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Jacques Derrida - "Séminaire 2001-02 "La bête et le souverain" Volume 1", Ed : Galilée, 2008,

Séminaire "La bête et le souverain" Volume I (Jacques Derrida, 2001-2002) [Sem2001]

   
   
   
                 
                       

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Table

p9 : Introduction générale

p13 : Note des éditeurs

p19 : Première séance. Le 12 décembre 2001. Texte repris en 2004 dans La démocratie à venir (pp433-456) et à nouveau, précédé d'une longue introduction, dans la revue Cités n°30.

p59 : Deuxième séance. Le 19 décembre 2001. Séance publiée en 2004, avec quelques coupures, dans La démocratie à venir (pp456-476).

p97 : Troisième séance. Le 16 janvier 2002

p141 : Quatrième séance. Le 23 janvier 2002. Ce texte reprend une partie de la conférence prononcée pendant la décade de Cerisy de 1997, publiée dans le cahier de l'Herne 2004 et qui sera ensuite rééditée en tant que chapitre III du livre posthume L'animal que donc je suis.

p189 : Cinquième séance. Le 30 janvier 2002

p223 : Sixième séance. Le 6 février 2002

p253 : Septième séance. Le 13 février 2002

p277 : Huitième séance. Le 20 février 2002

p315 : Neuvième séance. Le 27 février 2002 (séance improvisée)

p337 : Dixième séance. Le 6 mars 2002

p371 : Onzième séance. Le 13 mars 2002

p407 : Douzième séance. Le 20 mars 2002

p445 : Treizième séance. Le 27 mars 2002 (séance improvisée)

p465 : Note sur les éditeurs de ce volume

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Jacques Derrida insiste sur le titre qu'il a donné à ce séminaire, qui est le lieu d'une double oscillation :

- La bête et le souverain : différence des sexes. Si le souverain est du côté masculin (le maître, le pouvoir, le phallus), la bête est de l'autre côté, qu'on pourrait appeler féminin (celui de la soumission, mais aussi du multiple et de la dissémination);

- La bête et/est le souverain : D'un côté la conjonction qui est aussi opposition comparaison, métaphore, alliance); de l'autre la copule (accouplement, hymen, greffe).

Le séminaire se déploie dans cette double oscillation jamais stabilisée, dont les éléments s'échangent et renvoient les uns aux autres.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[On peut, à partir du "Méridien" de Paul Celan, penser l'"au-delà du souverain"]

[Paul Celan tente, par la signature unique d'un poème unique, par son art, de s'affranchir de l'art]

Il y a dans le bio-pouvoir d'aujourd'hui des nouveautés inouïes, et pourtant ce concept de "bio-pouvoir" ne peut pas servir de critère pour définir une époque dite "moderne"

Comme la fable, l'information médiatique "fait savoir", elle produit un effet de savoir "à même" l'image ou l'oeuvre, elle accrédite un sens par une rhétorique

L'analogie, c'est toujours une raison, un logos, un raisonnement, voire un calcul - il faut l'entendre comme le lieu d'une question plutot que d'une réponse

La figure de l'animal est double : soit la bête naturelle que l'homme domine par la loi de la raison; soit le monstre, le Léviathan, cet artefact au-dessus des lois

Les distinctions code/langage ou réaction/réponse ne valent que pour légitimer la frontière animal/humain, qui dénie l'itérabilité ou l'automaticité incluse dans toute réponse

L'art, c'est peut-être, entre deux fables qui se croisent, le nom de ce qui décide de ce qu'aura été la marionnette : un Qui ou un Quoi

Il y a dans l'art une étrange et familière (unheimlich) sortie hors de l'humain, un secret (Geheimnis) au coeur du plus intime de la présence

Les thématiques de la bête ou de la bêtise appellent des logiques fictionnelles, des réponses fabuleuses, des quasi-concepts

Dans les trois figures de la bête, du criminel et du souverain - chacune hors-la-loi à sa façon, une onto-théologique inquiétante est à l'oeuvre; elle nous fascine, elle nous hante

Dans le couple bête/souverain, la bête "est" le souverain, et aussi l'autre du souverain (ressemblance, conjonction, alliance, hymen, hétérogénéité, passage, partage)

L'enjeu de la question de la bêtise, c'est le point d'intraduisibilité, de non-savoir, où la production performative de valeurs se fait axiome

La vérité de la bêtise tient à son étrangeté indécidable : à chaque auto-proclamation de son contraire, c'est un supplément de bêtise qui s'ajoute

La bêtise, qui est un défaut ou une altération de la faculté de juger avec justesse ou justice, ne se rapporte ni à la connaissance, ni à la vérité ou l'erreur

Nul n'est à l'abri de la bêtise ou du parjure - car nul ne peut rigoureusement ajuster sa parole à un vouloir-dire, un vouloir-faire ou une signification comme telle

La bêtise est le propre du propre, le propre s'autoposant, se posant lui-même, dont l'homme avec sa culture est le témoin autoproclamé le plus bavard

La bêtise est un quasi transcendantal, toujours idiomatique et singulier, une catégorie exceptionnelle dont le sens comme tel ne se laisse pas déterminer

On ne peut mettre en oeuvre le concept de soin, de souci, de solicitude, sans entourer le "soigné" de limites réappropriatrices

Au commencement est un seuil, dont la clé vient à manquer

Si la déconstruction, c'est "ce qui arrive", on ne peut déconstruire qu'à partir de ce qui arrive, aujourd'hui, dans le monde

Toute déconstruction commence par déconstruire l'indivisibilité d'un seuil et la solidité d'un fondement

Là où s'arrête LA définition (au devenir-chose du nom ou au devenir-Quoi du Qui), elle est toujours bêtise

Chaque fois qu'on se réfère aux droits de l'homme au-delà de la souveraineté de l'Etat-Nation, c'est au nom d'un "propre de l'homme" promis à une pensée qui ne se pense pas encore

Une éthique qui reconnaîtrait aux animaux des "droits" analogues à ceux des humains resterait dogmatique et narcissique, dans la dépendance d'une philosophie du sujet

Il y a deux façons de penser l'Etranger : en tant qu'"autre présent vivant", ou par "le présent de l'autre"; mettre le cap sur la seconde, c'est ouvrir l'abîme du sans fond

Il faut penser l'exception, même si une théorie philosophique, juridique ou politique - voire un concept - de l'exception est impossible

La fable est parole; en parlant d'elle-même, elle "fait" la vérité

Dans la fable, il est montré que le pouvoir est lui-même un effet de fable, de fiction, de parole fictive et performative, de simulacre

L'essence du mensonge, de la fable ou du simulacre, c'est qu'ils se présentent comme la vérité

Entre la feinte animale et l'aptitude à "feindre la feinte" supposée exclusivement humaine par Lacan, il est impossible d'assigner une limite stable et indivisible

Pour instituer la figure humaine et politique du souverain, il faut exclure Dieu et la bête, masquer l'onto-théologie, l'alliance entre ces trois figures au-dessus du droit

Avec Heidegger, la question sur l'homme se transforme, elle n'est plus "Quoi est l'homme?", mais "Qui est l'homme?" - un "Qui" avant tout "Je", individu ou communauté

La mise en oeuvre de l'image fait de l'archivation une interprétation active, productive, reproductive, en tant que récit faisant savoir

On ne peut penser les inconditionnalités (hospitalité, don, liberté d'engendrer des oeuvres) que hors souveraineté; mais la souveraineté se donne comme absolue, indivisible, inconditionnelle

Une éthique de justice n'engage pas seulement ma responsabilité à l'égard du semblable, mais aussi du dissemblable, du tout autre ou du monstrueusement autre

Le discours de Lacan joue un double rôle : aider à penser la multiplicité des logiques de l'inconscient, interdire une telle pensée

Double bind : au nom de la souveraineté, il faut la liberté; mais il faut aussi déconstruire la souveraineté, sans remettre en cause la liberté

Avec le logocentrisme, une opération "européenne" impose une hégémonie, une autorité en rassemblant les traditions bibliques et philosophiques

Le logocentrisme est propre à une aire historico-culturelle (l'"Europe"), tandis que le phonocentrisme (autorité accordée à la parole vocale) est universel

Dès les débuts de la philosophie grecque, le logos a violemment imposé sa souveraineté, sous le déguisement de la raison, de l'entendement ou de la logique

La pensée gréco-judéo-chrétienne unit en un même concept, une "logo-zoïe", le logos et la vie du vivant

Quoiqu'en dise Freud, la morale ne naît pas du remords, car pour qu'il y ait remords, il faut que la loi morale ait déjà été là

Là où les choses s'annoncent "à pas de loup", le loup est absent, silencieux; un autre loup plus fort encore, qui figure autre chose, hante la scène

La peur est la passion corrélative de la souveraineté et de l'Etat : elle est ce qui motive le respect des lois, et aussi leur transgression

Une bêtise essentielle caractérise le phallique comme tel et son érection permanente : le souverain

Originairement, le phallus est une marionnette, une érection automatique, prothétique en soi, coupée de l'homme

L'érection phallique n'est propre ni à l'homme ni à l'animal, mais dans sa permanence ithyphallique, elle est un attribut spécifique du souverain

Tout traité de philosophie devrait commencer par la bêtise - cette chose étrange, cette question première de l'entêtement à être, du conatus, de l'archi-souveraineté

Le poème témoigne d'une autre présence : une rencontre du "tu", qui laisse parler le maintenant-présent de l'autre

Par la poésie, il faut laisser parler ce que l'autre a de plus proprement sien : son temps - son propre temps, il faut le donner à l'autre

Il n'y a pas "la" psychanalyse, mais une multiplicité hétérogène de discours prenant en compte la possibilité d'une autre logique de l'inconscient

Sans accréditer la métapsychologie freudienne, on peut admettre que le vivant est divisible, constitué d'une multiplicité d'instances en tension, de forces et d'intensités différentes

Du côté du souverain comme de la bête, du Qui et du Quoi, il y a de la bêtise, l'un étant toujours à la fois moins bête et plus bête que l'autre

Dans le couple "La bête et le souverain", la distinction entre le Qui et le Quoi vient à s'abîmer, à sombrer dans l'indifférence

En appeler à la raison, c'est aussi en appeler à la raison du plus fort, celle qui "donne raison" en s'autorisant du performatif même

En son essence, le savoir est souverain; suspendre l'ordre du savoir, son autorité, penser ses limites, les passer, c'est disqualifier la majesté souveraine

Dans l'éthique du semblable où la victime prend la place du souverain, l'idée de souveraineté n'est pas contestée, mais seulement déplacée

Au-delà de toute souveraineté - politique et même poétique -, on peut tenter de penser une révolution qui, dans la rencontre du tout autre, tourne ou coupe le souffle

Le courage du souverain, qui inspire aux autres la crainte, est celui de faire et de dire le performatif absolu

On ne choisit pas entre souveraineté et non-souveraineté, mais entre plusieurs partages d'une souveraineté elle-même divisible

Il n'y a pas "la" souveraineté, mais des formes de souveraineté qui entament et déconstruisent déjà le concept pur de souveraineté, indivisible et inconditionnel

L'essence dynamique du souverain, son "energeia" et aussi son "enargeia", sont constitués par son récit, sa représentation, sa fiction dans son évidence visible, éclatante

Le souverain, c'est celui qui a le droit et la force d'être reconnu comme lui-même (ipse), le même, proprement le même que soi

La définition la plus profonde de l'absolue souveraineté - celle du souverain et aussi celle de Dieu et de la mort -, c'est qu'elle ne répond pas, elle a droit à l'irresponsabilité

Plutôt que sur la souveraineté comme telle, qui n'est qu'un rien, un excès hyperbolique, il faut faire porter les rapports de force sur les transferts, les partages, les traductions

Le souverain, cette "prothétatique" monstrueuse qui supplée la nature en y ajoutant un organe artificiel, objective le vivant dans une machine de mort

La logique de la souveraineté tend vers un débordement phallique insatiable, l'érection d'un supplément absolu qui excède toute limite, jusqu'à la perte du sens

La souveraineté étatique moderne, qui se présente comme une convention humaine ou un artefact, est fondée sur une ontothéologie profonde

Pour fonder l'ordre symbolique, la loi, la justice, il faut un lieu anhumain, exclu, forclos, dénié : une "divinanimalité" méconnaissable, quasi transcendantale

Il est toujours possible que des traces s'effacent, mais nul ne peut garantir leur destruction définitive

Tout ce qu'on interprète comme différences entre l'animal et l'humain, tous les mots qu'on emploie, reviennent à des problèmes de traduction

Entre la bouche et l'oreille, la puissance de dévoration / vocifération du souverain oblige à entendre, écouter, obéir

Une "zooanthropolitique" pour tous les vivants, plutôt qu'une "biopolitique" qui prolonge la domination du logos sur la vie, voilà notre horizon problématique

La décapitation du roi est un transfert fictionnel, narratif, théâtral, représentatif et performatif de sa souveraineté à celle de la Nation et du peuple

Selon Heidegger, la définition grecque la plus authentique de l'homme, c'est : "L'homme est le plus souverainement "unheimlich" parmi les étants"

Les hybrides homme-animal (le Centaure ou le loup-garou) sont des figures médiatrices, qui font signe vers l'analogie ou l'allégorie

Si l'on pouvait lever les apories qui rendent impossible l'au-delà du souverain, ce serait le paradis

Chez Valéry, dans une surenchère de souveraineté, tout se crispe pour maîtriser l'étrangeté, pour la transformer en Quoi

Le modèle autopsique des jardins zoologiques (savoir - pouvoir - avoir - voir) est aussi celui des institutions psychiatriques

Séminaire "La bête et le souverain" Volume I (Jacques Derrida, 2001-2002) [Sem2001]

 

 

 


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Sources
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2001_SemSem

AgambenDerrida

YG.LLK

YYA.2001.Derrida.JacquesGenre = -