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Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
Le récit de l'Orloeuvre                     Le récit de l'Orloeuvre
Sources (*) : Le retour de Danel Qilen               Le retour de Danel Qilen
Ouzza Kelin - "Les récits idviens", Ed : Guilgal, 1988-2016, Page créée le 12 octobre 2008

 

Ourlet -

L'ourlet indéfini de l'œuvre

   
   
   
                 
                       

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Bendito Sapintza prétendait qu’il n'était qu’un des sténotypistes du Quoi?, un de ses inscripteurs, voire un de ses nègres. Vous êtes le bienvenu! répétait-il à chacun, salutation qui n’était pas de pure politesse car il était sincère, mais qui n’était pas non plus désintéressée car un visiteur pour lui n’était qu’un fournisseur, une sorte de réservoir de notions, de conceptions, de paroles, de préjugés, de conduites, de passions dont le seul intérêt, le seul usage possible, était toujours le même : concourir à l'Orlœuvre.

D'une certaine façon, l'Orloeuvre était un texte. Il l’était en effet, quelle que soit la façon dont il était désigné : sous son nom courant, sous celui pompeux de grand’œuvre, sous les trois lettres abrégées de gdo, de hlo ou de gdf (gran'faire, sans d), sous l’abréviation familière de cristal, sous la désignation plus explicite du Cercle Idvien qui renvoyait à son implantation géographique ou encore sous son nom énigmatique de Quoi?, voire sous les autres noms dont la rumeur publique l’affublait. Mais il débordait ce statut de toutes parts. Depuis longtemps, Bendito n'était plus le seul scribe, il y avait Valentin, Mariette, Yuchuan et les autres. A mesure que l'Orlœuvre perdait son nom, elle s'élargissait par accumulation d’écrits, formulations, proverbes, extrapolations, déclarations fixées par l’usage ou inventées de toutes pièces, prolégomènes, aphorismes, compte-rendus de discussions en tous genres, paperasseries, coupures de presse, disquettes, disques plus ou moins durs, clefs compatibles ou incompatibles, serveurs, nuages éloignés ou proches dont la masse emplissait la quasi-totalité du premier étage de la maison, ces sept pièces où, à l’époque du premier Jànos Oester, l’ancêtre de Danel Qilen, on entreposait les réserves de linge et de nourriture.

Pour accéder à la dignité de l'Orloeuvre, un document devait revêtir une certaine forme. Quelle forme? C’était l’un des sujets de discussion, l’un des objets du Quoi?. Pour simplifier, disons qu’il y avait deux voies. La voie directe était le rattachement au corpus d’axiomes et de propositions agrémentés de leurs démonstrations, de leurs corollaires, de leurs explications et de leurs scolies qui constituait le coeur du cristal. La voie indirecte était plus difficile à définir. Elle passait par la notion d’œuvre. En pratique, certains objets ou certaines assertions, par exemple des ouvrages dits d’art, possédaient le privilège d'être considérées comme éléments de l'Orlœuvre. Mais qu’est-ce qu'un ouvrage d’art? Aucune règle préétablie ne permettait de définir ce qui appartenait ou non au corpus. Des reproductions de tableaux par exemple, associées à des analyses et commentaires, étaient rangées au tout premier rang de l'axologie, sans considération pour les peintures elles-mêmes (ce qu'on appelle : l'original). En relativisant la plupart des distinctions et fondements reconnus par les experts, la Collection de Karen avait contribué à préparer le terrain qui allait être, plus tard, transformé par Aleth.

EXTRAIT du DICTIONNAIRE LITTRE

Ourlet. (our-lè ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des our-lè-z habilement faits) s. m.

(1) Repli cousu au bord d'une étoffe pour l'empêcher de s'effiler. Faire un ourlet. Faux ourlet, ourlet fait avec un morceau rajouté.

(2) Repli formé par les organes de la fructification dans quelques fougères.

(3) Cuir mince avec lequel le coffretier borde le gros cuir. Partie épaisse qui forme le tour d'un plat de verre. Le bord replié en rond d'un chéneau, d'une cuvette. Terme de vitrier. Petit rebord sur l'aile du plomb et qui sert à monter les panneaux.

Historique. XIIIe s. "Et avoit un ros [roux] peliçon, Dont li ourlet estoient d'os", [Ren. 1391]. XVIe s. "Faut que les bandes [pour pansements] n'ayent aucun ourlet, bord, liziere, ny couture", [Paré, XII, 1]

Etymologie. Diminutif de l'ancien français orl, orle, urle (voy. ORLE, en termes de blason) ; Berry, orle ; espagn. et portug. orla ; ital. orlo ; du lat. orula, diminutif de ora, bord, rebord, lequel ora avait donné, avec changement de genre, le vieux français our, ur, or, le provençal or, le sarde oru, le lombard oeur.

 

 

Qu'est-ce que l'Orlœuvre? Comme son nom l'indique, c'est une œuvre. Qu’est-ce qu’une oeuvre? Telle est l’une des interrogations orloviennes.

Selon Laaqib, le terme Orloeuvre aurait été, au départ, introduit comme un calembour. “Le génie est l’impossibilité du fer” avait dit Marcel Duchamp. Il se référait, sans doute, à l’impossibilité du faire constitutive de l’art. Or, que faisait-on au Cercle? On fabriquait des phrases, des pensées, des idées, des propositions, des affirmations, des énonciations, etc... Cette fabrication était un faire, un pur faire, un pur fer, ou encore, plus exactement, comme cela fut soutenu lors d’une controverse mémorable, une cristallisation du faire, une cristallisation très lente, quasiment géologique, produisant quelque chose qu’on avait fini par appeler un cristal de fer, une stabilisation minérale ou encore pierre précieuse dans laquelle le fer était devenu invisible. On avait donc retenu, dans un premier temps, le nom gran'faire, avant que quelqu'un ne fasse remarquer que cette orientation était trop restrictive. On était alors passé du gran'faire à l'Orlœuvre.

Pourquoi l'Orlœuvre? Il y avait dans le travail entrepris quelque chose de l'ordre de la confection. En travaillant sur les bords, on n'en finit jamais de coudre des ourlets. Auguste Dubrard, l'érudit du Cercle, a fait remarquer que le mot français ourlet vient d'un français ancien, orlet, qui signifie à peu près : bord entortillé. Le verbe orler veut dire : coudre un bord sans extrêmité, difficile à coudre. C'est après tout une bonne définition de la tâche. D'une part, le résultat de cette couture est l'Orlœuvre; et d'autre part, rien ne borne ce travail de couture. Il peut se poursuivre ici et ailleurs, en d'autres lieux, sans organisation particulière, sans structure, sans hiérarchie et même sans réseaux. Mais ce que l'expérience a montré, c'est qu'au bout d'un certain temps, le sans-réseau pouvait être vécu comme réseau.

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