Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) : Derrida fait signe au hors - livre               Derrida fait signe au hors - livre
Jacques Derrida - "Papier Machine - Le ruban de machine à écrire et autres réponses", Ed : Galilée, 2001,

Papier Machine - Le ruban de machine à écrire et autres réponses (Jacques Derrida, 2001) [Papier]

   
   
   
                 
                       

Pour l'acquérir, cliquez

sur le livre

 

Table

Livre de 400 pages.

 

p9 : Les machines et le "sans-papiers"

 

MATIÈRE ET MÉMOIRE (Bibliothèque nationale de France : lectures)

p15 : Le livre à venir (introduction à une discussion avec Roger Chartier et Bernard Stiegler le 20 mars 1997, à la BNF, dans le cadre d'une rencontre qui avait pour titre : "Sur le livre à venir"). On peut considérer cette introduction comme une quasi-préface de Papier Machine. Son titre renvoie au livre de Maurice Blanchot paru en 1959, Le livre à venir, titre qui revient en abyme aussi bien dans le texte de Blanchot que dans celui de Derrida].

p33 : Le ruban de machine à écrire (Limited Ink II) (conférence prononcée le 23 avril 1998 à l'université de Californie. Publiée d'abord en anglais par University of Minnesota Press, puis en français dans la présente version qui correspond à une série de trois conférences prononcées à la Bibliothèque nationale de France les 22, 24 et 25 janvier 2001 :

- p33 : L'avant-dernier mot : archives de l'aveu

- p65 : L'événement nommé "ruban" : pouvoir et impouvoir

- p105 : Le "seul monument sûr". D'une matérialité sans matière

[Cette série de conférences reprend certains thèmes du séminaire 1997-99 de Jacques Derrida sur "Le parjure et le pardon". Le titre retenu renvoie à un autre livre de Jacques Derrida paru en 1990 sous le titre : Limited Inc].

 

PAPIER JOURNAL (Journaux et revues : réponses)

p151 : La machine à traitement de texte (La Quinzaine Littéraire) (publié en août 1996 sous le titre "Entretien avec Jacques Derrida sur le traitement de texte")

p167 : "Il courait mort" : salut, salut. Notes pour un courrier aux Temps Modernes (daté du 22 mars 1996, publié dans le n°587 de mars-avril-mai 1996) (Texte publié à nouveau dans les Temps Modernes en 2005).

p215 : Pour Mumia Abu-Jamal (Les Temps Modernes) (publié sous le titre "Lettre ouverte à Bill Clinton" dans le n°582, février-mars 1997)

p219 : Parti pris pour l'Algérie (Les Temps Modernes) (prononcé lors d'une réunion publique à la Sorbonne le 7 février 1994, publié dans le n°580, janvier-février 1995)

p229 : "Mais..., non mais..., jamais..., et pourtant..., quant aux médias". Les intellectuels. Tentative de définition par eux-mêmes. Enquête (publié dans la revue Lignes n°32, octobre 1997)

p239 : Le papier ou moi, vous savez... (Nouvelles spéculations sur un luxe des pauvres) (Les Cahiers de médiologie n°4, deuxième semestre 1997)

p273 : Le principe d'hospitalité (Le Monde, 2 décembre 1997)

p279 : "Sokal et Bricmont ne sont pas sérieux" (Le Monde, 20 novembre 1997)

p283 : Comme si c'était possible, "within such limits"... (Revue internationale de philosophie, n°3/1998)

p321 : Mes "humanités" du dimanche (L'Humanité du 4 mars 1999, daté du 22 février 1999)

p333 : Pour José Rainha. Ce que je crois et crois savoir... (L'Humanité du 30 novembre 1999)

p337 : "Qu'et-ce que cela veut dire d'être un philosophe français aujourd'hui?" (Le Figaro Magazine du 16 octobre 1999)

p349 : Non pas l'utopie, l'im-possible (Die Zeit du 5 mars 1998)

p367 : "Autrui est secret parce qu'il est autre" (Le Monde de l'éducation n°284, septembre 2000)

 

 

  ----------------------------

Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

Jacques Derrida a tenté de détourner, à même le papier, certaines normes typographiques, en faisant cohabiter visuellement plusieurs trajets de parole

En tant que subjectile multisensoriel, multiorganes, multimedia, le papier est un lieu où résonne, dans l'espace-temps, l'histoire du corps humain

Etant exposée à une violence ou un abus toujours possibles (faux témoignage, mensonge, parjure, trahison, etc...), toute adresse à l'autre commence par une demande de pardon

Ce qui advient "au-delà du performatif", dans sa vulnérabilité et sa finitude corporelle, se moque de toute garde, de toute assurance, de tout "Je peux"

Au commencement de l'oeuvre, il y aura eu un geste performatif : acte de foi, serment, confession, excuses, promesse ou conjuration

Une confession n'est pas de l'ordre du savoir ou du faire-savoir, elle se fait sur le mode du repentir, de la reconnaissance, de l'excuse, de la demande de pardon

Tout constatif s'enracine dans la forme générale de la testimonialité qui présuppose, au moins implicitement, un performatif

Dans tout travail d'écriture, il y a deuil et perte du corps, retrait du papier qui disparaît sous l'encre

Avec la machine à écrire ou le traitement de texte, la destination de la main se déplace : elle reste à l'oeuvre, mais avec une autre opération des doigts

Toute oeuvre écrite ne prend pas la forme d'un livre - même les bibliothèques, bientôt, seront dominées par des processus textuels qui ne répondront plus à cette forme

Une écriture confesse une faute : dans son acte même, elle met publiquement en oeuvre le plaisir honteux, compulsif, machinique, que le corps prend à avouer

L'inscription de la culpabilité est ineffaçable : elle s'écrit, s'archive, se capitalise, prolifère toujours plus - y compris par les actes ou les oeuvres qui visent à innocenter

En toute scène d'héritage, une logique de succession et de substitution des personnes et des choses fait loi, où dette, devoir, responsabilité, culpabilité et pardon sont mis en jeu

Avec l'écriture électronique, ce sont toutes les frontières qui sont brouillées, effacées; on perd la possibilité de délimiter un contexte historique, un espace-temps

Avec l'Internet s'instaure, entre l'écrit et l'oral, un nouveau statut instable qui est aussi un lieu d'expérience, d'exposition, de risque et d'invention

Devant la catastrophe qui menace le livre, on peut attendre ou espérer qu'un "autre livre" le sauve ou le transfigure - mais un tel livre ne pourrait être que hors-la-loi, monstrueux

Avec la mutation du livre, ce qui se transforme est un rapport du vivant à soi : entre corps, mains, visage, yeux, bouche, cerveau, temps, station debout et distribution du discours

La question du "livre à venir" n'est ni celle de l'écriture, ni celle du support, ni même celle de l'oeuvre : c'est celle du droit à appeler "livre" une certaine totalité

La forme du livre à venir s'annonce dans la tension entre deux figures extrêmes, fantasmatiques : une dispersion irréversible du codex total; un projet de livre mondial, absolu et infini

Un livre est comme une bibliothèque : il rassemble en une unité, un lieu stable et institutionnel, des textes auxquels il confère un statut légitime, une position juridique et politique

A chaque mutation des techniques d'inscription et d'archivage, la démocratisation / sécularisation de l'écrit doit être légitimée par une nouvelle sacralisation

On ne peut parler sérieusement du livre à venir qu'en renonçant à toute téléologie eschatologique, à toute évaluation

Un "événement textuel" n'est rien, un rien sans forme qui ne tient qu'au pouvoir performatif du langage, mais oeuvre, ouvre, opère, force, résiste

L'ambiguité de l'oeuvre, c'est que, tout en gardant la mémoire ou l'a trace d'un présent vivant, elle a déjà, machiniquement, le projet de s'en couper

Sauver l'oeuvre, c'est laisser le support de la confession, son subjectile, son archi-performatif, engendrer et consigner d'autres événements textuels

Avec l'oeuvre se donne un "dernier mot" inépuisable : un acte de langage qui se réitère, un événement qui clôt sans solder la dette, un verdict qu'on garde en mémoire pour la suite

L'injonction archi-performative prescrit de préserver l'archi-archive de l'oeuvre, de la contresigner pour témoigner à ses propres yeux de bonté, justice, responsabilité

L'oeuvre hérite d'un événement, mais ne peut survivre qu'à se couper de son signataire

Faire une oeuvre, c'est voler l'acte qui la produit, le confesser, en jouir tout en demandant pardon, s'en exonérer tout en reconnaissant le mal et en en acceptant la sanction

L'oeuvre promet la rédemption; elle accomplit son oeuvre d'oeuvre par grâce, quasi machinalement, sans travail de l'auteur ni assistance vivante du signataire

Pour qu'arrive le pardon, l'excuse ou le parjure, un performatif ne suffit pas, il faut une oeuvre : une blessure, une interruption, une rupture dans l'ordre du temps

L'ordinateur nous renvoie sans attendre notre propre parole depuis un tout autre lieu, Autre-Inconscient machinal et démiurgique, témoin invisible et omniprésent

De l'autre côté de l'écran d'ordinateur, une sentence de mort est tenue en réserve, proférée par un interlocuteur retiré, invisible et sans visage

Même retirée des opérations d'écriture, la feuille de papier, avec son corps et ses pages, continue à hanter les surfaces d'inscription sur écran

Il a fallu le support papier (nom, signature) pour soutenir et étayer l'expérience de l'identification à soi; le retrait du papier déstabilise la subjectivité, le droit personnel

Le papier a force de loi; il incarne encore, pour un temps, la sacralité du pouvoir, dont sont exclus les sans-papiers

Le papier est contemporain du savoir, de la philosophie et du questionnement sur l'être; l'analyser, c'est déconstruire notre expérience de la lettre, de l'écriture et de la lecture

Avec le retrait d'un certain rapport entre l'écrit, la main et le papier, c'est une époque qui est suspendue, un lien symbolique entre marche, chemin et frayage qui se dénoue

L'authenticité du pardon ou de l'excuse seraient menacés s'ils se réalisaient automatiquement, sans oeuvre - alors la scène de confession serait terrifiante, la justice serait injuste

Un pardon se pose dans la figure du "dernier mot", comme un verdict, mais il ne juge pas, ne met pas fin à la dette

La substitution du "je" au "je" est la racine du parjure, car je peux toujours, au dernier moment, changer l'adresse en secret

Pour penser ensemble l'événement et la machine, il faudrait une forme conceptuelle inouïe, une autre pensée qui change jusqu'au nom et à l'essence de la pensée

La performativité implique à la fois la présence d'un vivant parlant à la première personne, et une technicité machinale, inorganique

Avec le bloc magique, Freud voudrait franchir les limites du papier; retiré, divisé, il ne serait plus le support dominant de l'inscription de la trace

Jacques Derrida s'abstient d'utiliser l'email, car la possibilité que son geste soit immédiatement mondialisé, sans aucun droit de contrôle, le terrifie

Mettre en place des instances de légitimation susceptibles d'interrompre le processus d'écriture, tel est l'un des enjeux politiques de l'"au-delà du livre"

L'écriture sur ordinateur annonce un texte indéfiniment fluide et transformable, pour lequel la possibilité d'une révision infinie serait préservée

Papier Machine - Le ruban de machine à écrire et autres réponses (Jacques Derrida, 2001) [Papier]

 

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
     
 
 
Follow @pdelayin

 

 

 

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Qylal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Sources
DerridaBiblio

2001_PAPIER

DerridaHorsLivre

LP.KJK

YYA.2001.Derrida.JacquesGenre = -