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Le corps, idée de l'humain                     Le corps, idée de l'humain
Sources (*) :              
Hans Belting - "Pour une anthropologie des images", Ed : Gallimard, 2004, p179

 

Autoportrait au turban (Jan Van Eyck, 1433) -

En représentant le corps, le portrait humaniste prétend faire apparaître un moi distinct de ce corps, ce qui met en question l'indivisibilité de la personne

   
   
   
                 
                       

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Dans un portrait, le visage est une partie d'un corps naturel. La ressemblance comble la distance qui sépare le portrait du corps vivant. Elle affranchit le corps de la hiérarchie sociale et en fait le support d'une personne. L'oeuvre est comme un deuxième corps qui prend la place du corps véritable. Il cherche notre regard, comme le fairait un corps vivant devant un autre corps qui le fixe. Le portrait n'est pas seulement un document, c'est un médium du corps. Ce corps mortel ne devient immortel que par la participation active du [futur] spectateur. Ce dernier est incité à dépasser la surface plane du médium et projeter ainsi son regard au-delà du panneau. C'est une nouvelle conception du corps qui modifie la conception de l'image qui avait été en vigueur jusqu'alors. Dans le visage ainsi contemplé, un dualisme intérieur/extérieur est révélé. Une vie intérieure s'empare du corps individuel comme d'un nouveau champ qui aboutira à la figuration du sujet. Les prétentions immuables du corps social sont déclarées caduques. De nouveaux rôles sont définis, dont il n'y a pas de représentation directe.

L'humanisme a utilisé la description du corps comme antithèse aux conceptions qui avaient prévalu jusqu'alors. Toute vie individuelle qui prétend à l'autonomie a pour horison la mort. Le visage vivant du portrait s'oppose à son visage anonyme (le crâne); mais il est aussi un masque. Derrière ce masque, le moi est incertain et fluctuant. Il construit son caractère et son identité à partir de ses affects et de son tempérament, en jouant différents rôles que la généalogie ne suffit pas à déterminer. Après sa mort, quel est le moi qui sa cache derrière ce portrait vivant? Quelqu'un a vécu autrefois dans ce corps, que l'"expression" du tableau évoque, et dont on entend conserver le souvenir. Il survit par son oeuvre et aussi par ce portrait. Ce portrait peut être reproduit, multiplié comme une oeuvre écrite.

Le corps, qui est un double mortel et visible du moi (une image), devient médium. C'est le moi qui assume l'identité sociale du sujet. C'est au moi que le portrait doit "ressembler". Pour éviter que le corps et le moi ne se dissocient, la reproduction du corps en image ne suffit pas, il faut aussi un acte de parole, une mise en scène, une rhétorique transmise au spectateur.

Autoportrait (Jan Van Eyck, vers 1432).

 

 

Si le tableau est considéré comme un miroir, il ne peut pas faire référence à un sang noble ou généalogique ni avoir la fonction d'un monument ou d'un tombeau. Il ne peut que reproduire un corps naturel que le miroir capte fugitivement. Par ce choix, Van Eyck transforme le médium en un "ici et maintenant", qui n'intercepte que des images sans permanence. Le moment exact de la réalisation est inscrit dans le cadre, ce qui confère au portrait une durée paradoxale (instantané, et fait pour être contemplé plus tard). Ce corps dont le souvenir est conservé doit avoir été vu de mes propres yeux.

 

 

 


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