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Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "L'université sans condition", Ed : Galilée, 2001,

L'université sans condition (Jacques Derrida, 2001) [LUSC]

   
   
   
                 
                       

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sur le livre

 

Table

Conférence prononcée en anglais à l'université de Stanford (Californie), en avril 1998. Le titre initial de la conférence était : "L'avenir de la profession ou l'université sans condition (grâce aux "Humanités", ce qui pourrait avoir lieu demain)" (79 pages).

 

TABLE :

- Prière d'insérer.

- Introduction suivie de quatre parties numérotées de I à IV (sans sous-titres).

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Huit ans après avoir publié Du droit à la philosophie, qui faisait le point sur la période militante des années 1974-84 et proposait une déconstruction de l'université et de la philosophie elle-même, Jacques Derrida revient sur ce thème, en décalant sensiblement les enjeux. Il s'agit moins désormais de se positionner par rapport aux pouvoirs et aux institutions, encore moins de proposer une nouvelle institution comme le Collège international de Philosophie [dont les résultats semblent peu convaincants], que de définir la place de l'oeuvre dans le travail de l'universitaire.

- Qu'est-ce qu'un professeur? 1/ Quelqu'un qui enseigne un savoir (le constatif de John L. Austin) 2/ Quelqu'un qui s'engage, au nom de la vérité, dans une profession de foi (c'est un acte de parole, un performatif, comme l'a génialement découvert le même John L. Austin) et 3/ Eventuellement quelqu'un qui, par ses oeuvres, peut faire arriver un certain événement, dont la force est irréductible au performatif austinien.

- Qu'est-ce que l'université? 1/ Un lieu de travail bien défini, où les connaissances sont transmises et enrichies, 2/ Un lieu moins défini où se profèrent des actes de parole 3/ Un lieu de pensée et d'inventivité, où la frontière qui est supposée séparer le constatif du performatif se déconstruit.

Et tout ceci ne pourrait pas arriver si nous n'étions pas à l'époque où nous sommes, et si Derrida ne parlait pas depuis ce lieu particulier, l'université, où s'articulent la foi et le savoir, ce lieu auquel la tradition humaniste attribue par principe, une liberté inconditionnelle de questionnement, de proposition et de déconstruction, ce lieu qui est aujourd'hui affecté, autant et plus que d'autres, par un bouleversement majeur. Que se passe-t-il? Certains annoncent la fin du travail et son remplacement par d'autres genres d'activité déracinantes et délocalisantes. Avec l'arrivée d'un cyberespace mondial, les territoires de l'université, ses frontières, ses lieux de discussion, de communication et d'archivage, tout cela change radicalement. L'université est désorganisée, le statut du professeur change. Doit-il encore travailler dans le carcan des genres et des champs académiques? Comment peut-il engager sa responsabilité? Doit-il travailler dans la continuité des Humanités traditionnelles et de leurs promesses, ou prendre appui sur l'analyse critique pour contribuer à la déconstruction du temps, du travail, à l'irruption possible d'un nouveau concept de l'homme?

Il faut admettre que l'autonomie ou l'indépendance de l'université n'impliquent pas sa souveraineté. Le professeur témoigne de son savoir. C'est un acte de parole, un performatif, mais pas encore un événement digne de ce nom. Il faut pour cela dépasser le "comme si", cette dimension de simulacre qui caractérise ce genre d'acte. L'oeuvre au sens de Derrida, qui fait arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité, n'est pas maîtrisable. Elle est débordée par ce qui vient.

Arrivé au dernier point de la quatrième et dernière partie de ce texte, Jacques Derrida écrit : "Au septième point, qui n'est pas le septième jour, j'arrive enfin maintenant. Ou plutôt : je laisse peut-être arriver à la fin, maintenant (...)". Il ne s'agit pas de se reposer, mais de laisser arriver, quoi? ce qui "révolutionne, bouleverse et met en déroute l'autorité". Quelle autorité? Celle du professeur c'est-à-dire la sienne, Jacques Derrida. Après ce parcours dans les tâches et les professions de foi de l'université, il en arrive à une certaine forme de retrait, qu'il définit comme un au-delà du performatif. C'est ce point d'aboutissement énigmatique qu'il qualifie d'oeuvre. Car on peut lire ce texte comme un questionnement et une réponse sur le concept d'oeuvre. Questionnement qui se fait particulièrement aigu à la fin du livre, et réponse qui prend la forme du livre lui-même, en tant que, précisément, il est l'un des éléments de l'oeuvre dont il s'agit.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

L'université moderne, qui fait profession de vérité, doit par principe se voir attribuer une liberté inconditionnelle de questionnement, de proposition et de déconstruction

"Comme si la fin du travail était à l'origine du monde" : tout se passe aujourd'hui comme si, virtuellement, l'engendrement des oeuvres devait remplacer le travail réel

En disant "comme si", nous faisons une chose troublante qui ressemble à un simulacre; nous supposons qu'un événement a lieu

Aujourd'hui, une nouvelle étape de la virtualisation déstabilise la communauté universitaire et désorganise ses lieux

La déconstruction, n'est-ce pas une mise en crise de l'unité "heure", cette réponse humaniste à la question posée depuis le Moyen Âge au sujet du travail?

La force d'un événement est irréductible au pouvoir d'un performatif

L'université devrait être "sans condition" : un espace de résistance critique, déconstructrice, où s'élaborent de nouvelles Humanités, un nouveau concept de l'homme

Les nouvelles "Humanités" à venir, sur lesquelles il faut travailler, traitent d'une idée ou d'un "propre" de l'homme qui implique toujours la promesse

L'"indépendance" inconditionnelle de l'université l'expose aux forces du dehors; se dissociant du fantasme de souveraineté indivisible, elle oeuvre aux limites de l'autorité performative

En ces temps de mutation et de déconstruction, il faut interroger ce qui arrive dans l'université, l'énigme du concept d'"oeuvre"

L'espace des oeuvres performatives est le lieu d'un "comme si" à venir, inconditionnellement libre, affranchi de tout enracinement

La modalité du "comme si" semble appropriée à ce qu'on appelle des "oeuvres"

A la limite de l'impossible, du "peut-être" et du "si", tel est le lieu où l'université, par ses oeuvres, s'expose à la réalité et tente de penser

Le "oui" de l'affirmation ressemble à un acte de langage performatif : il ne décrit ni ne constate rien, il engage en répondant, jusqu'au point où il est débordé par ce qui vient

Là où il y a performatif, c'est "comme si" un événement arrivait - mais un événement digne de ce nom est "au-delà" du performatif

"Professer" est toujours un acte de parole performatif : c'est s'engager, par une promesse publique, à témoigner de son savoir

Il s'agit, dans l'université, par l'événement de pensée que constituent des oeuvres singulières, de faire arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité

Dans l'université s'articulent de façon originale des mouvements performatifs et constatifs, la foi et le savoir

L'université sans condition (Jacques Derrida, 2001) [LUSC]

- Scripteur : ce texte peut être considéré comme le prolongement d'une longue réflexion entamée notamment, en 1974, par la créaton du Greph. Ce Groupe de Recherches sur l'Enseignement Philosophique n'ayant pas abouti à grand-chose - plus plus d'ailleurs que le Collège International de Philosophie (Ciph) créé en 1983), Jacques Derrida en tire les conséquences. Ce qui s'impose à présent n'est plus la "pratique", l'"action", les "luttes", c'est l'oeuvre. Il faut la déployer, dans l'écriture, et en construire le concept.

 

 


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Sources
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2001_LUSCAA

YYA.2001.Derrida.JacquesGenre = -