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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                     
                     
Simon Hantaï, hantise de la peinture                     Simon Hantaï, hantise de la peinture
Et tu seras performative, mon oeuvre               Et tu seras performative, mon oeuvre
Winona Kiljeen - "Un art sans équivalent", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 26 octobre 2008

 

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Page créée par le scripteur le 26 octobre 2008.

Le concept d'oeuvre, diffractions

[Hanté par la peinture, Simon Hantaï a trouvé pour elle une forme de survie où le nom hante l'acte de la main]

Le concept d'oeuvre, diffractions
   
   
   
                 
                       

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Simon Hantaï a passé son enfance à la lisière d'un village reculé de Hongrie du nom de Bia. Il connaissait le Hongrois, mais ce n'était pas sa langue maternelle. Il appartenait à une minorité souabe (des catholiques allemands) jamais acceptée dans ce pays protestant, où (à part les tsiganes) la seule autre minorité était juive. S'il s'est toujours senti en retrait, s'il a eu de longues périodes de silence, est-ce à cause de cette position marginale dans ce microcosme originel? Peut-être.

Pendant la guerre, son père a changé son patronyme de Handl en Hantaï, à consonance hongroise. Lui-même a été arrêté par la Gestapo pour faits de résistance. Il quittera la Hongrie pour s'opposer à Lukàcs, alors responsable des questions culturelles. Il traversera l'Italie à pied avant d'arriver en France en 1948. Il se tournera vers André Breton, mais refusera la notion d'avant-garde. Il explorera le collage, le frottage, la griffure, la pliure, le grattage ou le graffiti.

Son paradoxe, c'est qu'il s'est rendu célèbre par ce par quoi il voulait s'effacer. Il voulait laisser sa main travailler automatiquement, et il a produit l'une des peintures les plus singulières qui soit, comme s'il obéissait à une injonction contradictoire, un double bind auquel il ne pouvait se soustraire. Premier temps : par un procédé répétitif, laisser venir l'entaille qui hante son nom. Second temps : par une technique maîtrisée, l'effacer sans la faire disparaître. Résultat : l'oeuvre subsiste dans les marges, et aussi dans la beauté de ce qui reste. Même s'il récuse toute valeur à cette beauté, elle est souveraine. Plus tard, beaucoup plus tard, il y retrouvera le tablier de sa mère. Peut-être toute sa technique n'est-elle que cela, la répétition du savoir maternel.

Sa peinture est une écriture. Plus il médite, plus il efface le sens de ce qui s'écrit. Il faut que les voix se perdent, s'effacent ou s'emmêlent, comme celles de Jacques Derrida et Jean-Luc Nancy, et aussi celle de tous ses commentateurs : Hélène Cixous, Georges Didi-Huberman, Anne Baldassari, etc..., et aussi celles des prophètes et des philosophes, la bible et les grands textes réunis.

Plusieurs dates comptent dans sa vie : son enfance, son départ de Hongrie (1949), Peinture, Ecriture rose (réalisé en 1958-9, peu après de violentes querelles autour de l'insurrection de 1956 à Budapest), la décision qu'il a prise de se mettre en retrait à partir de 1982. Ces événements sont présents dans sa peinture, par le texte, les chiffres ou la texture.

Même si leurs techniques diffèrent, on peut rapprocher Simon Hantaï de Marc Rothko. Tous deux ont trouvé une voie directe, immédiate, pour accéder à une sorte d'abstraction mystique qui n'est pas sans rapport avec la philosophie ou la religion. Leurs oeuvres peuvent fasciner, sans qu'on sache pourquoi. Elles peuvent aussi laisser indifférent.

 

 

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Propositions

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La hantise du peintre : laisser venir la coupure ou l'entaille qui hante son nom

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Les plis de Simon Hantaï, comme ceux du Tintoret, montrent l'envers de la peinture

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Plier les toiles peintes, c'est répéter indéfiniment le savoir maternel, le relever

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Jacques Derrida répond à une double intimation : 1. Il faut créer/écrire; 2. Il faut effacer

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Dans "Peinture, Ecriture Rose" s'unissent et s'effacent la bible et la philosophie, l'étoile juive et la croix chrétienne

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Impossible de parler du présent sans convoquer toute l'étendue de la toile tissée du temps

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"Peinture, Ecriture rose", témoigne de la transfiguration de Peinture en Ecriture, d'Ecriture en Peinture

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Les "Mariales" de Simon Hantaï, c'est le souvenir présent du tablier de sa mère

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Dans la soupe originelle se mélangent les graphies, les pliures, les écritures, les voix d'avant la parole, les mots qui disparaissent avec leur sens et leur sonorité

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Se retirer dans le silence, se tenir en réserve par rapport aux médias, telles sont les exigences qui s'imposent au peintre pour rester exubérant et généreux

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Simon Hantaï (Anne Baldassari, 1992) [SHantai]

- Winona : La peinture n'a pas disparu. Elle nous hante aujourd'hui, plus qu'elle ne nous a jamais hantés.

- Pascual : Si elle nous hante, c'est qu'elle est morte, n'est-ce pas? A-t-on déjà vu un fantôme nous hanter tous vivants?

 

 


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