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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Ah, l'art? Que des apories!                     Ah, l'art? Que des apories!
Sources (*) : La voix s'entend comme autre               La voix s'entend comme autre
Paul Celan - "Le Méridien & autres proses", Ed : Seuil, 2002, p61, Le Méridien

 

Le siege de Lille en 1795 (Watteau) -

Le poème, ce méridien, ce chemin impossible

Il y a toujours, quand on parle d'art, quelqu'un qui est là, entend, regarde, n'écoute pas vraiment et ne sait pas de quoi on a parlé (un "je" qui s'en va, dégage)

Le poème, ce méridien, ce chemin impossible
   
   
   
Le poème, unique, par l'art - hors l'art Le poème, unique, par l'art - hors l'art
                 
                       

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Ce quelqu'un, dit Paul Celan, c'est la Lucile de la Mort de Danton de Büchner, Lucile, la femme de Camille Desmoulins, qui entre en scène dans la pièce avec le dialogue suivant : Camille : Que dis-tu Lucile? / Lucile : Rien, j'aime tant te regarder parler / Camille : Tu m'écoutes aussi / Lucile : Eh, bien sûr / Camille : Ai-je raison, est-ce que tu sais ce que j'ai dit? / Lucile : Non, en vérité non., la même Lucile qui, après la mort de Camille, criera Vive le Roi! devant les gardes. Est-ce une provocation? Un désir d'être emmenée, elle aussi, à la guillotine? Une façon de se déclarer pour l'ancien régime? Non, dit Paul Celan, c'est un hommage au présent dans sa majesté, à l'humain, à l'absurde, à l'étrange. C'est un acte poétique, un acte de liberté, un pas. Quand Camille parle d'art, quand il aligne des mots, Lucille préfère se retirer. Plutôt que de se soumettre à leur parole, elle dégage. Ce qu'elle entend en eux quand elle les voit parler n'est pas ce qu'ils disent, mais autre chose, une autre direction, un destin, un tout autre : un autre souffle ou un tournant du souffle. Ce qui intéresse Celan est ce tournant incarné par Lucille ou par Lenz, quand il s'oublie lui-même. L'art met le Je à distance (p69), il est dans l'oubli de soi, et c'est ce dégagement qui ouvre une voie vers un lieu étrange, étranger. En ce lieu la poésie prend le chemin de l'art, mais elle le met aussi derrière elle. Une subtile distinction entre l'art et la poésie s'introduit. Camille peut parler d'art (il est un "je", un artiste, une personne préoccupée de questions touchant l'art), mais c'est Lucile qui dit "Vive le roi!", cette parole absurde, cette contre-parole, cet arrêt de la parole qui coupe le souffle, cette énonciation de celui (ou celle) qui trouve désagréable de ne pas marcher sur la tête (c'est-à-dire de ne pas avoir le ciel en abîme sous lui).

 

 

Dégager le Je, c'est libérer un Autre. Dans la plus totale éclipse de soi, en entrant dans le plus étranger (l'inconnu), demeure la possibilité de la rencontre de soi, où le plus proche devient l'absolument prochain. Mais le "Je", lui aussi, est marqué par l'Etranger. Suivre les chemins de l'art, les suivre encore et encore, c'est aussi suivre les autres chemins, libres d'art, sans art [l'automate, le pantin, le regard de la Méduse]. Le poème qui parle en son nom propre parle aussi au nom de l'Etranger, du tout Autre.

 

 

 


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