura dit, aura obligé à une dislocation absolue de tout contrat, endettement ou circularité

Déconstruire, c'est se préparer à la venue de l'autre : le laisser venir, "invenir", hétérogène et incalculable

Le texte sur la tour de Babel n'est pas un récit comme un autre : c'est le mythe de l'origine du mythe, qui dit la nécessité de suppléer par des tropes à l'impossible système

Dans le texte de la Genèse, le statut et l'événement de Babel, comme texte sacré, est unique

La performance de Babel instaure, d'un coup de nom propre, la loi de la traduction : nécessaire et impossible, elle instaure une dette dont on ne peut plus s'acquitter

Un concept peut être souple et rigoureux, sa fécondité performative restant insaisissable, fantomatique, toute autre, comme le "punctum" de Roland Barthes

Jacques Derrida désire donner le donner même du donner, un donner qui ne soit ni un objet, ni un dit, ni quelque opération assez identique à elle-même pour revenir au même

On peut comparer le Moi de la psychanalyse à une figure étrange, double, abyssale, dissymétrique et anasémique : l'"écorce-et-le-noyau"

La vérité de l'enfant se pense au-delà de tout héritage, elle ne s'invente ni comme dévoilement, ni comme création, mais comme événement, traduction et allégorie

La responsabilité (éthique) qui répond (à) / de l'autre comme un passé qui n'aura jamais été présent, c'est l'essence du langage

La structure de l'invention est singulière : c'est un événement que n'annonce aucun horizon d'attente, mais qu'un autre, un héritier, doit reconnaître

Dans l'humanisme dominant, l'homme est défini par sa capacité à inventer

L'"invention" moderne comme production, proposition, dispositif technique ou machinique tend à prévaloir sur la "découverte" comme dévoilement de la vérité

L'invention s'invente en inventant le récit de son invention : c'est une fable, un événement de langage où adviennent, en une fois, le même et l'autre

L'événement inventif réunit deux fonctions hétérogènes : le faire et la description, le performatif et le constatif, l'auto-référence et l'hétéro-référence

L'invention est comme une marque ou une trace : un mouvement de différance et d'envoi, dans lequel se loge la possibilité d'une récurrence

L'invention revient au même, dès qu'elle est légitimée par une institution

Dans sa référence à soi, le travail du je commence par une énonciation impossible, un "Je suis mort" passé et aussi imminent, qui pointe depuis le futur

Le don de Lévinas au lecteur, c'est la possibilité d'être livré à une responsabilité sans limite, de s'obliger librement à la dislocation du même

L'Oeuvre de Lévinas, signée "Il", est dictée en secret par un surcroît d'altérité non dite : l'hétéronomie absolue du "Elle" qu'on retrouve dans son nom, "E.L."

L'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, par sa gratuité, au-delà même de la pensée et du pensable, c'est l'éthique même

Par son écriture, par une certaine manière de lier, serrer, entrelacer dans une série le Dire et le Dit, Emmanuel Lévinas invente le tout autre

L'oeuvre de Lévinas, qui aura obligé à une autre pensée du nom, aura été signée par un "Il" disloqué, sans nom, qui soussigne toute oeuvre et met en oeuvre tout ouvrage

Comme la psychanalyse freudienne, la signature de Lévinas assume la marque sexuelle (masculine), et abandonne la différence sexuelle à un tout autre déjà marqué de masculinité

Il faudrait pour l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas définir un performatif sans événement présent, comme on n'en a jamais décrit, mais que toute proposition présuppose

Pour répondre de l'oeuvre d'E.L., il aura fallu passer par ce qu'elle dit de l'Oeuvre : qu'elle ne lui revient pas mais qu'elle est une performance du tout autre, qui nous contamine

Emmanuel Lévinas (E.L.) ne fait pas oeuvre, il laisse oeuvrer l'oeuvre, il la laisse faire oeuvre par la "sériature", cette série de ratures ou retraits qui inscrit la trace de l'effacement

En disant de l'oeuvre de Lévinas : "Elle aura obligé", Jacques Derrida ne distingue plus sa voix ni de la sienne (E.L.) ni du tout-autre, féminin, qui la contresigne

L'espace métaphorique nous transporte, nous déplace, nous y habitons sans pouvoir en arrêter ni maîtriser le mouvement

La force métonymique d'une photographie est celle qui est à l'oeuvre dans tout rapport (sans rapport) à une marque unique, singulière, irremplaçable : punctum ou référent

Le miroir est une invention du mot : en dissociant Eros et Psychè (corps/âme), il obéit à la loi du langage

Une oeuvre, il ne faut rien lui rendre, il faut la lire sans dette, sans faute, au-delà de toute restitution possible, dans l'ingratitude absolue

Ce qui, dans l'oeuvre de Lévinas, fait son oeuvre, plus vieux que l'oeuvre, ne peut pas se dire avant elle

Une déclaration du type : "En ce moment même dans cet ouvrage me voici" produit chez Lévinas un éclatement du "Me voici", une dislocation du Même

L'essence de la maternité tient à la langue maternelle, tandis que le père occupe la place intenable d'une langue formelle ou d'un métalangage, impossible et monstrueux

La philosophie est, par excellence, une interminable circulation des idées reçues et des lieux communs

Pour qu'une photo s'adresse à moi, il faut que le Référent, ce point de singularité absolue de l'autre (punctum), qui ne regarde que moi, ce soit aussi moi ayant déjà été mort

L'événement irréductible de la photographie, c'est qu'en conjuguant dans un même sytème la référence et la mort, elle met en échec la suspension du Référent dans les arts

En photographie comme pour toute image, l'adhérence du référent ne se rapporte pas à un présent ni à un réel, mais à l'autre, chaque fois différemment

On peut traduire, aujourd'hui, l'"Entziehung" heideggerien - ce voilement de l'être - par le mot "retrait", altéré et chargé de tout son potentiel polysémique et disséminant

La sériature derridienne, définie à partir de la pensée de la trace chez Lévinas, renvoie au re-trait ab-solu du nom révélé de Dieu

C'est en laissant faire la stricture que l'écriture de Levinas aura fait son oeuvre : une obligation qui oblige

Le seul avenir désirable et digne d'intérêt, c'est de laisser se mettre en mouvement la différance de l'autre

La traduction opère comme "symbolon" : elle restitue ce qui est "à traduire" sans copier ni représenter, elle fait croître le langage en le transformant et en l'ajointant

La traduction répond à une double dette insolvable : celle du traducteur à l'égard de ce qui est "à-traduire"; et celle de l'"oeuvre originale", à laquelle il manque quelque chose

Le contrat de traduction - hymen ou contrat de mariage - promet une semence, l'invention d'un enfant qui donnera lieu à histoire et croissance

En proposant un nouveau concept anasémique de traduction, hors de lui-même, Nicolas Abraham opère une conversion, une transmutation

La traduction est un contrat absolument singulier, quasi-transcendantal, qui, en engageant des noms, exhibe l'affinité a priori entre les langues

"On ne peut pas toucher à l'original"; il faut cet axiome - qui garantit la pureté de l'original - pour interpréter, déplacer, traduire et inventer

La traduction n'est ni une réception, ni une communication, ni une reproduction d'un texte dans une autre langue : c'est une opération destinée à assurer sa survie comme oeuvre

Un trait ou "archi-trait", innommé, ouvre en se retirant la possibilité du langage, du logos, de la langue et de l'inscription parlée autant qu'écrite

En contractant avec lui-même, se traitant, se recoupant, se retirant, le trait entame une transaction avec la langue de l'autre, il se fait oeuvre

Il faut à Mallarmé comme à Flaubert un épuisement du philosophique, pour que leur écriture dise, par un "rien", l'impossibilité d'un métalangage

La force affirmative du concept spinoziste d'"idée" se confond avec l'acte de l'écriture de Flaubert, avec son oeuvre même

Ce qui aura fait oeuvre dans l'oeuvre d'Emmanuel Lévinas, c'est qu'"Il aura obligé" à penser une autre manière de penser l'obligation du "Il faut", une autre manière de penser l'oeuvre

L'évenement du texte sacré, c'est qu'en commandant une traduction sans laquelle il ne serait rien, il se fait modèle et limite de toute écriture, se confond avec l'acte de langage

Nicolas Abraham traduit la langue de la psychanalyse dans "une autre langue", une nouvelle langue anasémique, incomparable à aucune autre

Avec Nicolas Abraham arrive, vers 1968, une brisure qui marque un nouveau rapport entre la psychanalyse et la phénoménologie

A partir du 17ème siècle, dans la technique comme dans l'art, on programme l'invention, on suscite le désir de la produire, de l'orienter et de réinventer son statut

Le droit d'auteur suppose un "original" pur, vierge, intouchable et identique à soi

Le rapport à la philosophie qui porte la signature de Flaubert ouvre une scène hétérogène et divisible, dont il est exclu qu'elle fasse système

L'idée de Flaubert, c'est qu'une colonne de pierre bête comme un tombeau, peut être aussi la source de l'Art

L'être n'étant rien, on ne peut en parler que "quasi"-métaphoriquement, avec la surcharge d'un trait supplémentaire, d'un "re-trait"

En clamant son nom divisé, Dieu-Yhvh-Babel déconstruit la tour et (inter-)rompt la lignée des Sémites

Traduire, c'est viser l'essence, la racine commune du littéraire et du sacré, qui promet une réconciliation entre les langues et constitue le modèle et la limite de toute écriture

Dieu demande la traduction car, pour commander, la loi doit être lue et déchiffrée; il pleure après la traduction de son nom, alors même qu'il l'interdit

Psyché, Inventions de l'autre (tome 1) (Jacques Derrida, 1987) [Psyche1]

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
     
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Sources
DerridaBiblio

1987_PSYCHE

YYA.1987.Derrida.JacquesGenre = -