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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Le cadre s'effondre                     Le cadre s'effondre
Sources (*) : L'espace de dissémination               L'espace de dissémination
Pierre Delain - "Pour une œuvrance à venir", Ed : Guilgal, 2011-2016, Page créée le 23 février 2008

 

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Derrida, le parergon

[Une oeuvre, c'est ce qui contient l'effondrement de son propre cadre]

Derrida, le parergon
   
   
   
Le cadre, convention précaire Le cadre, convention précaire
Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida               Un concept d'oeuvre de Jacques Derrida    
L'oeuvre et ses parerga, double invagination                     L'oeuvre et ses parerga, double invagination    

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Pour qu'une oeuvre tienne, il faut qu'elle contienne l'effondrement de son propre cadre. S'il s'effondre, elle s'effondre aussi. Mais cet effondrement qu'on peut attribuer au cadre n'était-il pas déjà en elle? Et cet effondrement ne tend-il pas à devenir l'essence même de l'art, comme le démontre, par exemple, Thierry de Duve qui soutient que la maxime de l'art contemporain, c'est "Fais n'importe quoi!"? Pour soutenir une telle proposition, il faut un cadre aussi solide que possible. On a l'impression que l'oeuvre d'aujourd'hui ne subsisterait pas sans les cadres que les marchés et les institutions s'efforcent de lui procurer. Si le n'importe quoi est devenu la règle même de l'art, l'oeuvre ne peut qu'exhiber son manque dans l'espoir vain de se suffire à elle-même. Mais Derrida ne s'engage pas dans ce type d'analyse, qu'on pourrait facilement déduire de ses thèses; il en reste à l'analyse d'une oeuvre, chaque fois une seule.

Heidegger a repéré que, dans les Vieux souliers aux lacets de Van Gogh, la chose nue débordait le produit. Il s'est laissé entraîner dans un étrange pathos (la paysanne et ses sabots terreux). Cette chose était-elle nue, ou était-elle en trop? Lui fallait-il à tout prix l'encadrer? Etait-il, lui aussi, incapable de contrôler la puissance émotionnelle des oeuvres? Lui était-elle autant insupportable qu'à Van Gogh lui-même? Vincent est devenu fou car il était incapable de mettre une limite à ses oeuvres. Leur effondrement était son propre effondrement. Pour s'en protéger, il inventait des "bords" qui ne faisaient qu'aggraver le problème : un soleil, une terre, un éclat jaune, un commentaire dans une lettre, une justification, une théorie. C'est le genre de protection qui aggrave inéluctablement les symptômes. Il a suffi d'une dispute avec Gauguin pour qu'il les tienne pour rien, c'est-à-dire qu'il veuille s'en débarrasser. Mais dans ce type d'analyse, Jacques Derrida ne s'engage pas non plus. Il n'a rien à dire sur la personnalité de Van Gogh ni sur ses relations avec Gauguin. L'oeuvre pour lui se détache définitivement de son auteur et de son milieu. Et même si sa pliure externe est aussi interne, comme par exemple chez Louis Soutter, et même si sa pliure interne est aussi externe, comme pour d'innombrables installations, il évite tout ce qui pourrait donner l'impression d'une unité ou d'une homogénéité de l'oeuvre.

Et donc si l'oeuvre soutient le cadre, ce n'est pas en tant qu'elle pourrait se poser comme entité autonome.

 

 

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Propositions

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[Le cadre est une convention qui ne délimite une oeuvre que pour souligner sa fragilité]

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[Derrida, le parergon : ce qu'il faut pour donner lieu à l'oeuvre (ergon) et se protéger de son énergie (energeia)]

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Sans autre objet que sa "différance", l'oeuvre de Louis Soutter sème à tout vent, elle reçoit son sens du regard de l'autre

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Van Gogh peint, non pas des lignes ou des formes, mais les choses de la nature comme en pleines convulsions, et inertes

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La révolution dans l'art du 20ème siècle a mis en acte et en oeuvre la dislocation du parergon, entretenue par la crise du logos

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La perspective contemporaine manque d'un cadre où situer l'objet de la vision

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["Fais n'importe quoi!" est la maxime de l'art moderne et contemporain - et de la modernité en général]

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Toutes les justifications de l'art moderne se déduisent des interprétations de l'injonction nue : "Fais n'importe quoi"

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Une oeuvre [d'art] exhibe son propre manque : en cela elle se suffit à elle-même et se déborde, se supplémente

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L'installation est un concept d'espace qui ne donne aucune garantie d'unité ni d'homogénéité

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Les Vieux Souliers de Van Gogh, disparates et dépareillés, nous laissent dire ce qu'ils sont

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Les "Vieux souliers aux lacets" de Van Gogh sont un reste, un supplément pur, sans rien à cadrer ni à suppléer : un parergon sans ergon

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La peinture dans son milieu abstrait (le mur du musée) se détache doublement, comme produit et comme oeuvre : double marque de pliure et de dissémination

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La peinture est, pour Van Gogh, un acte d'intelligence supérieure qui lui permet de prévenir l'effondrement qui approche

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Ce que Heidegger désigne comme "produit" a la structure du parergon de Kant : encadrer la chose nue

 

 

 


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